Table des matières
Introduction
Pour reprendre l’analyse des anthropologues Dennis Rodgers et Steffen Bo Jensen (2023) ou plus récemment l’historienne Laurence Montel (2024), Marseille, souvent assimilée à une métropole gangrenée par la violence, est comparée à d’autres grandes villes telles que Glasgow, Naples ou Chicago dans l’imaginaire collectif. Cependant, lorsqu’on examine les statistiques, il apparaît que les niveaux de violence à Marseille ne sont pas plus élevés que ceux de Paris[1]. Marseille est aussi une ville de tous les contrastes et cosmopolite dans laquelle est née une association, Citizen Campus[2], créée en 2020 et portée notamment par un rescapé des attentats du Bataclan (2015) qui déclarait dans une tribune du journal Le Monde (2017) « Le temps des commémorations doit laisser la place au temps de l’engagement »[3]. Quatre ans plus tard, l’association faisait partie des lauréats d’un appel à projet CIVIS[4] avec son projet intitulé “Vénères & Solidaires”. L’Europe aux portes de quartiers”[5] piloté également par trois chercheurs d’Aix-Marseille Université (Martine Badillo, Rym Ibrahim et Audrey Bonjour[6]), projet qui est le terrain d’enquête présenté ici. La méthodologie développée par “Vénères & Solidaires”, notamment l’organisation d’ateliers d’intelligence collective (Lévy, 2021) a servi de base pour la participation à un autre projet nommé “Y.Civic”, développé dans le cadre du Programme «°l’Europe pour les citoyens » ayant pour objectif de contribuer à faire comprendre l’UE, son histoire et sa diversité et d’encourager la participation démocratique des citoyens de jeunes issus de quartiers ou zones défavorisés de cinq pays. Cet empowerment[7] civique des “jeunes” (Bacqué, Biewener, 2015) est d’ailleurs observé dans le baromètre DJEPVA sur la jeunesse 2024, relayé dans un dossier de l’INJEP publié en 2024. Le bénévolat associatif progresse chez les jeunes[8]. L’action humanitaire et l’aide au développement (22%) ainsi que l’environnement (21%) constituent après le sport (42%) et la culture (35%) les principaux secteurs dans lesquels les jeunes bénévoles s’investissent. Quant aux autres types d’engagements mesurés par le baromètre (pétition ou défense d’une cause en ligne, manifestation, grève, se faire élire pour représenter ses pairs, etc.), tous se maintiennent à des niveaux élevés, en particulier la signature d’une pétition ou la défense d’une cause sur les réseaux sociaux ou en ligne. Si ces résultats sont observés de la part des jeunes en 2024, la cible de Citizen Campus à Marseille ne présente pas les mêmes effets de réalité en 2022.
Dans cet article, l’objectif principal est alors de répondre à l’une des questions soulevées dans l’appel à communication, avec pour problématique : comment des associations citoyennes utilisent-elles les plateformes numériques et les réseaux socionumériques pour mobiliser des jeunes issus de pays européens, et plus particulièrement de Marseille, et quels sont les impacts en termes d’usages et de mobilisations ? Ces jeunes viennent de pays européens (Belgique, Pologne, Roumanie), dont deux en méditerranée (Italie et France), certains ont pris part à des débats sur des enjeux sociopolitiques comme suit :
– Bruxelles : Jeunes & Climat : Vécus, impacts et actions (14 octobre 2021)
– Palerme : Jeunes, Police, Justice : on se parle ? (4 et 5 février 2022)
– Poznan : Jeunes & ruralité (20 et 21 mai 2022)
– Marseille : Jeunes & engagement citoyen (10 et 11 juin 2022)
– Cluj-Napoca : Jeunes, médias & Fake news (29 et 30 septembre 2022)
Chaque séminaire aborde une thématique différente, reflétant les préoccupations et les intérêts variés des jeunes participants et les problématiques géopolitiques des territoires sur lesquels ils vivent. À Bruxelles, le séminaire s’est concentré sur les impacts du changement climatique et les actions environnementales. À Palerme, les discussions ont porté sur les relations entre les jeunes, la police et la justice. À Poznan, les défis et les opportunités en milieu rural ont été explorés. À Marseille, l’accent a été mis sur l’engagement citoyen et la participation démocratique. Enfin, à Cluj-Napoca, le séminaire a traité des médias, des fake news et de l’éducation aux médias.
Au final, on dénombre 100 participants à chacun des séminaires, des jeunes majeurs entre 18 et 25 ans, 21 jeunes ambassadeurs représentant la France ont été impliqués dans les séminaires en Sicile, Pologne, Roumanie et Belgique (dont 6 issus du partenariat avec l’AFEV[9] et BLEU BLANC ZEBRE[10], 5 issus du projet GRANDIR[11]). 12 jeunes ont continué à s’impliquer auprès de Citizens Campus (projet V&S notamment) après leur participation aux séminaires et 5 jeunes marseillais ont aidé à organiser le séminaire à Marseille.
