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Penser les pratiques face au numérique : regards croisés Nords- Suds

Enjeux éthiques de l’usage des réseaux sociaux numériques par des jeunes Sénégalais et Français

Rose Mama Diouf
  • Résumés
  • Texte
  • Bibliographie
  • Index
  • Table des matières
  • Citation

Résumés

  • Résumé
  • Abstract
Les réseaux sociaux numériques (RSN) bouleversent nos sociétés ainsi que la vie des jeunes. Leurs usages, bien que positifs à plusieurs égards, posent un certain nombre de questions d’ordre éthique. Ainsi, au carrefour de la philosophie et des sciences de l’information et de la communication, cette étude comparative a entrepris de questionner les enjeux éthiques de l’usage des RSN par les jeunes. Une méthodologie plurielle nous permet de comprendre que les RSN sont le lieu d’un excès de divertissement et de l’extériorisation de l’intériorité, d’une mise en danger de la santé, de la promotion de l’esprit de révolte, de l’esprit critique, du rejet des politiques et d’une réinvention de la vérité.
Digital social networks are changing our societies and the lives of young people. Their uses, although positive in many respects, raise a number of ethical questions. Thus, at the crossroads of philosophy and information and communication sciences, this study undertook to question the ethical stakes of the use of the RSN by young people. Our study, carried out thanks to a plural methodology, allowed us to understand that the RSNs are the place of an excess of entertainment and of the externalization of interiority, of an endangerment of health, of the promotion of the spirit of revolt, of the critical spirit, of the rejection of politics, of a reinvention of truth.

Entrées d’index

    Mots-clés :
  • usages
  • réseaux sociaux numériques
  • éthique
  • Jeune
    Keywords :
  • uses
  • digital social networks.
  • ethics
  • Youth

Texte intégral
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Table des matières

Question de recherche et contexte théorique

Les réseaux sociaux numériques (RSN) appartiennent à la grande famille des médias sociaux (Pascal, 2014 ; Hajer Kefi et al., 2016) qui s’enracinent dans la technologie et la philosophie du web2.0 (Boyd et Ellison, 2007).

Ils sont omniprésents dans le quotidien des sociétés modernes appelées numériques (Compiège, 2001 ; Mattelart, 2011 ; Dagnaud, 2013), y compris dans les pays sous ou en voie de développement, en dépit des fractures ou inégalités numériques (Kiyindou, 2009 ; Rieffel, 2014). Ces plateformes s’imposent, en particulier dans la vie des jeunes (Gallez, Lobet-Maris, 2011) faisant ainsi émerger de nouveaux usages, ce qui ne manquent pas de bouleverser des comportements, certaines normes et valeurs, redéfinissant non sans enjeux, le rapport à soi et le rapport à autrui.

Il est indéniable que de nombreuses recherches s’intéressent aux aspects positifs et/ou bénéfiques de ces RSN (Berger, al., 2014 ; Kefi, Mlaiki, al., 2016).

Toutefois, si les recherches en SIC mettent l’accent sur le développement permanent des RSN (Paquienséguy, 2007), eu égard à leur efficacité, il n’en demeure pas moins que leurs usages intensifs ne sont pas exempts de conséquences problématiques surtout chez les jeunes Sénégalais et Français âgés de 18 à 21 ans, encore étudiant et donc au carrefour de l’autonomie et de la dépendance, entre autres économique, familiale, culturelle…

Ainsi avons-nous choisi de réfléchir sur les enjeux éthiques de ces usages des RSN par des jeunes du Nord et du Sud dans une perspective de comparaison. C’est une recherche avec une perspective interdisciplinaire dans la mesure où nous mobilisons les concepts d’usages, de RSN, appartenant aux SIC et celui d’éthique que nous empruntons à la philosophie.

Nous étudions notamment le lien qui existe entre la présence numérique du socionaute et son appartenance culturelle. Aussi, cette étude s’est-elle intéressée aux différences et similitudes des questions soulevées selon les deux cultures et en fonction de paramètres socio-économiques sans oublier de mettre en exergue la nécessité d’une pensée éthique dans le domaine des usages du numérique par les jeunes.

Cet article qui présente nos résultats de recherche, livre d’abord la question de recherche et le cadre conceptuel. Ensuite, selon l’approche de la théorie enracinée (Glaser & Strauss, 1967), nous dévoilons nos résultats en même temps que nous les discutons. Enfin, nous montrons les limites, ce qui nous permettra de dégager les perspectives de recherches que nous suggère la présente étude.

Méthodologie de la recherche

Une approche plurielle

Nous avons opté, selon la perspective épistémologique herméneutique (Barats, 2017), pour une méthodologie plurielle qui après une synthèse critique de littérature met en œuvre une étude empirique qualitative et aboutit à une réflexion critique et une mise en perspective philosophique sur les résultats de l’enquête. Cette dernière a consisté à mener des entretiens semi-directifs avec trente Sénégalais et trente Français âgés de dix-huit à vingt et un an puis, entre autres, à comparer les résultats des deux populations de cultures différentes.

