Table des matières
Le projet de la Smart City constitue un inévitable vivier d’opportunités pour aider les territoires urbains à faire face et résoudre les problématiques sociales (la bureaucratie, le mal-logement, la violence et la criminalité, les discriminations, les inégalités de revenus, l’inégal développement urbain).(Offner, 2018). Dans cet état de l’art, plusieurs villes investissent des sommes astronomiques dans les Tics et les solutions relevant de l’intelligence artificielle afin de moderniser leurs infrastructures et réussir le pari d’améliorer la gestion des affaires locales (Houzet, 2013).
Cependant, et bien que les intentions soient bonnes, les retombées de l’IA fluctuent et les réussites demeurent très variables car la pertinence du choix du digital n’est pas seulement tributaire de l’acquisition des Tics mais aussi des modes de gouvernance utilisés pour la fabrique d’un modèle approprié de smart city, équitable et durable en repensant les aspects stratégiques, structurels, financiers et réglementaires (Ibekwe-SanJuan, Meyer, 2017).
C’est cet esprit, à l’instar des capitales mondiales, que Rabat cherche à faire de l’IA son chevalier de bataille pour venir à bout de ses défaillances structurelles et organisationnelles et se démarquer comme une capitale résiliente, durable et profitable pour l’ensemble de ses secteurs et acteurs en particulier les habitants défavorisés.
Ainsi et afin d’aborder la consistance du projet digital tel que lancé par Rabat, nous nous intéressons dans le présent article à explorer les dispositifs d’appui au développement numérique de la capitale en interrogeant la pertinence des mesures prises et l’adéquation des positions et politiques sous-jacentes en la matière. La structure du texte et l’articulation des idées sont scindées en trois parties.
La première partie, en trois sections, traite du « pourquoi » de la smart city. Nous revenons en premier lieu sur les notions de l’intelligence humaine individuelle et collective, l’intelligence artificielle et de Smart city, nous en rappelons les principes, les objectifs et nous en proposons une lecture à la fois analytique et critique qui retient les acteurs comme point d’entrée.
La deuxième partie expose la situation géographique de Rabat et certaines données démographiques relatives à sa population, énumère les expériences de gouvernance et les projets structurants de digitalisation de la ville. Elle présente quelques acteurs-pilotes du projet digital, aborde l’organisation administrative de Rabat et expose une étude sociale de ses quartiers en présentant certains problèmes sociaux. Puis, elle commente l’édification du projet de smart city tel que lancé par la capitale et traite la transition digitale et l’enjeu de la dématérialisation de l’administration d’après un certain nombre de documents de planification.
Ce cadrage préalable nous permet de repositionner l’article sur le plan thématique et par la suite apporter une lecture critique en problématisant et construisant des hypothèses qui interrogent les conduites des acteurs, l’intelligence sociale des habitants ainsi que la pertinence de l’IA mobilisée. Cet état des lieux/de l’art abordé interpelle deux disciplines en l’occurrence la géographie sociale et les SIG. Chose qui nous permet de débattre des différents aspects liés à l’intelligence et de l’intelligence artificielle ainsi que du fonctionnement de la smart city et des challenges spatiaux et socio-économiques qu’elle pourrait ériger à plus d’un titre.
Puis après, et sur la base des enseignements tirés des éléments d’entrée consultés : dissertations théoriques, documents de synthèse et de planification, nous essayons d’apporter quelques réflexions autour de la question du digital pour interroger les effets que l’insertion du digital dans la gestion urbaine peut induire. Nous soulèverons le cycle des nouvelles formes urbaines dans leurs représentations les plus significatives au niveau de la capitale. Nous discutons en quatre sections les éléments recueillis et nous en interprétons les résultats. La batterie des essais théoriques mobilisés prend appui sur diverses références bibliographiques. Les dimensions relatives à l’intelligence et l’intelligence artificielle seront traitées à partir des travaux de (Alfred Binet, de la sensation à l’intelligence, 1903), (Jean Piaget, Introduction à l’épistémologie génétique, 1950), (Kurzweil R., Jaroch D. , intelligent machines, 1990), (Luc Julia, L’intelligence artificielle n’existe pas, 2019), Les aspects inhérents au dispositif de la smart city seront traités en nous référants aux études réalisées par (Jean-Marc Offner, La smart city pour voir et concevoir autrement la ville contemporaine, 2018), (Ibekwe-SanJuan, Vincent Meyer, Vers la datafication de la société, 2017), (Toppeta Donato, The Smart City vision: How Innovation and ICT can build smart, “liveable”, sustainablecities, 2010), (Rudolf Giffinger., & al, Smart Cities Ranking of European Medium-Sized Cities, 2007), (Daniélou Jean, La gouvernance par les initiatives « smart » : le cas de San Francisco, 2014), (Caragliu Andrea, Del Bo Chiara, Peter Nijkamp, Smart Cities in Europe,Journal of Urban Technology , 2011), (Bouzon Arlette, Vincent Meyer, La communication organisationnelle en question – Méthodes et méthodologies, 2003) ou encore (Vincent Meyer, Les Technologies numériques au service de l’usager… Au secours du travail social ?,2014).