La méthodologie mobilisée se fonde sur l’analyse sémio-pragmatique (Boutaud, 1998) de supports de communication produits par l’association dans le cadre de ce projet, sur ceux des comptes-rendus des ateliers d’intelligence collective, puis sur la conduite d’entretiens (Bonjour et Daragon, 2018) avec les membres actifs de l’association impliqués dans le projet, ainsi que sur l’étude de vidéos YouTube des débats citoyens en tant qu’expression du politique (Douyère et Ricaud, 2019). Notre cadre théorique apporte une lecture des résultats en termes d’activisme militant et de défection de prise de parole (Allard et Blondeau, 2007), d’analyse de la participation sur les réseaux socio-numériques (Cardon, 2013 ; Aroufoune, 2023) pour, au final, développer une analyse de la communication appréhendée dans ses formes plurielles de l’acommunication et de l’incommunication (Wolton, 2024, 2019).
Nous centrerons donc notre analyse sur la participation de jeunes marseillais, rendue possible par le travail de coordination de l’association Citizen Campus. Il faut préciser que l’ambition initiale du projet “Vénères et solidaires” était de créer une plateforme de communication numérique pour les jeunes et par les jeunes, leur permettant d’exprimer leur vécu durant la crise sanitaire du Covid, et à partir de cette expression, de partager et combiner les solutions mises en œuvre localement. D’une part, nous verrons dans une première partie comment, face à cette aspiration, Citizen Campus a dû repenser sa communication à destination des jeunes des quartiers défavorisés de Marseille pour passer d’une acommunication par des incommunications (Renucci et Paquot, 2019) jusqu’à communiquer et même créer du lien avec certains d’entre eux. Par ailleurs, des jeunes ambassadeurs ont été recrutés pendant les ateliers d’intelligence collective puis ont pris part aux débats mentionnés précédemment dans le cadre du projet Y .Civic, débats qui ont fait l’objet de vidéos Youtube[12] que nous analyserons, d’autre part au sein d’une seconde partie, dans leur portée médiatique et sémiotique.
Le débat qui s’est tenu à Marseille les 10 et 11 juin 2022 sur la thématique “Jeunes & engagement citoyen” a enrôlé 25 jeunes issus de délégations Y.Civic (Belgique, Italie, Pologne et Roumanie), 16 étudiants européens du réseau CIVIS (AMU), 10 jeunes hors Marseille (partenaires Citizens Campus) et 70 marseillais. Pour les autres débats, les proportions pour les types de participants sont similaires.
Incommunication et réajustement des stratégies de communication
Citizens Campus est une association implantée à Marseille qui définit son « ADN » au regard de « L’action citoyenne, au cœur de nouveaux espoirs en Europe et au-delà »[13]. Elle réunit une communauté de personnes de tous milieux, de toutes générations, de toutes professions. Elle présente aussi son action ainsi « afin de favoriser la naissance et la convergence de projets en faveur du bien commun, Citizens Campus agit en nouant de multiples partenariats au plan local, national et international »[14]. Pour « Vénères & Solidaires », le projet précisait l’utilisation de plateformes numériques pour développer des ateliers d’intelligence collective pour, in fine, engager des jeunes dans l’action citoyenne.
Incommunication et fracture socio-numérique
Pour mieux se saisir des concepts de communication, d’incommunication et d’acommunication, nous nous référons aux travaux de Dominique Wolton (2019) qui résume ainsi sa réflexion durant un entretien : “Penser la communication, c’est penser ces trois dimensions. La communication symbolise la volonté d’échange ; l’incommunication, la découverte de l’altérité avec l’obligation de négocier pour trouver un terrain d’entente. Si la négociation réussit, on cohabite. Si elle échoue, on glisse vers l’acommunication, l’échec, le silence, voire la guerre”. Un exemple d’incommunication sur notre terrain est ainsi emblématique. En effet, divers outils de visioconférence initialement issus du monde vidéoludique avaient été retenus dont Discord, mais un choix davantage grand public et conjoncturel (pendant la pandémie) a dû être fait et ce fut Zoom qui fut finalement utilisé. Cet ajustement des usages va dans le sens des résultats des travaux de Dominique Cardon (2019) pour qui, « la culture numérique doit être pensée comme un ensemble de pratiques et de savoirs qui permettent à chacun de s’approprier les outils numériques, en tenant compte des compétences et des habitudes des utilisateurs pour éviter les fractures numériques ». L’association a donc été confrontée à la difficulté de créer une culture numérique commune en résonance du choix de l’outil de discussion, Discord restant un chatroom de gammers quand Zoom reste un dispositif à connotation académique, il a alors été observé de trop nombreuses déperditions au moment des inscriptions. Zoom a donc “exclu” une partie du public cible. D’ailleurs, les médias sociaux sont un phénomène complexe à comprendre, tant en termes de fonctionnalités et d’usages que de leur évolution historique. Ces plateformes doivent être considérées avec la valeur heuristique de leur définition et la cohérence historique de leur regroupement ainsi que via la réalité des possibilités de participation qu’elles offrent (Coutant et Stenger, 2012).