A partir du vingtième entretien qualitatif du côté des Sénégalais et du vingt quatrièmes entretiens du côté des Français, nous avons atteint le seuil de saturation (Glaser et Strauss, 1967).

L’échantillon : des jeunes Sénégalais et Français entre 18 et 21 ans

Âgés entre dix-huit (18) et vingt et un ans (21), nos soixante socionautes sont entre la première, niveau lycée, et la deuxième année universitaire. C’est une tranche d’âge intéressante parce que caractérisée par la fin de l’adolescence, marquée par l’affranchissement de la tutelle des parents, et l’étape correspondant à la fin du premier cycle universitaire (licence) et au-delà duquel le monde du travail s’ouvre.

Trois raisons justifient notre choix d’une étude comparative entre trente Sénégalais et trente Français. Il s’agit d’abord, de liens forts qu’entretiennent les jeunes Sénégalais et Français avec la culture numérique ; ensuite les rêves et aspirations des Sénégalais qui les orientent en permanence vers la culture occidentale, en atteste l’imitation quotidienne des modes de vies ; et enfin la préoccupation qui nous habite de voir s’il est possible de penser une éthique des RSN propre aux jeunes Sénégalais.

Nos jeunes appartiennent à deux sociétés, à plusieurs égards, culturellement différentes. En effet, selon les six critères comparatifs d’Hofstede (2010), la société Française est plutôt individualiste à la différence de celle Sénégalaise qui est plutôt collectiviste. La première accorde beaucoup d’importance à la programmation, à la législation et à la planification au moment où la seconde trouve une place entre l’inquiétude pour le futur et la vie assumé du présent. Ce qui en fait une société moins encline au stress. De plus, la société Française est pragmatique à la différence de la société Sénégalaise plus normative et moralisante, dans le sens de l’attachement à la tradition, ce qui peut constituer un frein à l’ouverture à la nouveauté à laquelle ouvrent les nouvelles technologies de la communication. Sous ce rapport, le dernier critère est une conséquence logique puisqu’il qualifie le Sénégal comme société contraignante et la France comme indulgente c’est-à-dire ni laxiste ni rigoriste. Le Français laisserait s’exprimer les pulsions et désirs là où le Sénégalais agit en références la religion et la tradition.

 La démarche de recherche

La majorité des jeunes, qui sont des élèves et étudiants ont été recrutés grâce à l’aide de connaissances, à savoir un professeur d’université du côté Français et un étudiant du côté Sénégalais. D’un côté comme de l’autre il a fallu qu’un lien soit créé avec une ou deux jeunes qui, à leur tour en ont parlé, comme dans une chaîne, à d’autres connaissances. De plus, nous avons été à la rencontre de jeune de notre entourage. Les entretiens, fait entre novembre et mars 2019, ont duré en moyenne 35 pour les Sénégalais et 45 minutes pour les Français. Il importe de noter que ces derniers ont été légèrement plus expressifs. Les 30 Français ont été rencontrés en présentiel. Quant aux entretiens avec les Sénégalais, 20/30 ont été fait par Skype, et les dix autres en présentiel lors d’un court voyage au Sénégal.

Sur la base des questions et avec un guide d’entretien, nous discutions de ce que l’interlocuteur a publié, commenté ou pense de ses usages mais aussi des RSN en général. Il faut préciser qu’ils ont tous accepté que nous visualisions ensemble leur RSN davantage utilisée, à l’exception de deux qui ont eu du mal au début de l’entretien avant de lâcher prise.

Méthode d’analyse des données

En effet, nous avons d’abord organisé les réponses en deux grandes matrices en fonction du pays et des réponses par questions. Ensuite, grâce au logiciel de cartes mentales XMind 8, nous avons schématisé les résultats en fonction des occurrences et selon des thèmes dominants que sont l’identité numérique, les aspects négatifs, la citoyenneté numérique et l’éthique du numérique. Enfin, cela nous a permis d’opérer une analyse de contenu thématique (Bardin, 2013) en retenant les éléments significativement comparables (dissemblances et ressemblances interpays et intrapays). Dans la présentation de nos résultats, nous précisons au fur et à mesure les similitudes entre les groupes de jeunes Français et Sénégalais mais aussi les aspects divergents.

Présentation des résultats et discussions

Nous allons présenter les différents résultats de notre étude qui s’articulent autour de trois principaux axes. Le premier axe est celui du rapport du jeune à lui-même dans les usages des RSN à travers la question du divertissement, de l’intériorité et de la santé. Le second axe a trait aux valeurs de vérité, de dignité et d’engagement citoyen et le troisième axe est le lien à la sociabilité sur les RSN à travers les concepts de public et communautés numériques.