Dans le maquis des définitions
L’intelligence, la capacité globale à avoir des rapports utiles avec son environnement
Dans le paradigme de smart city, la notion de l’intelligence est centrale. Elle doit caractériser les pratiques de toutes les parties prenantes car il est tout à fait illogique qu’une ville fasse des investissements colossaux en termes d’infrastructure dans le temps où des pratiques tout à fait insensées pour ne pas dire arriérées continuent toujours de dominer les comportements de ses habitants.
Étymologiquement, le dictionnaire électronique wiktionary définit l’intelligence comme : « Activité volontaire et réfléchie de l’homme s’exerçant d’une façon normale en vue de la connaissance et s’opposant à l’instinct.» (Dictionnaire de l’Académie française, 8e édition 1935). Le psychologue suisse Jean Piaget considère que l’intelligence n’est qu’une forme d’adaptation à l’environnement : « l’état d’équilibre maximum entre un organisme vivant et le milieu. Cette adaptation s’acquiert selon différentes formes ou structures. Ainsi, l’adaptation mentale est un prolongement de l’adaptation biologique » (Piaget, 1950).
Le psychomètre français Alfred Binet avance les mêmes propos presque et précise que l’intelligence est un ensemble de fonctions qui permettent l’adaptation à des situations nouvelles en faisant appel à quatre fonctions qui, selon lui, sont : la direction, la compréhension, l’invention et la critique (Binet, 1903). Il fonde sa position en stipulant que l’intelligence se manifeste seulement dans les processus supérieurs (jugement, imagination, raisonnement…). Pour le psychologue américain David Wechsler (1944), réputé d’être le créateur du test d’intelligence qui porte d’ailleurs son nom et qui constitue un référentiel incontournable dans le domaine de l’examen clinique de l’intelligence, l’intelligence est : « la capacité globale à agir dans un but déterminé, à penser de manière rationnelle, à savoir des rapports utiles avec son environnement »[1]Citation tirée de l’ouvrage de Jean-Yves Baudouin et Guy … Suite...
À partir de ces définitions, on peut dire que l’intelligence individuelle et collective est une forme d’adaptation et de progression qui doit se traduire par des comportements rationnels de la part des individus, groupes et sociétés dans l’objectif notamment de pouvoir contrecarrer les imperfections rencontrées et de leur trouver des solutions optimisées, rationnelles et moins coûteuses.
Par ailleurs, et en raison des prouesses et avancées enregistrées dans le monde de la technologie et des sciences de la communication et de l’information, le terme intelligence a été étendu pour comprendre les aptitudes artificielles acquises grâce à l’usage des technologies nouvelles pour optimiser et améliorer la gestion de tous les secteurs d’activité. D’ailleurs, plusieurs essais ont tenté d’apporter des éclaircissements quant à la portée du calembour « intelligence artificielle ». En fait, l’intelligence artificielle est une notion très compliquée qui à la fois interpelle plusieurs disciplines et prête à beaucoup de confusion. Quasiment, il n’y a pas de définitions normalisées et consenties de la réelle signification du terme « intelligence artificielle » mais par contre le terme a été généralisé pour inclure les facultés et aptitudes conférées aux ordinateurs, robots et machines.
L’ingénieur et auteur américain Raymond C. Kurzweil (1990) considère que l’IA est l’art de créer des machines capables de prendre en charge les fonctions exigeant de l’intelligence quand elles sont réalisées par des gens (Kurzweil ; Jaroch, 1990). Luc Julia, lui, va à l’encontre de ces stipulations. Il considère que même si l’informatique a envahi tous les secteurs et a pu réaliser des tâches difficilement accessibles aux humains comme l’explication des mystères du manuscrit de Voynich considéré comme le plus important cryptogramme non résolu, l’IA n’existe pas. Pour justifier ses propos, il avance que malgré toutes les avancées technologiques enregistrées, la machine reste incapable de réfléchir et de créer en précisant que l’IA n’est qu’un outil de manipulation aux mains des humains (Julian2019).
La Smart city, c’est des investissements en technologie et en capital humain et social
Une ville est dite intelligente lorsque les objets connectés et les TIC, dont le nombre est en pleine explosion, contribuent à instaurer des pratiques intelligentes et permettent d’améliorer les conditions de vie des habitants et proposer des services publics et privés de qualité qui se répercutent sur tous les secteurs d’activités en particulier l’économie, le social et l’environnement. Donato Toppeta, 2010, considère que le paradigme de la ville intelligente est un concept tout à fait récent qui n’a fait son apparition qu’à partir des années 2000 pour désigner toute zone géographique qui fait usage des TIC et de la technologie Web avec d’autres efforts organisationnels pour améliorer son habitabilité et ses services offerts au profit de ses habitants, alléger et raccourcir les modes bureaucratiques et identifier des solutions novatrices pour la gestion des affaires locales.