De façon analogue, il a fallu opter pour une nouvelle messagerie, celle initialement sélectionnée était WhatsApp versus Snapchat. En effet, cette dernière est un réseau social davantage utilisé dans les quartiers prioritaires car il y a un contenu direct dynamique, au cœur des territoires et qui s’efface en 24h, l’information étant éphémère. Yann Bruna (2020) avait déjà soulevé que « l’adoption massive par les adolescents du réseau socionumérique Snapchat, construit autour de l’éphémérité des échanges, pourrait faire penser que les contenus et conversations amenés à disparaître garantiraient aux jeunes une plus grande liberté communicationnelle, en les affranchissant du caractère habituellement permanent de ce qu’ils choisissent de partager dans les espaces numériques ». En ce sens, les travaux de Joëlle Bordet (2024) soulignent également que « les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans les modes de socialisation et les relations entre pairs des jeunes des quartiers populaires, influençant leur perception d’eux-mêmes et leur rapport au monde ». Par ailleurs, l’association a aussi rencontré une difficulté avec le travail des traces audiovisuelles lors des captations d’interviews par manque de compétences techniques et artistiques en son sein, le résultat étant mitigé.
Incommunication et présence numérique
Le problème de l’animation de la communauté en distanciel a été soulevé par Citizen Campus, ce type d’animation étant compliquée car il est difficile de faire naître la parole. Les animateurs déclarent que « le distanciel demande davantage d’énergie que le présentiel, surtout dans un groupe qui ne se connaît pas ». Un constat qui rejoint celui de chercheurs travaillant sur la formation en ligne comme l’explique Marion Tellier (2020) : « Pour maintenir l’attention des apprenants dans une classe virtuelle, la dynamique de groupe est une composante essentielle. […] Un constat que beaucoup d’enseignants ont fait est la difficulté de maintenir l’attention des élèves lors d’un cours en visioconférence. Lorsque l’on est ‘à l’abri’ derrière son écran, il est plus facile de décrocher et de faire autre chose ». Que ce soit pour des ateliers d’intelligence collective ou des cours en ligne, les problèmes rencontrés sont identiques.
Par ailleurs, l’analyse des vidéos YouTube démontre des choix quant aux jeunes à qui l’on donne la parole, certains étant, de fait, occultés. Par exemple, au sein des cinq vidéos mentionnées précédemment, uniquement quatre ambassadeurs sont mis en avant et vont représenter la parole des jeunes marseillais : Nasser Bassens, Rayane (nom de famille non précisé), Bruna Nigro et Emma Soulier (cette dernière personne est présente au sein de trois vidéos sur cinq). Nasser est filmé 23 secondes sur la thématique écologique (vidéo Belge de 2,17 minutes), Rayane est entendu 20 secondes en français au sujet des fake news notamment (vidéo roumaine de 3.47 minutes), Bruna prend la parole 10 secondes et Emma 20 secondes, toutes deux en anglais et au sujet de la ruralité et les jeunes (vidéo polonaise de 3.07 minutes) et enfin, Emma intervient 36 secondes sur le levier de la démocratie participative (vidéo italienne de 4.02 minutes). Cette invisibilisation combinée à l’incommunication peut résulter de la non-représentation de certains groupes. Or l’incommunication « est un concept essentiel de la communication politique d’aujourd’hui, encore mal connu » (Wolton, 2024. : 7). La fracture est ici tant sociale que numérique, on sait que les classes populaires souffrent d’une « crise de représentation » et qu’elles sont devenues politiquement invisibles (Garnier, 2015). En parallèle, la fracture numérique se définit « comme la séparation entre ceux (les individus, les groupes sociaux, les régions, les pays…) qui utilisent les TIC (d’une manière efficace et créatrice) et ceux qui ne les utilisent pas, ou pas ainsi » (Rallet et Rochelandet, 2004) : dans une logique de mise en abîme, la fracture socio-numérique engendre une fracture politique et médiatique. Par ailleurs, malgré la montée en puissance des communications médiatiques, notre système démocratique n’est pas une « médiacratie ». Les centres névralgiques du pouvoir ne se situent ni à la radio, ni à la télévision, ni dans la presse, ni même sur les plateformes numériques. Le pouvoir se déploie plutôt au sein d’institutions où siègent les élus du peuple : conseils municipaux, conseils régionaux, assemblée générale… Dès lors, notre questionnement : en quoi un jeune citoyen sur les réseaux sociaux peut-il avoir une action qualifiée de « politique » reste prégnante d’autant plus que l’on sait avec David Douyère et Pascal Ricaud (2019) que YouTube “est aussi un espace désormais investi par l’expression politique et la communication des activistes” alors même que la frontière entre instrumentalisation politique et médiatisation du politique est ténue. De surcroît, les centres du pouvoir démocratique, souvent appelés « parlements », sont des lieux où l’argumentation discursive, la parole argumentée (Breton, 2008) y est à l’honneur mais tout ne s’y discute pas. Citizen Campus pouvait-il être un cadre propice à l’« argumentation » quand la sociologie des adolescents et des jeunes adultes mobilisés reste très variable ? Toutefois, donner la parole aux jeunes de quartiers défavorisés, c’est en même temps leur signifier l’autorité et la légitimité de le faire sur le modèle de l’expressivité tel que décrit par Lauren Allard et Olivier Blondeau (2007) : “La thématique de l’expressivisme voudrait, elle, dénouer la tension toute contemporaine, communément observable, entre quête d’autonomie individuelle et mobilisation collective, en rendant compte d’un agir politique en nom propre qui lui-même renouvelle de fait le registre des causes et des motifs en ouvrant le « pouvoir-dire » à tout un chacun, hors de tout monopole d’auctorialité patentée”.