L’excès[1]Parler d’excès peut sembler, d’un point de vue scientifique, … Suite... de divertissement sur les RSN comme une fuite de la réalité

Le divertissement est une des premières activités qui justifie l’hyper-connectivité des jeunes sur les RSN. S’il est indéniable qu’il est une nécessité vitale qui concourt au bien-être, il n’en est pas moins vrai que l’excès de divertissement cache une réalité autre ; il est au service d’une fuite de la réalité et d’une évasion virtuelle.

E. A., jeune Français de 20 ans disait :« … Instagram est un lieu de divertissement avec les photos et vidéo qui expriment la vie des gens. Snapchat est celui de la communication entre amis, il est plus discret et intime ».

Mais qu’est-ce que le divertissement sinon l’action de se détourner de ? c’est bien l’idée d’amusement et de distraction. Se divertir c’est, travailler à son propre bien-être qui est une expérience subjective englobant, satisfaction à l’égard de la vie, estime de soi, équilibre mental et lien social (Ryan et Deci, 2001). Nos auteurs parlent d’une implication positive des RSN sur le bien-être des jeunes utilisant des RSN avec des indicateurs d’une augmentation de la confiance en soi (20%), de l’estime de soi (15%), de la diminution de la timidité (29%) et de la dépression (10%). Autrement dit, utiliser les RSN seraient bénéfiques aussi bien pour l’image de soi que pour le capital social (Courbet et Fourquet-Courbet, 2020).

Pourtant, notre enquête nous a permis de noter que 25/30 Français interrogés passent entre 1h30 et 5 heures à se divertir ; et c’est entre 2 à 8 heures pour 28/30 Sénégalais. Pour mieux saisir ce qui est en jeu, nous avons fait un détour avec le philosophe Pascal (1670), pour qui, nul homme n’échappe au besoin de divertissement, qui constitue un recours désespéré pour venir à bout de la difficulté d’être soi. En d’autres termes, l’homme est un être chez qui la paix de l’âme est troublée par le malheur constitutif à l’existence humaine et auquel il combat par l’arme du divertissement ou art de masquer son néant.

Dès lors, de quel néant les jeunes se masquent-ils en donnant autant de place au divertissement dans leur quotidien sur les RSN ?

Un aspect propre aux Sénégalais interrogés, est que l’important temps consacré au divertissement est comme une manière passive de faire face à la situation économique, sociale et politique dans laquelle ils baignent. Tout se passe comme si les jeunes cherchent à contourner l’incapacité à lutter contre ce qui empêche la réalisation de soi, c’est-à-dire, ces difficultés socio-économiques, politiques mais aussi la crise du système scolaire (Ngom, 2017) ; ce qui n’est rien moins qu’une une sorte de résignation.

Kardefelt-Winther (2014) parlait « d’usage compensatoire d’Internet ». Ce qui est commun aux jeunes Français et Sénégalais interrogés c’est le fait que les grandes fréquences de connexions assumées, l’hyper-présence sur les RSN constituent une voie d’évasion de ce monde réel, à bien des égards non maîtrisables, pour réaliser en ligne ce qui semble utopique hors ligne.

Ce phénomène de compensation peut se manifester aussi à travers les identités multiples et différentes du soi dont parlent Billieux et al. (2015), les filtres d’images, la publication d’un moment heureux et enviable, la réussite, l’identification à des stars et influenceurs, etc.

Les RSN conquièrent l’intériorité au-delà de bousculer le rapport privé-public

Les RSN ont fini de brouiller les limites du privé et du public, ce qui pose des questions essentielles comme celle de la sécurité, de la protection de la vie privée, etc. Et pourtant, ce bouleversement des frontières est loin d’être la question cruciale si l’on considère que dans leurs usages des RSN, les jeunes exposent leur intériorité comme dans un miroir, ce qui ne laisse plus de place à l’intimité, au secret, à la liberté ni au contrôle sur sa propre vie tant présente que future. Les RSN ont désormais prise sur l’intériorité des jeunes.

Avec le nouveau règlement général de l’Union Européenne[2] … Suite..., la protection des données (RGPD) et de la vie privée, qui découle d’ailleurs du principe éthique du respect de la dignité humaine, est devenu omniprésente sur les sites internet et les RSN. Mais si l’actualité est à la protection de la vie privée, en l’occurrence des données personnelles, force est de constater que l’exposition de soi sur les RSN, chez les Sénégalais et Français interrogés, attestent d’un brouillage des limites entre le privé et le public. A propos de la vie privée, il y a une ambivalence des espaces de communication numérique, en particulier, dans les pratiques et attitudes paradoxales des usagers (Barnes, 2006 ; Rallet, Rochelandet, 2011). D’une part, il y a une exposition à outrance du privé en public (Cardon, 2012) et apparemment inconsciente et d’autre part un étonnement quant à l’accès des tous à l’informations.

D’aucuns se plaignent et se justifient évoquant la spontanéité des gestes et accords souvent sans lecture attentive des contrats et des conditions générales d’utilisation, qui pour le moins que l’on puisse dire, sont illisibles.