Le cabinet américain Frost et Sullivan retient neuf aspects essentiels pour qualifier une ville comme étant intelligente à savoir la gouvernance intelligente, l’énergie intelligente, la construction et l’urbanisation intelligente, la mobilité intelligente, l’infrastructure intelligente, la technologie intelligente, un système de santé intelligent, et des citoyens intelligents dotés de bons de communication électronique[2] … Suite.... Le spécialiste et professeur autrichien Rudolf Giffinger, lui, regroupe six critères pour décrire ce que c’est une smart city à savoir : une administration intelligente, une économie intelligente, une mobilité intelligente, un environnement intelligent, des habitants intelligents et enfin un mode de vie intelligent.
L’administration intelligente sous-entend la responsabilisation des acteurs publics et privés qui doivent travailler dans un esprit de transparence tout en encourageant les citoyens à participer activement à la gestion d’un certain nombre de services publics et sociaux. L’économie est dite intelligente lorsqu’elle donne lieu à un marché novateur et flexible. La mobilité est intelligente si elle se caractérise par une infrastructure de transport moderne, accessible à tout le monde, sûre et écologique. L’environnement intelligent se traduit par la préservation des ressources naturelles. Les habitants sont dits intelligents lorsqu’ils se montrent flexibles et participent activement à la vie publique. Un mode de vie est dit intelligent lorsqu’il garantit de meilleures prestations de santé, de logement, de culture, d’enseignement et de cohésion sociale.
Jean Daniélou, 2014, estime que la solution numérique favorise des environnements urbains qui ont la particularité d’être interconnectés et numériques. Il souligne aussi que le terme « intelligent » est à prendre avec beaucoup de précaution puisqu’il signifie par extension l’existence de villes bêtes ce qui constitue pour lui une aberration. Encore plus, il précise que la ville intelligente n’est qu’une forme embellie et prolongée du concept de la ville durable puisque quasiment toutes les deux partagent les mêmes objectifs à savoir : la rationalisation de l’utilisation des ressources, la réduction de la consommation des eaux, de l’électricité et des énergies, la démocratisation de la gestion des affaires locales, la préservation du patrimoine naturel et bâti…
Dans le même ordre d’idées, Caragliu, Del Bo et Nijkamp, 2011, considèrent que pour mériter le qualificatif de la ville intelligente, il faut que la ville fasse non seulement des investissements en technologie mais aussi en capital humain et social dans le but notamment d’améliorer la qualité de vie des citoyens, d’assurer une croissance économique conséquente ainsi qu’un développement durable et équitable.
Dès lors, l’instrument numérique s’annonce comme une promesse de performance dont les enjeux sont multiples et complexes : améliorer la gestion des ressources, faciliter l’accès des citoyens à des services sûrs et de qualité dans tous les secteurs que ce soit dans l’enseignement, la santé, l’habitat le transport et autres, réduire la consommation des eaux et des énergies, fluidifier la circulation urbaine, réduire la pollution urbaine, démocratiser la vie politique, contrecarrer la criminalité ou encore maintenir l’ordre public(Bouzon, Meyer, 2003). Plus encore, la solution numérique offre aux habitants l’occasion de participer pertinemment à la gestion des affaires locales et d’apporter à tout moment leurs avis, réclamations et critiques pour l’obtention de services de qualité. À cette finalité, une myriade d’outils (compteurs intelligents, centre de commande centralisé, des réseaux de capteurs, domotique, réseaux intelligents, applications cellulaires…) donnent l’occasion non seulement de faire des économies de temps et d’argent ou d’offrir des prestations de services rapides, équitables et performants mais permettent également de relever les challenges de demain.
De plus, et au moyen de réseau de capteurs appelés aussi senseurs ou via des applications mobiles, la plateforme de la ville intelligente permettra de gagner en performance et en qualité. Les habitants et le reste des parties prenantes (secteur privé, société civile…) peuvent avoir accès à des services de qualité, expéditifs et transparents. Les quartiers, grandes artères et espaces publics seront surveillés en permanence. Les constructions publiques et privées auront la possibilité d’adapter la consommation d’eau et d’électricité. La signalisation et la circulation routière pourraient être modelées et ajustées en fonction du trafic et de l’embouteillage. Il revient à dire que le concept de la ville intelligente se propose comme une solution salvatrice pour donner lieu à des prestations de services publics et privés plus sûres et plus performantes. C’est une forme d’innovation technologique et d’informations qui a pour but essentiel de garantir une meilleure qualité de vie à la population de façon à optimiser les ressources disponibles, contenir les défaillances socioéconomiques observées, et également assurer un développement économique et social démocratique, durable et inclusif.
Mise en contexte
Les territoires s’apparentent à un système dynamique complexe (Leloup,Moyart, Pecqueur, 2005). Ils subissent des mutations socio-spatiales sans précédent. Ces changements structurels, qui prennent plusieurs formes et qui concernent tous les pans de la société imposent l’adoption de nouvelles approches de gestion notamment pour répondre aux différentes contraintes socioéconomiques, technologiques et politiques en se détachant des anciens modes de gestion à la fois lourds et lents en tenant compte des contraintes socioéconomiques.