Incommunication et engagement numérique
Le profil des jeunes engagés a été compliqué à cerner, l’association déclare des difficultés à engager les « jeunes » qu’elle peut qualifier d’« électrons libres ». Becker a d’ailleurs mis en garde les chercheurs sur le terme d’engagement qui semble sur ce terrain “contraint”. Quand il cite Foote pour le qualifier, on retient que celui-ci s’inscrit au sein de “trajectoires d’activité cohérentes” (Becker, 2006) mais les publics s’avèrent alors fortement identifiés. Pour Citizen Campus, il ne semble pas se dégager de profils typiques, lorsqu’ils s’engagent pour une cause, une idée, mais aussi au sein d’une structure. Selon l’étude IFOP pour la Fondation de France (2022) « L’engagement des jeunes a changé de forme. Ils comptent d’abord sur eux-mêmes. L’action individuelle prend le pas sur la mobilisation collective et structurée, même si celle-ci peut exister de manière ponctuelle comme avec des opérations de désobéissance civile ou d’actions coup de poing. Les jeunes s’engagent avant tout en tant que consommateurs, usagers ou citoyens ». Le collectif s’efface donc face à l’identité individuelle alors même que les personnes sont engagées dans un processus d’intelligence collective.
Certains leviers d’action envisagés pour mobiliser la cible se sont révélés être des rendez-vous manqués, par exemple, avec les entretiens filmés ou la réalisation de vidéos à la manière du média en ligne Brut, pour se présenter, exposer son idée et lancer un défi. Très peu de jeunes des quartiers ont accepté cette proposition parce qu’ils affirmaient ne pas vouloir être filmés et être présents sur les RSN. Ils contrôlent ainsi leur identité sur les RSN. L’identité de l’émetteur reste alors questionnée. En effet, la théorie de Fanny Georges (2009) sur les identités numériques se décline en trois dimensions : (1) une « identité déclarative » qui correspond aux informations que l’utilisateur renseigne sur son profil, telles que le nom, l’avatar, les activités, et les goûts ; (2) une « identité agissante », qui se rapporte aux activités de l’utilisateur sur les réseaux sociaux, comme les réactions, les interactions, les partages, et les publications ; (3) une « identité calculée », renvoyant à la manière dont les fonctionnalités et les algorithmes des plateformes déterminent l’audience et la visibilité des individus, par exemple, le nombre de vues et de partages. Ces dimensions montrent comment les dynamiques relationnelles sur les réseaux sociaux ne se limitent pas à la création du profil, mais incluent également l’activité effective des utilisateurs et l’exploitation des traces de ces activités par les plateformes. L’identité agissante, au cœur même de l’image des ambassadeurs que l’association Citizen Campus souhaite promouvoir, est cette même face de l’identité que les jeunes ne souhaitent pas exposer et développer dans le cadre d’actions qu’ils considèrent comme militantes et/ou politiques. « Pouvoir d’agir », « identité numérique », « communication médiatique », « participation citoyenne », sont autant de prismes déformants qui peuvent affecter les niveaux d’investissement des publics cibles de l’association.
Incommunication et traces numériques
Les jeunes s’auto-censurent, par crainte notamment du harcèlement numérique : il existe une appréhension notable quant à la possibilité d’être filmé, avec la crainte que ces enregistrements soient diffusés sur les réseaux sociaux. Cette diffusion pourrait associer leur action à une image militante, et, dans certains cas, conduire à un harcèlement numérique. En conséquence, avec ce public, les réseaux sociaux n’ont pas poussé à l’action et l’ont même freinée ce qui rejoint les conclusions d’autres travaux : « Les jeunes sont souvent réticents à s’exprimer en ligne par crainte du harcèlement, ce qui limite leur engagement et leur participation sur les plateformes numériques » (Stassin, 2019). Ce besoin de contrôle de leur image rentre en écho avec le fonctionnement même du « web affectif » (Jehel, Proulx, 2020) comme l’a d’ailleurs démontré Anne-Sophie Jehel (2018), « sur les RSN, les adolescents enquêtés ont des inquiétudes diffuses : ils craignent de faire voler leurs photos, qu’on ait accès à leurs messages, qu’on leur “ hacke ” leurs comptes et qu’ils leur échappent ».
Force est de constater que Citizens Campus a dû ajuster ses outils numériques pour éviter les fractures socio-numériques avec comme corollaire des fractures politiques et médiatiques, et ainsi mieux atteindre ses publics cibles. Même si l’animation en ligne est difficile et nécessite davantage d’énergie que le présentiel, elle permet d’autres formes d’expressions individuelles. Ces défis soulignent l’importance de stratégies adaptées et notamment de réfléchir au concept d’incommunication pour cerner les leviers de communication politique (“politique” est entendu au sens originel de vie dans la cité), pour ainsi encourager la participation des jeunes.