S. B., jeune Française s’indignait : « Déjà je trouve que c’est dommage la manière dont les RSN nous présentent leurs règles à l’inscription. C’est tellement long que l’on approuve sans lire. Je trouve aussi injuste qu’ils gardent tout dans une mémoire et le ressortent un jour pour nous détruire ».

Pour M. D., jeune Sénégalais : « Tout ce qui est privé n’a pas de place sur les RSN. Mais on ne fait pas la différence et malgré les règles qu’on signe, Facebook ou Instagram ne sanctionne pas ».

Or, cette situation pose la question des traces numériques et de la traçabilité (Merzeau, 2019) sur les RSN. Comment estimer et gérer le degré de publicité des données et traces numériques ? Aujourd’hui, on sait qu’à partir d’un simple clic nous fournissons un nombre infini d’informations subies (par le fait de l’activités de nos contacts qui nous taguent), volontaires (profils, likes…) ou involontaires (nos goûts lors de nos achats, les captures des cookies, nos horaires, nos pages…). Toutes ces traces ou empreintes sont des données au sens de Merzeau (2009), qui engagent l’internaute socialement mais aussi juridiquement.

Les Sénégalais interrogés s’en soucient beaucoup plus. La question de leur réputation future en lien avec leur vie professionnelle est au fondement de la réflexion sur les traces numériques. La question est de savoir comment éviter que les pratiques virtuelles actuelles soient préjudiciables à la vie professionnelle et à la réputation dans le futur.

Ceci nous a amenée à nous interroger sur une nouvelle forme d’aliénation qui ne repose plus, comme chez Étienne de La Boétie dans son Traité de la servitude volontaire (1576), sur la fascination pour le tyran, mais sur l’attrait pour une nouvelle puissance qui capte les gestes, les regards, les pensées de chacun pour les renvoyer à tous sous forme de prescriptions. Les RSN exercent un contrôle en apparence non oppressive et dont les caractéristiques peuvent se comprendre à la lumière du Panoptique de Bentham (1982), de l’écran totalitaire du Big Brother de Orwell (1984), et de la traçabilité au sens de Deleuze (1990).

Grâces aux empreintes que laisse son activité numérique, le socionaute est connu dans ses désirs, ses aspirations et il est maitrisé par les interfaces des RSN, qui le conditionne et l’oriente.

À ce propos, nous rejoignons l’hypothèse métaphysique de Baricco (Philosophie Magazine, n°133, 2019). Si, au lieu de regarder, d’écouter, de toucher le monde, les natifs du numérique passent beaucoup de temps sur les RSN, c’est parce qu’ils sont parfois dans l’incapacité ou la difficulté de vivre, c’est-à-dire d’assumer leur réalité et qu’ils cherchent à fuir dans un nouvel arrière-monde, qu’ils aspirent à « enrichir ». A ce sujet, nous reconnaissons qu’on pourrait nous objecter qu’une observation des usages sur les RSN au prisme du divertissement permet de se rendre compte qu’il s’agit d’activités tout autant que le sport ou la culture. Ils n’auraient alors rien de dégradant ni d’avilissant.

Le recours à l’analogie avec la monade Leibnizienne éclaire le fait que les jeunes font l’objet d’une influence sans contrainte. Les amis sur les RSN sont comme un ensemble de monades. Autant ces dernières sont absolument indépendantes (Leibniz, 1686) les unes des autres, autant elles sont en permanente connexion réciproque. Sur les RSN, chaque jeune développe et reflète sa vision du monde, ce qui produit un magma, c’est-à-dire un réseau d’informations par le truchement des algorithmes programmés pour récupérer et organiser l’ensemble. Non moins Leibnizien, Zuckerberg fondateur de Facebook soutenait en 2017 : « J’ai toujours prétendu que si nous donnions simplement une voix aux gens et si nous les aidions à se connecter, cela rendrait le monde meilleur par lui-même » (Le Bot, 2019).

Un certain usage des RSN nuit à la santé physique et mentale des jeunes qui paradoxalement ont une mauvaise perception des risques

Les RSN, devenus le compagnon fidèle et omniprésent des jeunes, mettent pourtant en danger leur santé physique et mentale. Des chercheurs (Yo, al., 2004), Ko, al. (2008, 2009), Yen, al. (2009) ont montré l’association TDA/H (Trouble Déficit de l’Attention/Hyperactivité) et usage problématique d’Internet. FOMO (fear of missing out) ou cette peur constante de manquer une information sur les RSN, infobésité, rapport biaisé au temps, baisse de l’attention, de la concentration et de l’efficacité, superficialité de la réflexion, trouble du sommeil et de l’équilibre, dépression, anxiété et addiction sont autant de problèmes sous-jacents aux usages des RSN par les jeunes. Ce qui est étonnant et d’autant plus inquiétant est la presqu’inconscience que nos interviewés ont face à la situation qui alertent pourtant beaucoup de chercheurs.