Rabat, une capitale en pleine mutation
La capitale se caractérise par sa position géographique très contrastée. Couvrant une surface de 118 km² longée par l’atlantique au nord, la capitale se trouve prise à l’est entre l’Oued Bouregreg et la plaine de l’Oulja en face de Salé alors qu’au sud-ouest de la ville une ceinture verte de pins et d’eucalyptus de 1 500 ha sépare Rabat de Témara. Le nord-est de la ville est bordé par le Bouregrag et Akrach. Au nord-est de Rabat, la ville est bordée par la forêt de la Maâmora qui constitue un véritable poumon naturel pour la capitale. Sur le plan administratif, la mairie de Rabat se répartit en 5 arrondissements qui sont°: Hassan, Agdal-Riad, Yacoub el Mansour,Youssoufia et Souissi ainsi qu’une seule commune qui est la commune de Touarga.
Sur le plan démograpique,selon le recensement de la population de 2014, le nombre d’habitants à Rabat intra-muros s’élève à 578 519 d’habitants. Ils s’établissent sur une superficie de 118,5 km² soit une densité d’habitants de 4 876 hab/km². La population de Rabat est très concentrée au niveau de deux arrondissements urbains qui sont les arrondissements de Youssoufia et de Yacoub Mansour qui accueillaient 63.10% de la population en 2014. Les projections démographiques montrent que ce constat sera revu à la hausse puisque la population des deux arrondissements s’établirait à 67,90% des habitants.

Figure 1 : Localisation géographique de Rabat et sa région. Source : Découpage administratif - Haut-Commissariat au Plan (HCP)
Les secteurs sociaux, une priorité dans un contexte effervescent
Rabat compte parmi les niveaux de vie les plus élevés au niveau marocain. Ce corollaire dissimule de fortes inégalités car la capitale concentre à la fois richesse et pauvreté, savoir et analphabétisme : le niveau de vie au-dessus duquel se trouve l’élite de Rabat est nettement plus élevé que celui où se trouve la population la plus démunie. De surcroît, et dans le temps où des quartiers bien aisés assurent un paisible cadre de vie au profit de leurs résidents, d’autres quartiers, très souvent surpeuplés et insalubres, sont dépourvus du minimum des services et prestations. Ladite ségrégation induit de graves répercussions sur tous les secteurs sociaux (logement, le transport, le chômage, la santé…).
L’entrée dans la vie active et la création des postes d’emploi constituent un desmaillons faibles : le chômage, l’informel et la précarité de l’emploi touchent une grande partie de la population dont notamment les jeunes issus des quartiers défavorisés qui en sont les plus touchés en particulier les jeunes diplômés. Les jeunes sont en proie à toutes formes de dérapage : évitement scolaire, criminalité, prostitution, accrochage, addiction.
L’économie de la capitale, quant à elle, se trouve marquée par un secteur informel imposant du fait qu’il constitue une source de revenu pour une bonne partie de la population. Plus développé dans les quartiers populaires et densément peuplés en particulier Yacoub el Mansour, Akkari et Youssoufia, le secteur informel prend plusieurs formes. Il peut concerner des activités rudimentaires en particulier le commerce de proximité (métiers d’artisans, marchands ambulants, vente à l’unité, artisanats, services…) comme il peut concerner le mode de fonctionnement de certaines unités qui font leur approvisionnement en contrebande.
Adoption du dispositif de l’unité de la ville
Capitale du Royaume du Maroc, siège-lieu de la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaïr, mairie, siège des ministères, des administrations, siège des grandes entreprises et ONG, Rabat présente un statut particulier où se chevauchent les prérogatives accordées aux différents organes institutionnels qu’ils soient administratifs ou bien élus. Par ailleurs, et afin de mieux répondre aux besoins et évolutions socioéconomiques de ses habitants et instaurer des règles collectives pertinentes qui assurent un développement local intégré et durable, Rabat a expérimenté plusieurs systèmes de gouvernance mais sans pour autant arriver concrètement à améliorer les instruments et les logiques de la gestion de la chose locale, à valoriser son capital humain ou encore à limiter la disparité économique entre les différentes collectivités locales.C’est dans cet esprit que le système de l’unité de la ville a été mis en œuvre en 2003 dans l’ambition notamment de lutter contre la dispersion des centres de décision et le manque de cohérence entre les différentes instances et en promouvoir l’attractivité de la ville tout en consolidant les prérogatives allouées aux instances élues pour participer à la conception, le montage, la réalisation et le suivi des projets au côté de l’administration.
Pourtant, la question digitale n’a été priorisée qu’en début des années 2010 notamment avec la mise en place d’un programme spécifique pour la digitalisation des services publics. La loi organique des communes de 2016, mise en application suite à la révision de la constitution de 2011, a donné un véritable élan au rôle des élus et surtout au rythme de la modernisation progressive du pays par le biais d’un certain nombre de mesures qui appellent, entre autres, au déploiement des technologies numériques au service de l’administration publique et l’informatisation des processus administratifs. Neuf ans plus tard, la loi de facilité des procédures administratives s’est attribuée l’objectif d’assouplir et numériser les procédures et formalités administratives en vue d’insuffler une nouvelle dynamique à la relation entre l’Administration et les usagers.