Analyse médiatique et sémiotique des vidéos YouTube
Dans cette section, nous présenterons notre analyse médiatique des vidéos YouTube en mettant d’abord en perspectives les résultats de chercheurs sur l’analyse des usages de YouTube puis en analysant la diffusion des vidéos dans le cadre du projet Y.Civic auquel des jeunes recrutés via le projet-partenaire Vénères et solidaires ont participé.
YouTube et la communication des informations scientifiques
YouTube, en tant que plateforme de partage de vidéos, a révolutionné la manière dont l’information est diffusée et consommée. D’une part, la plateforme joue un rôle important dans la diffusion de la communication scientifique, le dispositif Y.Civic ne dérogeant donc pas à la règle. En effet, selon D. Brossard et D. Scheufele (2013), « Internet est devenu une source populaire d’information sur la science », et YouTube, avec ses milliards de vues mensuelles, est au cœur de cette dynamique. La plateforme permet de toucher un large public et de rendre les contenus scientifiques et éducatifs accessibles à tous. YouTube est souvent utilisé pour la vulgarisation scientifique, permettant aux chercheurs de partager leurs découvertes avec un public non spécialisé (Welbourne & Grant, 2015). Y.Civic se présente alors tel un dispositif hybride proposant des possibilités de communication citoyenne, de communication scientifique, -les universités partenaires restantes les garantes méthodologiques-, et de communication engageante et/ou participative.
En ce sens, Shaikh et al. (2023) ont montré que les vidéos YouTube jouent un rôle vital dans la dissémination de la recherche et la médiatisation avec la science. Dès lors, la participation est un des aspects cruciaux valorisé par YouTube. Selon Velho et al. (2020), les vidéos scientifiques les plus populaires sont celles qui parviennent à engager le public à travers des thèmes interdisciplinaires et des formats interactifs. Les vidéos qui encouragent les commentaires, les likes et les partages tendent à avoir un plus grand impact, car elles favorisent une interaction bidirectionnelle entre les créateurs de contenu et les récepteurs. De plus, les algorithmes de recommandation de YouTube peuvent amplifier la portée des vidéos, en les suggérant à des utilisateurs ayant des intérêts similaires (Solsman, 2018). Mais plus encore, dès 2013, Henry Jenkins et al. discutent de la manière dont les plateformes comme YouTube permettent aux utilisateurs de participer activement à la création et à la diffusion de contenu, ce qui peut renforcer l’encapacitation. Ils expliquent que les plateformes de partage de vidéos comme YouTube offrent aux citoyens des outils puissants pour s’exprimer, partager leurs opinions et mobiliser des communautés autour de causes communes. Les vidéos Y.Civic déposées sur celle-ci endossent-elles ainsi un rôle miroir de l’expérience vécue des participants aux séminaires en présentiel, la diffusion médiatique étant en réalité très limitée (peu de vues)? Des opportunités offertes demeurent cependant des limites, YouTube présentant également des défis, notamment en ce qui concerne la désinformation, à l’instar de Joachim Allgaier (2019) qui identifie que YouTube est à la fois une plateforme pour la communication scientifique et un foyer de désinformation.
Méthodologie de l’analyse médiatique des vidéos YouTube
L’analyse médiatique des vidéos YouTube requiert une approche méthodologique rigoureuse, tenant compte des spécificités inhérentes à la plateforme ainsi que des dynamiques de réception des contenus. Comme le souligne Cecilia Lartigue (2020), « l’analyse médiatique des vidéos YouTube doit intégrer une typologie des stratégies discursives pour comprendre comment les créateurs de contenu attirent et engagent leur public ». Cette démarche implique un examen minutieux des éléments visuels, auditifs et textuels des vidéos, ainsi que des interactions des spectateurs, notamment à travers les commentaires et les partages. Il est essentiel de considérer ces dimensions pour saisir pleinement les mécanismes d’engagement et d’influence opérant sur YouTube. De plus, Laurent Arrighi (2024) souligne que « les commentaires en ligne de vidéos en ligne fournissent des données de choix pour l’étude des représentations ». En effet, les commentaires permettent de saisir les perceptions et les réactions des spectateurs, offrant ainsi un aperçu des dynamiques d’activités et de comportements et des processus de construction identitaire. Cette dimension technodiscursive, comme le note Paveau (2017), « fait du commentaire en ligne un genre technodiscursif nouveau », enrichissant l’analyse médiatique par des procédés sémiotiques variés.
Pour analyser les vidéos YouTube, il est également crucial de comprendre le rôle des algorithmes de la plateforme. Sophie Bishop (2018) explique que les algorithmes de YouTube promeuvent ou excluent une proportion importante des vidéos, définissant ainsi celles qui auront la plus grande visibilité. Cette dimension algorithmique influence donc la production et la diffusion des contenus. Enfin, l’analyse médiatique des vidéos YouTube doit être sensible au contexte socioculturel et aux enjeux éthiques. Comme le souligne François Dosse (1995), il s’agit de « produire une réduction de la situation à partir de ce qui fait sens pour les acteurs », tout en restant attentif aux contingences et aux singularités expérientielles, celles que le dispositif Y.Civic déploie. Cette approche contextuelle permet de mieux comprendre les motivations des créateurs de contenu et les attentes des récepteurs, enrichissant ainsi l’analyse médiatique.