En effet, 28 /30 de Sénégalais interrogés se connectent entre 2 et 8 heures par jour et 13 parmi eux ne se rendent pas compte du temps qui passe. Pour les Français interrogés, on est entre 1h30 et 5 heures par jour et 25/30 parlent du caractère chronophage de la situation.

S.B. jeune Française déclarait : « Je suis tout le temps sur les RSN, je passe ma vie là-dessus, tous les 5 minutes, je prends mon téléphone et j’y suis… ».

Quant à A.N., jeune Sénégalaise, elle soutenait : « (…) Je ne me suis jamais posé la question du temps passé sur les RSN, mais je sais que à chaque fois que j’ai du temps (environ 2h) ».

D’un côté comme de l’autre, la question du temps passé sur les RSN a posé celle du conditionnement. Les jeunes sont déterminés par les notifications qui exigent l’instantanéité, d’où le problème du FOMO, c’est-à-dire, de la peur de rater quelque chose (Baker, al., 2016 ; Oulasvirta et al. 2012 cités par Fouquet-Courbet, Courbet, 2020). Il n’y a plus de distance par rapport aux notifications, nouvelles et publications. Tout est de l’ordre du ici et maintenant. Dès lors, surgit la question du raisonnement et de la réflexion qui nécessitent distance, médiation et temps. Il y a aussi, l’épineuse question de l’infobésité c’est-à-dire l’overdose informationnel et des images qui inhibent et affaiblissent l’attention et l’efficacité du cerveau (Primack et al., 2017 ; Sauvajol-Bialland, 2013, cité par Fourquet-Courbet, Courbet, 2020).

L’esprit perpétuellement connecté (Yoo, al., 2004 ; Dubost, 2016) des jeunes s’oppose à ce que Biagini (2012) appelle un esprit linéaire, capable de s’extraire d’un environnement de distractions et de se concentrer sur un texte long, à l’argumentaire complexe… Le textes de Nicholas Carr, Google nous rend-il stupide ? Internet rend-il bête ? évoquaient déjà cette capacité d’internet à faire naitre le syndrome du trouble de déficit de l’attention et de la mémoire (Müller, al., 2015).

De plus, la réalité de l’hyper-présence pose la question de la dépendance et de manière plus profonde, celle des comportements excessifs et problématiques sur les RSN et/ou (Courbet et al., 2020) de l’addiction aux RSN (Hofmann, al., 2017 ; Khazaal, al., 2008). De fait, force est de reconnaitre que l’excès de temps passé sur les RSN est un temps qui est pris soit au créneau horaire nécessaire pour le travail soit à celui du sommeil. Ainsi, le risque est présent quant aux troubles du sommeil, qui est une nécessité vitale chez le jeune autant que le besoin de reconnaissance sociale et d’identification. En plus, les conséquences peuvent être de l’ordre des troubles psychopathologiques (anxiété ou dépression, addiction, isolement, violence virtuelle) pour rejoindre Müller et al. (2014).

Les RSN ont changé la temporalité. En clic, le jeune accède à tout immédiatement, ce qui a comme revers de la médaille l’ennui (Biagini, 2012). 26/30 Sénégalais contre 11/30 Français interrogés parlent de la tyrannie des notifications dans le sens où il y a comme un automatisme qui empêche toute médiation du temps. 27/30 Français et 12/30 Sénégalais interrogés se connectent en cours pour palier l’ennui, parce que désintéressé du cours, ou par difficulté de se déconnecter.

À ce sujet l’attention et l’apprentissage deviennent des sujets de taille puisqu’on sait que l’attention est un processus cognitif indispensable à l’apprentissage. Dans le processus d’assimilation des connaissances, l’écoute attentive et le travail soutenu sont incontournables et ne peuvent être troqués au profit de la satisfaction immédiate et éphémère. D’autre part, la profusion d’informations trompe car toute connaissance exige une appropriation, une acquisition qui passe par la médiation de la raison qui synthétise et analyse (Biagini, 2012).

Le rejet des politiques comme un autre mode d’être citoyen : les jeunes font des RSN le champ de bataille en faveur de la res publica

Critiquer la politique et les politiques actuelles, participer à des communautés numériques à visée politique, prôner la transparence à travers une démocratie ouverte, la vie en ligne des jeunes fait émerger une nouvelle citoyenneté active et originale qui a la prétention de prendre le contre-pied de la citoyenneté classique ou hors ligne. En d’autres termes, nos interviewés expriment une capacité à s’engager positivement, de manière critique vis-à-vis des politiques de leurs pays et plus ou moins compétente dans l’environnement numérique. C’est l’heure incontournable du « gouvernement ouvert » (« OpenGov ») et de la démocratie participative (« CivicTech ») avec le soutien aux associations (Seurrat et al., 2014) comme passage d’une politique de la théorie à l’action les pratiques délibératives (Lits, 2015) en tant qu’elles sont des formes innovatrices de l’agir citoyen.