Concernant les acteurs censés booster le projet digital. On trouve les organismes centraux dont la portée est nationale en l’occurrence le ministère de la Réforme de l’administration et l’Agence de développement du digital (ADD). Leur action est soutenue par des organismes représentatifs des entreprises et startups opérant dans le digital comme la fédération marocaine des technologies de l’information et de l’offshoring (ABEPI) ou encore l’Association des utilisateurs des systèmes d’information au Maroc (AUSIM).
Rabat, une panoplie de projets de rénovation
Rabat se réinvestit pour intégrer le peloton des villes intelligentes de demain. Dans cette ambition, plusieurs projets structurants de grande envergure ont été lancés. On parle notamment d’Arribat Center, Technopolis, la nouvelle gare de Rabat Agdal et le projet de Green Tech Valley. Ainsi et avec un investissement estimé à 2 milliards de DH, le centre multifonctionnel ARRIBAT qui s’étale sur une superficie de plus 196.000m² est destiné pour le commerce, loisirs, hôtelière et espaces bureaux. Pour sa part, situé à 5km de l’Aéroport International de Rabat-Salé et bénéficiant des connexions quotidiennes vers l’Europe, avec plus de 300 connexions quotidiennes vers diverses destinations mondiales. Quant à elle, dédiée à la ligne grande vitesse, la nouvelle Gare de Rabat, qui a coûté 800 millions de dirhams, vient conforter l’essor socio-économique et urbain de la capitale. De même, Green Tech Valley, qui s’identifie comme étant une nouvelle cité d’affaires, de santé, de bien-être et de loisirs vient renforcer l’offre sanitaire et de loisirs au sein de la capitale. De surcroît, la capitale se caractérise, comparativement aux autres villes du royaume, par son dense réseau d’infrastructures routières, autoroutières et aériennes (un aéroport international, 2 lignes ferroviaires et 3 axes autoroutiers) ce qui a favorisé l’implantation de nombreux opérateurs logistiques et de transports nationaux et internationaux. Plus encore, la desserte de la ligne TGV actuelle fait de Rabat un hub de grande vitesse.

Figure 2 : Le centre multifonctionnel ARRIBAT Source : https://www.graziamag.ma/articles/rabat-s--enrichit-d--un-nouveau-temple-commercial-/ZBAPHGGP
Parallèlement, plusieurs plateformes ont été lancées par le ministère de la transition numérique et de la réforme de l’administration pour assouplir les procédures administratives et renforcer la relation administration/usagers à l’image de “Emploi public”, “Service public”, Chikaya.ma”, “Idarati MAPS”, “Chafafiya.ma”, “calcul Pensions” et “Calcul salaires”. Ces plateformes sont censées servir de plaidoyer en faveur d’une meilleure considération des attentes des usagers.
Rabat smart city : au cœur de nombreux défis
Des comportements citoyens non citoyens
Une ville intelligente c’est des citoyens intelligents et des comportements intelligents. Ceci dit, l’intelligence doit s’appliquer à l’aptitude des individus et groupes à s’adapter à leur environnement, à s’approprier et à émettre des actions et réactions rationnelles (attitudes, comportements, expressions physiques et morales…) qui leur font acquérir le savoir-être de vivre et respecter la réglementation et l’environnement naturel et bâti.
Cependant, les comportements des citoyens diffèrent notoirement entre les quartiers de la ville. Si les quartiers aisés sont épargnés des comportements démesurés, la situation au niveau des quartiers défavorisés est alarmante. L’activité informelle s’impose dans les espaces urbains. Les actions mobilisées par les forces d’autorité se révèlent dans la plupart des temps inefficientes et n’arrivent pas à ramener un vent de justice sociale et se limitent bien souvent à de très rares campagnes de contrôle et de mise en quarantaine comme la création occasionnelle de nouvelles zones de commerce, l’enlèvement des marchandises ou encore l’expulsion des vendeurs ambulants des voies publiques.
L’insalubrité et le traitement des déchets solides et des eaux usées contribuent à la détérioration des conditions d’hygiène. Les points de ramassage d’ordures, abondantes, ressemblent à des décharges plénières. L’implication de la population dans la gestion des déchets est défaillante. Les résidents des quartiers défavorisés ne font pas assez d’efforts pour amener ses déchets aux recycleurs.

Figure 3 : Hay Takadoum Source : https://www.flickr.com/photos/69994237@N03/8459553292
Les passages et rues, désengorgés et peu fluides, se voient tout le temps occupés par le commerce ambulant et demeurent inaccessibles aux personnes à mobilité réduite et aux secours. L’offre sanitaire, elle, est calamiteuse. Proposant des services modestes et tardifs, elle souffre d’un manque de moyens logistiques et de médecins. Les services administratifs, bureaucratiques, sont sujets parfois de querelle virulente entre citoyens et fonctionnaires alors que les réponses aux demandes, courriers, courriels et appels téléphoniques sont insatisfaisants et les délais de réponse accusent un retard considérable.