Le dispositif Y.Civic utilise cette plateforme pour la communication citoyenne et scientifique car les vidéos YouTube jouent un rôle crucial dans la dissémination de la recherche et l’engagement du public, en favorisant l’interaction bidirectionnelle. Les algorithmes de recommandation amplifient la portée des vidéos, ce qui représente aussi des défis, notamment au sujet de la désinformation.
Continuité médiatique et sémiotique des Vidéos Y.Civic pour la participation citoyenne
Le projet Y.Civic, à travers ses séminaires transnationaux, offre une plateforme dynamique à destination des jeunes générations sur des thématiques variées. Cette analyse médiatique se penche sur les vidéos des séminaires organisés à Bruxelles, Palerme, Poznan, Marseille et Cluj-Napoca, en mettant en lumière les points communs et les différences dans leur traitement médias et en intégrant une analyse sémiotique des vidéos YouTube. Cette dernière s’inscrit dans la filiation des travaux de Jean-Jacques Boutaud (2013, p. 85) sur la “trinité”[15] de l’expérience sensible (esthésie, esthétique et éthique) et la figurabilité de l’image, ici l’image participative autour de trois grandes dimensions : l’image émotionnelle de la participation, l’image iconique de la participation, et l’image performative de la scène de participation.
Rhétorique de participation active des jeunes et approche collaborative
Dans toutes les vidéos, on observe une participation active des « jeunes », qui sont impliqués dans les discussions, les ateliers et les présentations, ce qui démontre une logique de continuité sémiotique. La participation est d’abord communicationnelle : communication verbale (prise de parole, participation aux débat) ou communication para-verbale (hochement de tête, sourires). Et cette participation est en substance politique, comme le souligne Robert Hart (1992): valoriser des jeunes dans des activités participatives est crucial pour leur développement civique et social, car cette participation active est pensée pour permettre aux jeunes de s’approprier les processus de décision et de développer leur autonomie.
Les vidéos mettent en avant également l’importance de la collaboration et de l’échange d’idées entre les participants de différents pays. Cette approche collaborative est essentielle pour développer une compréhension mutuelle et une cohésion sociale. En favorisant ces échanges, le projet Y.Civic contribue à renforcer les liens entre les jeunes de différentes cultures et à promouvoir une citoyenneté active et engagée. Lors du séminaire sur l’engagement citoyen à Marseille, les jeunes participants ont pu échanger avec des acteurs locaux engagés, participer à des ateliers d’intelligence collective et relever des défis citoyens. Par exemple, Marco, un jeune participant italien, a souligné l’apport d’ateliers intergénérationnels pour favoriser l’entraide et l’investissement personnel[16] : la rhétorique visuelle est performative, – montrant en gros plans et plans d’ensemble la cohésion des groupes intergénérationnels-, et elle s’allie à celle verbale pour faire sens commun.
En ce sens, l’utilisation de méthodologies participatives avec les ateliers d’intelligence collective et les discussions de groupe sont des méthodologies récurrentes dans les séminaires Y.Civic. Elles permettent aux jeunes de s’approprier les processus de décision (Chambers, 1994). En utilisant ces approches, le projet Y.Civic encourage une participation inclusive et démocratique, où chaque voix peut être entendue et valorisée. La communication est aussi celle pluri-linguistique : la langue de travail principale pendant les débats européens reste l’anglais car les présentations orales et Powerpoint sont en anglais. Toutefois, les prises de parole dans l’auditoire et les entretiens menés sont dans la langue d’origine des participants, des traducteurs étant présents pendant les manifestations. Dans les vidéos YouTube, une double communication linguistique est présente, orale dans la langue choisie par le participant et écrite, en sous-titres anglais, si le participant parle dans la langue d’origine du pays organisateur du débat et inversement.
Les formats et structures des ateliers varient selon les séminaires, reflétant les spécificités de chaque thématique. À Bruxelles, les ateliers interactifs et les témoignages personnels ont permis de développer des solutions locales pour le climat. À Palerme, les rencontres institutionnelles et les discussions de groupe ont abouti à des propositions pour améliorer les relations avec les institutions. À Poznan, les visites de terrain et les échanges d’expériences ont conduit à des projets de développement rural. À Marseille, les hackathons et défis collaboratifs ont permis de présenter des projets citoyens innovants. Enfin, à Cluj-Napoca, les ateliers de vérification des faits et les discussions sur les médias sociaux ont abouti à des propositions pour améliorer l’éducation aux médias.
Toutefois, l’analyse des prises de parole montre un aspect notable dans les vidéos : ce sont souvent les mêmes jeunes qui prennent la parole, ceux qui sont le plus à l’aise et maîtrisent bien la langue. Cette dynamique peut créer une surreprésentation des voix les plus confiantes, au détriment de celles qui sont moins assurées. Pour remédier à cette situation, il existe des techniques de facilitation inclusive, comme les tours de parole ou les groupes de discussion plus petits, et d’offrir des sessions de formation linguistique pour aider les jeunes à améliorer leurs compétences en communication. Cependant, on peut aisément imaginer que pour un rendu médiatique professionnel des vidéos, les échanges les plus fluides ont été retenus.