Le rapport à la politique est bien problématique au regard des opinions des jeunes Sénégalais (27/30) et Français (28/30) rencontrés ; il s’agit d’un désaveu presque généralisé des politiques. La situation se présente différemment d’un groupe à l’autre. Pour les Sénégalais rencontrés, les politiques ont fini de montrer leurs limites dans la gestion de la cité et il convient de changer de mentalité et de génération qui soit davantage au service des populations et du bien commun. Ne pas honorer la parole donnée et ses promesses de campagne, mettre en avant l’intérêt personnel au détriment de l’intérêt public, ne pas respecter les besoins et la pauvreté des populations en ayant un train de vie très élevé… sont autant de maux pointés et qui découragent les jeunes interrogés. Les RSN sont le lieu d’expression et d’apparition de nouvelles formes de légitimité (Merah, 2016).

*R.F., jeune Sénégalaise de 21 ans : « Ah, tout ce qui est politique, je ne m’intéresse pas. Je trouve qu’ils sont égoïstes et ne pensent pas à la population. Ils ne suivent que leurs intérêts…Je vais juste voter et d’ailleurs pas souvent ».

Cependant, en dépit de la situation de désamour des politiques, les jeunes se sentent concernés par la vie citoyenne et la res publica. En atteste l’appartenance de certains à des communautés numériques à visée politique. À ce propos, Noblet et Pignard-Cheynel (2010) parlent de participation-réaction, différente de la participation-suggestion et de la participation-contribution. La première s’incarnant dans le commentaire ou du forum et permettant aux internautes de s’exprimer, de donner leur avis sur des questions. Se crée alors une forme de participation immédiate et directe des citoyens aux activités relevant traditionnellement de la compétence des gouvernants (Oberdorff, 2010). C’est là de nouveaux liens et rapports entre gouvernants et gouvernés.

En effet, avec les RSN, la démocratie devient transparente aux yeux des socionautes. Elle facilite non seulement l’accès aux informations, la participation aux débats mais aussi la possibilité de clarification des informations politiques. Désormais, l’ésotérisme de la démocratie représentative n’a plus de sens puisque les jeunes ont accès à de nouveaux modes d’expression et de participation. Filliettaz, Gregori (2011) disaient que la démocratie représentative laissait place à la démocratie participative, telle une nouvelle agora avec une forme renouvelée d’intelligence. Les RSN participent à la mise en œuvre d’une démocratie numérique (Mabi, 2019) et de l’émergence de citoyenneté numérique. En plus d’être le lieu de l’information et de l’interaction autour de questions politiques, le numérique ou le Web2.0 peut être au service de la contestation et des pratiques délibératives. Exprimer une émotion, une opinion ou justifier son point de vue sur un projet (Mabi, 2016 ; Sebbah, 2017) par le moyen d’une vidéo, ou d’un forum virtuel…deviennent des possibilités clés pour les activismes qui se démarquent ainsi de tout conditionnement des média traditionnels. La Charte de la participation élaborée en 2009 par la ville de Paris ainsi que le service de pétition électronique qui visait à porter un sujet relevant de compétence municipales et départementale sont de bon exemple de pratique numériques à portée politiques.

Les RSN ont tué la vision classique de la vérité et des critères

Sur les RSN, la vérité est souvent synonyme d’apparence, de construction avec filtre et de relativisme par opposition à l’authentique, l’universel, au réel, la cohérence. Les critères du nombre de vues, de j’aime, de partages ou de commentaires peuvent facilement inciter à considérer une information comme vraie au dépend de la vérifiabilité.

Les réponses de nos interviewés et nos observations ont soulevé fortement la question de la vérité quant à l’identité, à la parole, aux comportements, aux liens interpersonnels tel celui de l’amitié. La vérité s’entend comme adéquation entre la connaissance et la réalité ou la conformité du discours objectif et à son objet (Russ, 1991). Elle s’oppose donc à la fausseté – au sens d’erreur, mais aussi de mensonge. C’est dire qu’il n’y a de vérité que dans la mesure où l’observation et ou l’expérience nous donnent d’attester d’une conformité entre le réel et la théorie qui en rend compte. Mais dire cela n’est-ce pas trop peu dire, si l’on sait que les théories philosophiques, à travers l’histoire de la pensée ne sont pas arrivées à un consensus autour de ce qu’est la vérité ?

Dans notre étude, nous avons constaté que chez les Sénégalais, plus que chez les Français interrogés, l’apparence, entendu au sens de la tradition philosophique et classique (Platon, 1970), prend une place considérable sur les RSN. Les socionautes semblent assez loin de la réalité en ce qu’ils accordent plus d’importance à ce qui apparait, en tant qu’il est passé par les filtres d’image, à la complaisance dans les commentaires et aux opinions. Cette situation est certes encouragée par les plateformes de web 2.0 qui installent un fonctionnement à l’horizontal de l’organisation des connaissances. Autrement dit, il n’y a plus une élite qui monopolise la connaissance ou la création du savoir ; tous sont créateurs de contenu.