Une gouvernance non intelligente
L’implication des acteurs est une condition sine qua non pour améliorer de l’accès des administrés aux services urbains et induire par conséquent un minimum nécessaire d’acceptabilité de la part des acteurs concernés par la mise en place du projet digital en particulier la population locale. Ainsi, l’implication des acteurs doit se faire sur des bases concrètes visant notamment à donner un véritable élan à la capacité de la ville à réussir sa transformation numérique et à faire usage rationnel et pertinent des nouvelles technologies du numérique tout en respectant les spécificités territoriales et les priorités environnementales.
L’évaluation permanente des actions menées est le gage d’une gouvernance simple et claire susceptible de réduire les écueils à l’innovation (Meyer, 2014). Au niveau de la capitale, le projet smart city s’inscrit toujours dans une logique top-down. L’état des faits révèle que la bureaucratie et le manque de visibilité dominent toujours l’action des acteurs empêchant ainsi de rompre avec l’excès du centralisme puisque peu de prérogatives et responsabilités sont déléguées aux arrondissements et aux échelons inférieurs notamment en termes de prise de décision et de gestion des différents services urbains (santé, enseignement, traitement des déchets…).
La prépondérance du pouvoir central dans la mise en place des politiques de développement du projet « smart » fait figure de religion. Sur le terrain, les signes de défaillance sont encore plus visibles, les projets intelligents pour la gestion de l’eau et l’assainissement à l’image du projet de la collecte des eaux de pluie et de restauration de la nappe phréatique tardent toujours à voir le jour au même titre que du dossier de la digitalisation de la gestion des déchets et ordures ménagères.
De surcroît, le choix et la mobilisation des compétences impliquées dans la construction du projet de la smart city constituent un autre maillon faible. Le projet digital requiert entre autres la formation des ressources humaines aux compétences numériques (Bouillon, 2015). Cependant, les plans de formation des fonctionnaires et employés au digital s’affrontent à un certain nombre de problèmes. Les ressources financières mobilisées sont faibles et ne permettent pas d’assurer une formation de qualité aux fonctionnaires et élus. A titre d’exemple, dans le secteur d’enseignement, le budget alloué à la formation des enseignants ne dépasse pas 30 Dh par personne. Les programmes de formation, quant à eux, sont rares et se limitent bien souvent à des cours de base.
La fracture numérique et les inégalités structurelles et sectorielles dans l’accès aux données et ressources logistiques creusent davantage les écarts entre acteurs. Le poids du secteur privé quant à lui se trouve dans une situation bottom-up. Ainsi, outre les difficultés liées à l’insuffisance des ressources financières mobilisées, le secteur privé se heurte à une pénurie flagrante du personnel qualifié notamment dans les solutions digitales.
L’administration intelligente, une ambition hors portée
Le chantier signature électronique pour raccourcir les délais n’est qu’un pur slogan. Les organismes publics continuent toujours de fonctionner suivant des modes de gouvernance traditionnels. Plus encore, l’instrument digital n’est pas encore couramment utilisé et ne permet pas aux administrations d’alléger le temps de traitement des tâches ni d’améliorer concrètement le quotidien des fonctionnaires et usagers. Cela étant, les mesures prises n’arrivent pas à mobiliser efficacement les acteurs concernés par le projet digital en l’occurrence les citoyens, les administrations publiques et semi publiques, le secteur privé, le monde de la recherche ou encore la société civile. De même, la digitalisation administrative n’a pas réussi à améliorer véritablement la nature de la relation entre l’usager et l’administration publique du fait que la prise en considération de l’usager se fait souvent suivant une approche verticale dans laquelle l’usager est considéré juste comme un simple consommateur dont les avis sont rarement recueillis ou retenus.
L’usage des nouvelles technologies pour la modernisation des administrations publiques et arrondissements, toujours dans la traîne, n’a pas réussi à rapprocher l’administration des citoyens comme le montre la Note d’Orientations Générales pour le développement du Digital au Maroc, qui révèle que 85% des citoyens marocains se disent insatisfaits quant aux services de l’administration publique[3]https://add.gov.ma/storage/pdf/Avril_NOG_ADD_fr_SITE_VF.pdf. La cause est toute simple, les usagers passent 50 heures par an en moyenne dans les administrations rien que pour régulariser leurs affaires. La même insatisfaction est observée auprès des entreprises marocaines qui se plaignent perdre 200 heures par an en moyenne dans les administrations publiques[4] … Suite....
Encore, la digitalisation de la capitale suscite une autre frustration. La digitalisation de l’administration publique se trouve dans une situation de chevauchement des responsabilités au regard des interférences d’attributions entre les acteurs. Lequel constat ressort d’une étude sur la maturité digitale réalisée par l’AUSIM en janvier 2021. Ladite étude fait apparaître que plus de la moitié des établissements interrogés voient que la digitalisation telle que mise en œuvre souffre d’un manque flagrant de visibilité de la part des dirigeants et qu’elle s’inscrit dans une démarche descendante dans laquelle l’acceptabilité et l’adoption des solutions digitales par les citoyens et les collaborateurs sont souvent marginalisées[5] … Suite....