Les vidéos Y.Civic, une expérience immersive de la participation citoyenne
Cette analyse sémiologique se penche sur les vidéos des séminaires en utilisant les travaux de Jean-Jacques Boutaud. Nous explorerons la trilogie esthétique, esthésie et éthique (axiologie) pour comprendre les dimensions sensorielles, perceptives et éthiques de ces vidéos.
L’esthétique, selon Jean-Jacques Boutaud, concerne la dimension sensorielle et perceptive des signes. Dans ses travaux, Boutaud souligne que « la sémiotique doit prendre en compte la part sensible du sens ». Les vidéos Y.Civic utilisent des éléments visuels et auditifs pour capter l’attention des spectateurs et transmettre des messages complexes de manière accessible. Par exemple, les séminaires utilisent des images de paysages urbains et ruraux, des interactions entre les participants, et des extraits de discussions pour créer une expérience immersive. Cette approche multimodale enrichit la communication en ajoutant des couches de signification à travers les sens.
L’esthésie, ou la perception sensorielle, est un concept central dans les travaux de Boutaud. Il affirme que « la communication n’a pu se contenter de voir, dans la sémiotique, un outil de décryptage des signes et des codes, mais doit aussi intégrer la dimension sensorielle et symbolique » (ibid.). Les vidéos Y.Civic exploitent cette dimension en mettant en avant les expériences sensorielles des participants. Par exemple, les ateliers interactifs et les témoignages personnels permettent aux jeunes de partager leurs vécus de manière authentique et engageante. Cette approche favorise une connexion émotionnelle avec le public, rendant les messages plus percutants.
L’éthique, ou axiologie, concerne les valeurs et les normes véhiculées par les signes. Les vidéos Y.Civic mettent en avant des valeurs telles que la solidarité, la justice sociale et la protection de l’environnement. Par exemple, les séminaires abordent des thématiques comme le changement climatique, les relations avec la justice et la police, et la lutte contre les fake-news. En promouvant ces valeurs, les vidéos encouragent les jeunes à s’engager activement dans leurs communautés et à devenir des citoyens responsables.
In fine, la sémiopragmatique, selon Boutaud, explore les relations entre les signes et leurs contextes d’énonciation. Il note que « la sémiotique s’est nourrie des supports de communication et des problématiques sous-jacentes à leur utilisation pour tracer de nouvelles voies dites sémiopragmatiques » (ibid.). Les vidéos Y.Civic sont un exemple de cette approche, car elles intègrent des éléments contextuels spécifiques à chaque séminaire. Par exemple, les discussions sur le climat à Bruxelles sont contextualisées par des images de manifestations pour le climat, tandis que les ateliers sur la justice à Palerme incluent des rencontres avec des représentants de la police. Les vidéos Y.Civic utilisent des plateformes comme YouTube pour diffuser leurs contenus et toucher un public plus large. Cette utilisation des technologies numériques permet de renforcer l’impact des séminaires et de promouvoir une participation inclusive et démocratique.
Les vidéos du projet Y.Civic montrent une forte cohérence dans l’approche participative et collaborative, tout en abordant des thématiques variées et spécifiques à chaque séminaire. En utilisant la trilogie esthétique, esthésie et éthique, nous pouvons comprendre comment ces vidéos captent l’attention, engagent les sens et véhiculent des valeurs importantes. La sémiopragmatique nous permet d’analyser les relations entre les signes et leurs contextes, montrant comment les vidéos Y.Civic intègrent des éléments contextuels pour renforcer leur message.
Conclusion
Nos résultats conduisent à nous focaliser, de facto, sur les formes d’incommunication via les plateformes numériques et avec les réseaux socio-numériques. Les plateformes numériques s’appuient sur « la logique technique d’intermédiation [qui] se double d’une logique de capitalisation, c’est-à-dire de captation de valeur par le développement de la connectivité » (Guihon, 2018). La valeur ici n’est pas marchande mais symbolique (Boutaud, 1998), en développant simultanément une communauté d’appartenance et l’empowerment pour, in fine, engager des jeunes dans l’action citoyenne. Nous avons quatre axes d’analyse : Incommunication et fracture socio-numérique, Incommunication et présence numérique, Incommunication et engagement numérique et Incommunication et traces numériques. La valeur symbolique est bien celle véhiculée dans les vidéos déposées sur YouTube. Ces dernières montrent une forte cohérence dans l’approche participative et collaborative, tout en abordant des thématiques variées et spécifiques à chaque séminaire. Cette diversité permet de toucher un large éventail de préoccupations et d’intérêts chez les jeunes. Cependant, il est crucial de veiller à ce que toutes les voix soient entendues et représentées, en particulier celles des jeunes moins confiants ou moins à l’aise avec la langue, afin de garantir une participation véritablement inclusive et démocratique, comme d’autres travaux de chercheurs ont pu le démontrer avec notamment le risque de perte d’ancrage identitaire (Georges, 2013) face à la puissance narrative et projective dans ces univers qui sont bien réels (Tisseron, 2022).
Du point de vue de l’impact médiatique, les vidéos ont été peu vues (entre 181 et 324 fois), non relayées et non commentées. On peut en conclure que l’impact est davantage communicationnel en misant sur une représentation visuelle et éthique de la participation citoyenne à l’échelle du collectif et inclusive à l’image des ambassadeurs recrutés sur le terrain.