Dans le même ordre d’idée, nous avons noté que la question de l’anonymat pose la question de la vérité et de l’être. Les Sénégalais interrogés nous avouaient leur préférence pour des pseudonymes qui les identifient et qui permettent aux amis et connaissances de les identifier plus aisément. Il y a comme un désir d’être retrouvé et reconnu. Ce qui n’est pas le cas chez les Français avec qui nous nous sommes entretenus et qui sont dans une logique de prudence qui utilisent le voile du pseudonyme complexe. Il faut voiler la vérité sur son identité, ne serait-ce qu’à l’égard de certains socionautes.

*A.G., jeune Sénégalais soulignait le fait qu’il « cherche à être le même s’il y a beaucoup de gens qui se présentent comme d’autres personnes sur Instagram ».

Les RSN sont comme le canal d’expression d’un subjectivisme qui cherche à s’émanciper des codes, des règles et des représentations communes, qui eux tendent davantage vers l’absolu. On sait pourtant qu’avec Nietzsche (1888) l’apparence n’est pas contradictoire à la vérité et elle n’est pas non plus un non-être. Elle est plutôt « … la vie et l’action même » (Platon, 1970). Tout se passe comme si avec les RSN, l’apparence devient, non plus comme un masque inanimé qui occulte le vrai, mais, comme un déploiement de la réalité.

L’authenticité et la véracité des liens sont impactées du fait de la perte de repères dans l’espace, du débordement temporel, de la préférence pour les personnes physiquement éloignées au détriment des proches, de la théâtralisation et du dédoublement de l’identité, de l’assouplissement des exigences de civilité, de la facticité des échanges, de la mystification et du narcissisme, etc. (Turckle, 2011). Les jeunes Français n’échappent pas à la règle et d’ailleurs, ils sont davantage dans une lancée de double compte sur chaque RSN. Le compte privé permettant d’être soi-même et naturel et le compte public étant capable de s’ouvrir à toute éventualité et stratégie pourvu qu’il atteigne son objectif à savoir le succès dans les affaires, la notoriété ou la réputation escomptée, le grand nombre de followers…

Q.H., jeune Français de 20 ans, à propos de la pensée dichotomiste du réel et du virtuelle qui conduit à des comportements différents selon qu’on est en ou hors ligne disait ceci : « Oui ! je pense qu’il y a des gens qui ne prennent pas conscience que la vie virtuelle doit être attentive à la vie réelle. Je vois des enfants insulter derrière l’écran en oubliant que ça a des répercussions sur leur vie et celle de leur cible ».

Faut-il le dire, la question de la vérité de l’être est adjacente à celle du rapport entre le réel et le virtuel. Vérité et réalité, bien que distinctes, demeurent donc assez proches dans la mesure où la réalité a besoin d’être authentifiée, reconnue et exprimée pour exister comme vrai. Sous ce rapport, est-il si aisé de conclure que le virtuel est une excroissance du réel et que la vie en ligne et celle hors ligne ne sont que deux pans de la même vie ? Nous savons, d’après les réponses des jeunes aussi bien Français que Sénégalais, que les choses ne sont pas si simples pour tous. Si certains pensent être les mêmes en ligne et hors ligne, il n’en demeure pas moins que pour d’autres, la vie en ligne recèle des caractéristiques qui ne leur permettent pas une certaine liberté d’action, de pensée et d’être.

Les jeunes se retrouvent alors dans une forme de « double vie » avec une « identité double » selon qu’on est en ou hors ligne. Autrement dit, ils affichent des personnalités différentes avec des comportements divers. D’ailleurs, l’anonymat qui semble être parfois un canal de travestissement est souvent un appui au dévoilement. C’est aussi l’avis de Cardon (2008) pour qui, « l’anonymat numérique facilite le dévoilement intime et donne parfois aux participants le sentiment que c’est leur moi le plus profond qu’ils livrent à des inconnus ».

En somme, du fait que les jeunes sont confrontés à ces questions existentielles, d’autant plus qu’ils sont à un âge de construction de soi, donc de quête de repères et d’orientations, il semble incontournable de penser la vérité en tant qu’exigence et orientation éthique au-delà de tout relativisme.

Conclusion

Notre investigation nous a permis de comprendre que les RSN, comme espace virtuel, revêtent un caractère doublement existentiel pour le jeune. Premièrement, ils sont un lieu d’évasion, qui comme un havre de paix, permettent à celui qui s’y trouve de se soustraire un tant soit peu du côté pesant et opprimant de la réalité.

Deuxièmement, avec les RSN, l’intériorité, comme un tiers intrus est publicisée du brouillage de la frontière classique entre le public et le privé. À travers l’expression à outrance et l’extimité, se crée un chemin d’affirmation de l’identité qui est plus de l’ordre d’une quête de liberté et de nouveauté par rapport aux codes et normes de la société.