Encore, les déclarations des acteurs centraux s’inscrivent dans des considérations généralistes. Les chiffres communiqués par les responsables sont exagérés. Les 300000 réclamations déclarées par le ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration ne représentent qu’un faible ratio par rapport au nombre gigantesque des réclamations sur papiers soumises devant les tribunaux. De plus, peu de réclamations électroniques sont traitées jusqu’au bout. De surcroît, le chiffre de 20000 consultations/jour sur le portail de la fonction publique est quasiment faible au regard du taux de chômage observée particulièrement chez les jeunes diplômés. L’application lancée par le ministère, quant à elle, se trouve largement rétrogradée face aux applications de géo-localisation à l’image de Waze ou Google-maps.
Par ailleurs, et bien que le programme marocain de l’administration électronique a lancé un certain nombre de portails et d’applications en vue d’accélérer le rythme de la couverture en ligne et la numérisation des services publics mais sans pour autant réussir à impliquer massivement les usagers. Par exemple les portails www.data.gov.ma conçu pour faciliter l’accès aux données ou encore www.wati9a.ma se révèlent incapables de drainer des audiences conséquentes ou de satisfaire les usagers numériques. L’ensemble de ces éléments fait que le Maroc rétrograde sur l’échelle de l’e-participation établi par l’ONU puisque le Maroc vient au 56e rang avec un score de 0,7753[6] … Suite....
Une communication en quête de sens
Les administrations en particulier les collectivités territoriales font preuve de déphasage par rapport à l’influence croissante des réseaux sociaux. Les commentaires des lecteurs sont souvent défavorables et critiquent ardument la gouvernance de la chose locale. Les vidéos sur la toile sont diffusées sur un ton d’insatisfaction et ont souvent pour objectif de dévoiler la gestion calamiteuse dans la ville notamment au niveau des quartiers vulnérables.
La situation du secteur privé n’est pas meilleure. La réalité des faits montre que bon nombre d’entreprises ne disposent pas encore de portails électroniques. Cela est dû principalement au coût d’hébergement et de maintenance qui reviennent toujours trop chers. Également, les entreprises, en particulier les startups, PME et TPE, faute de moyens financiers, accèdent faiblement aux formations continues notamment les formations spécialisées dans les solutions numériques.
La présence médiatique est défaillante puisque le moindre désagrément donne lieu à une couverture scandaleuse. Les mécanismes de participation mis en place pour impliquer les acteurs (organisations publiques et privées, société civile, monde de la recherche, habitants…) n’arrivent pas à renforcer concrètement le dialogue et la collaboration.
De plus, la coordination entre collectivités territoriales et société civile fait faille. Cela est dû en partie à la quasi-absence d’outils de concertation, de dialogue et de participation citoyenne. Dans le même ordre d’idées, les réunions au sein des collectivités territoriales, censées être tenues pour communiquer et discuter les bilans et les comptes dans un esprit de critique constructive pour améliorer la perception des challenges socioéconomiques à relever et proposer des solutions efficientes se passent souvent dans la tension et déclenchent plusieurs fois d’ardues altercations entre élus.
L’acceptation des réformes est mal perçue notamment au niveau des quartiers défavorisés. En effet, les habitants participent rarement aux sondages publics sur les projets territoriaux y compris le projet de digitalisation et les mesures prises n’arrivent pas à les mobiliser concrètement. Cette passivité peut être justifiée par deux raisons notoires d’une part en raison du manque de confiance des citoyens envers les organisations et leurs moyens mobilisés pour le recueil des observations et avis et également en raison de l’absence de la culture de participation chez les citoyens faute notamment du manque de transparence de l’information.
Également, le manque de communication contraint la population locale à plusieurs reprises à extérioriser leur frustration et entrer dans des contestations violentes pouvant donner lieu parfois à d’ardus altérations contre les forces de l’ordre comme c’était la situation lors des campagnes de démolition de l’habitat insalubre au niveau de certains bidonvilles anciens à l’image de Douar el Kora et Douar el Garaa.
La ségrégation territoriale, un challenge difficilement surmontable
Le processus de digitalisation telle œuvré ne fait en réalité qu’accentuer la fracture numérique qui se trouve d’ores et déjà entre les quartiers de la ville. Sur le terrain, les projets numériques sont des projets se réalisant à deux vitesses. Les habitants des quartiers favorisés, pour leur part, disposant d’un niveau d’instruction élevé, tirent à la fois profit de leur maîtrise digitale. Par contre, le taux de pénétration dans les quartiers défavorisés reste largement déficitaire. Les habitants de ces quartiers disposent d’une connectivité à faible débit et leur accès à Internet se limite bien souvent à des usages élémentaires. Plus encore, ils continuent toujours de recourir aux prestataires de services et intermédiaires numériques pour la régularisation de la moindre opération digitale.
En effet, souvent marginalisés par rapport aux projets innovants et structurants, les initiatives d’innovation mises en place au niveau des quartiers paupérisés sont handicapées par divers obstacles. Plus encore, ces quartiers s’exposent à des mouvements populaires urbains négatifs intensifiant la concentration de la pauvreté puisque connaissant la substitution des sortants plus riches par des entrants plus pauvres. Aussi, la réalité des choses montre que ces quartiers abritent les écoles les moins équipées, les bâtiments les moins modernisés, reçoivent des fonctionnaires moins expérimentés et moins compétents. Pareillement, les habitants issus de ces quartiers n’ont pas accès à des services sanitaires de qualité. Le personnel médical frustré, souvent rigide et quelque fois critiqué d’incompétence en permanence conteste les conditions défavorables de travail.
Plus encore, si les élus et les fonctionnaires affectés au niveau des zones favorisées disposent d’un niveau académique supérieur qui leur permet de parfaire leur usage des instruments numériques que ce soit pour bien communiquer, programmer des forums participatifs ou encore pour fournir des prestations de qualité au profit des habitants de leurs zones, ceux qui agissent au niveau des zones défavorisées manquent de qualification et sont parfois complètement en déphasage avec l’usage du numérique et par suite restent incapables d’assurer comme il faut la gestion numérique de leurs services.
Conclusion
Le modèle de la Smart City s’impose de plus en plus comme étant une nouvelle conception de l’exercice urbain qui ambitionne contrecarrer le décalage croissant creusé par l’inefficience des politiques urbaines antérieurement menées et optimiser une gestion plus pertinente des villes en faisant usage des techniques d’information et de communication TIC et en introduisant des instruments technologiques intégrés, intelligents, innovants et pertinents pour l’amélioration de la qualité de vie de la population locale et la fluidification de la gouvernance et la gestion des services urbains (Meyer, 2014).
Cependant et en dépit de la multitude des projets de modernisation numérique mis en place, le projet digital tel lancé par Rabat est affecté de plusieurs failles. En fait, les causes qui ralentissent le rythme du lancement du projet digital sont multiples. Les comportements des résidents des quartiers défavorisés sont loin d’être intelligents. L’administration, rigide, reste au stade des discours et ne concrétise pas convenablement les opportunités offertes par le digital. La communication est défaillante et ne conduit aucunement à réduire les écarts entre les quartiers de la ville.
Références
| - 1 | Citation tirée de l’ouvrage de Jean-Yves Baudouin et Guy Tiberghien, Psychologie cognitive : l’adulte, Bréal Editions, 2007, p 179. |
|---|---|
| - 2 | https://chantiersdumaroc.ma/construction-durable/smart-city-selon-frost-et-sullivan/ |
| - 3 | https://add.gov.ma/storage/pdf/Avril_NOG_ADD_fr_SITE_VF.pdf |
| - 4 | https://www.challenge.ma/les-taux-dinsatisfaction-du-citoyen-toujours-eleves-128599/ |
| - 5 | https://lematin.ma/express/2021/lausim-devoile-resultats-enquete-maturite-digitale-maroc/352209.html |
| - 6 | https://static.latribune.fr/1207516/le-maroc-la-future-digital-nation-africaine.pdf |
Références bibliographiques
- Binet A., 1903, « De la sensation à l’intelligence », Revue philosophique, 56, 1903b, p. 441-587
- Bouzon A, Meyer V., 2006, La communication organisationnelle en question – Méthodes et méthodologies, L’Harmattan, 212 pages
- Caragliu A., Del Bo C., Nijkamp P., 2011, “Smart Cities in Europe”, Journal of Urban Technology, Volume 18, p 65-82
- Daniélou J., 2014, « La gouvernance par les initiatives ‘smart’ : le cas de San Francisco », Repéré à http://www.citego.org/bdf_fiche-document-701_en.html
- Giffinger, R. F., & al, e., 2007, Smart Cities Ranking of European Medium-Sized Cities, Vienna University of Technology, p 18, 24
- Houzet S., 2013, Développement numérique, territoires et collectivités : thèse de doctorat en Géographie soutenue à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, 500 pages.
- Ibekwe-SanJuan F., 2017, « Vers la datafication de la société ? », in Vincent Meyer (éds), Transition digitale, handicaps et travail social, LEH Edition, Bordeaux, pp. 31-49
- Julia L., 2019, L’intelligence artificielle n’existe pas, Ed. First, p. 17,95
- Kurzweil R., Jaroch D., 1990, The age of intelligent machines, Cambridge, Mass. : MIT Press, 588 pages.
- Leloup F., Moyart L., Pecqueur B., 2005, « La gouvernance territoriale comme nouveau mode de coordination territoriale ? », Lavoisier | Géographie, économie, société, 2005/4 Vol. 7 | pp. 321-332.
- Meyer V., 2014, Les Technologies numériques au service de l’usager… Au secours du travail social ?, Bordeaux, édition les Études hospitalières, 288 pages.
- Offner J-M., 2018, « La smart city pour voir et concevoir autrement la ville contemporaine », Quaderni, 96 | 2018, pp.17-27
- Piaget J., 1950, Introduction à l’épistémologie génétique, Paris, PUF, t. 1, 361pp
- Toppeta D., 2010, « The Smart City vision: How Innovation and ICT can build smart, “liveable”, sustainable cities », The Innovation Knowledge Foundation, 5, 1-9.
- Vers un modèle ouvert. Géographie. Université d’Avignon.
Les contenus de la revue