De plus, nous avons noté des questions fondamentales liées à la santé physique et mentale mais aussi aux valeurs et à la dignité dont les jeunes interrogés avaient souvent peu consciences d’ailleurs. Qu’il s’agisse des troubles psychiques, mentales ou encore physiologiques et de la dignité humaine, la présence numérique sur les RSN de ceux que nous avons interviewés pose des problèmes urgents d’un point de vue pratique, théorique et éthique qui exigent réflexions et recherches.

Pour finir, la question de la démocratie numérique s’est révélée principielle pour les socionautes interrogés dans la mesure où émerge une citoyenneté autre qui se pose comme nécessaire. Ces derniers semblent, à la fois, se désintéresser des politiques actuelles qui ont fini de les décevoir pour créer de nouveaux comportements, de nouvelles formes d’Agora et de participation qui s’appuient sur les critères des RSN à savoir l’immédiateté et l’accessibilité, la large diffusion de l’information et la participation de tous et à tous les niveaux, ce qui est rendu aisé par les communautés numériques. A ce niveau, les Sénégalais se sont révélés plus engagés que les Français.

Limites de la recherche et nouvelles perspectives

Limites

La première objection qui peut être faite à notre étude est d’ordre méthodologique. Autrement dit, l’option d’échantillonnage rendrait possible l’extrapolation des résultats. Pourtant, il faut dire que notre objectif n’est pas quantitatif mais plutôt de faire de la partie empirique un tremplin à l’analyse philosophique sur les usages.

La seconde est qu’il peut sembler qu’une étude sur les usages des RSN est générale tant sont différents les types d’usage proposés par les différents RSN en termes de gratifications (connectivité, visibilité, accessibilité, etc.) (Fox et Moreland, 2015). Toutefois, il convient de noter que la visée de l’étude n’était pas de cibler les enjeux liés à un RSN mais plutôt ceux liés à l’usages des RSN par les jeunes. La nuance est bien de taille. Aussi, ce qui, de manière réversible, constitue une originalité et une limite de notre recherche c’est le manque de travaux antérieurs, au Sénégal, sur les enjeux éthiques de l’usage des RSN. Cela justifie le manque de références et d’appuis dans la pensée locale, frein que nous avons contourné en nous référant à la pensée de chercheurs Français ou américains puisque notre problématique a quelque chose d’universel.

Nouvelles perspectives

Cette étude pourrait ouvrir à un débat national Sénégalais en vue d’une charte éthique et locale (Bădău, 2018) de l’usage d’Internet par les jeunes Sénégalais. Cette dernière serait un élément clé de l’éducation aux numériques. Car, ce qu’il faut, c’est éduquer au débat et à la force entrepreneuriale dont recèle les RSN. Loin de nous l’idée de faire des lois et normes ; parce que c’est seulement en créant des espaces de réflexion et de débat que peuvent se cerner et se contenir les débordements liés aux usages mais aussi en faire éclore toutes les potentialités. Il faut donc prévenir. Il y a besoin, d’une véritable maîtrise des concepts permettant ainsi aux utilisateurs d’être avisés et responsables des outils, services et ressources dans une société de l’information et de la communication en rapide évolution ; et ce pour le plus grand épanouissement des jeunes.

Références[+]

Références
- 1 Parler d’excès peut sembler, d’un point de vue scientifique, irrecevable. En effet, la difficulté à quantifier ce que nous qualifions comme étant un excès de divertissement est réelle. Toutefois, des indices permettent d’affirmer que le temps passé sur les RSN pour se divertir est de l’ordre de l’anormal et parfois frise le pathologique.
- 2 https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/internet-telecoms/data-protection-online-privacy/index_fr.htm


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Auteur

Fathallah Daghmi : est maître de Conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Poitiers. Membre du laboratoire Migrinter (CNRS-UMR 7301), il s’intéresse aux enjeux de la rencontre entre identités, représentations idéologiques et fonctionnement médiatique ainsi qu’aux usages des publics des médias. Il a publié notamment : F. Daghmi, F. Toumi et A. Amsidder (dir.), Médias et changements. Formes et modalités de l’agir citoyen, Paris, L'Harmattan, collection Communication et civilisation, 246 p. ; F. Daghmi, F (dir.), Médias Arts, médias et engagement. Actions citoyennes et soulèvements arabes. Paris, L'Harmattan, collection Communication et civilisation, 259°p. Courriel : fdaghmi@univ-poitiers.fr

Pour citer cet article

Rose Mama Diouf, "Enjeux éthiques de l’usage des réseaux sociaux numériques par des jeunes Sénégalais et Français", REFSICOM [en ligne], Penser les pratiques face au numérique : regards croisés Nords- Suds, mis en ligne le 19 décembre 2022, consulté le Tuesday 15 September 2026. URL: https://refsicom.org/1150


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