Par ailleurs, les résultats mettent également en évidence des dynamiques de participation citoyenne influencées par les spécificités du territoire méditerranéen. Marseille, en tant que métropole caractérisée par une grande diversité culturelle et sociale, présente un contexte unique où les fractures socio-numériques et les défis de communication sont particulièrement prononcés. Cependant, ces jeunes issus de quartiers populaires démontrent également une résilience et une capacité d’innovation notable quand ils sont captés dans le projet. Les ateliers d’intelligence collective et les débats organisés ont permis de révéler non seulement les difficultés rencontrées, mais aussi les opportunités offertes par les plateformes numériques pour renforcer la participation citoyenne. En prenant en compte les spécificités méditerranéennes, telles que la forte présence de communautés diverses et les enjeux socio-économiques locaux, l’association étant aussi financée dans le cadre de l’économie sociale et solidaire, le projet a pu développer des stratégies adaptées visant à encourager l’engagement des jeunes et à promouvoir une citoyenneté active et inclusive.
[1] https://ville-data.com/delinquance/classement-des-villes-les-plus-dangereuses-de-france (consulté le 2 mai 2024)
[2] Citizens Campus s’appuie sur 14 administrateurs et réunit une communauté de personnes de tous milieux, de toutes générations, de toutes professions autour du développement de la responsabilité citoyenne dans des milieux divers : entreprises, associations, syndicats, administrations publiques, collectifs et groupements informels. Quatre chargés de projets sont également les piliers de l’association avec lesquels la recherche a été menée.
[3] Après les attentats : « Le temps des commémorations doit laisser la place au temps de l’engagement » (lemonde.fr) (consulté le 2 mai 2024)
[4] CIVIS est l’Alliance Universitaire Civique d’Europe, formée par 11 établissements d’enseignement supérieur de recherche de premier plan à travers l’Europe : Aix-Marseille Université, Université nationale et capodistrienne d’Athènes, Université de Bucarest, Université libre de Bruxelles, Universidad Autónoma de Madrid, Sapienza Università di Roma, Université de Stockholm, Eberhard Karls Universität Tübingen, Université de Glasgow, Université Paris Lodron de Salzbourg et Université de Lausanne.
[5] Projet sélectionné dans le cadre de l’appel à projets des Open Labs CIVIS d’Aix-Marseille Université en mars 2021. Conçus comme des espaces ouverts et collaboratifs, l’objectif des Open Labs est de créer un espace où les Universités et les citoyens peuvent discuter des besoins et des défis locaux et participer à la co-création de projets à partir d’une approche intégrée. L’objectif est de développer des initiatives innovantes et inclusives ayant un impact positif sur les citoyens.
[6] Les chercheurs ont été sollicités pour leur expertise méthodologique. À ce titre, Audrey Bonjour a participé au pilotage du projet pour accompagner ses porteurs à partir de ses compétences en recherche action formation (avec un pluralisme méthodologique) et dans l’étude de situations d’éducation-communication. Anne Gagnebien a contribué à certaines réunions sur Zoom avec les animateurs et à la réflexion pour l’analyse des résultats et la poursuite des travaux engagés dans ce projet.
[7] L’empowerment articule deux dimensions, « celle du pouvoir, qui constitue la racine du mot, et celle du processus d’apprentissage pour y accéder. Il peut désigner autant un état qu’un processus […] à la fois individuels, collectifs et sociaux ou politiques […] impliquant une démarche d’autoréalisation et d’émancipation des individus, de reconnaissance de groupes ou de communautés et de transformation sociale » (Bacqué, Biewener, 2015, p. 6)
[8] Selon le baromètre DJEPVA sur la jeunesse Édition 2024, début 2024, 30 % des jeunes âgés de 15 à 30 ans déclarent donner de leur temps bénévolement, au moins une fois par mois au cours des 12 derniers mois. Au total, en mars-avril 2024, 4 505 jeunes âgés de 15 à 30 ans et 1 040 personnes âgées de 31 et plus, sélectionnés selon la méthode des quotas, ont été enquêtés en ligne dans l’Hexagone et par téléphone dans les territoires ultramarins. La taille relativement importante de l’échantillon permet ainsi d’approfondir les connaissances sur la jeunesse, peu étudiée dans les enquêtes statistiques, et de mettre au jour les inégalités inter et intra générationnelles. Voir en ligne https://injep.fr/chiffres-a-la-une/barometre-djepva-sur-la-jeunesse/ (consulté le 17/12/2024)
[9] Voir sur : Le Mentorat Etudiant à l’Afev, Définition et Présentation | Afev
[10] Voir sur : Bleu Blanc Zèbre : Agir ensemble sur tous les territoires
[11] Voir sur : Grandir – Citizens Campus
[12] CF. https://ycivic.eu/fr/videos-fr/. Sont disponibles sur ce lien 7 vidéos, du séminaire de lancement le 14/10/2021 au séminaire final le 14/10/2022 que l’on peut également consulter sur Youtube.
[13]Voir page acueil site web : https://citizenscampus.eu/ (consulté le 19/04/2025)
[14] Ibidem
[15] Jean-Jacques Boutaud a proposé une analyse sémiopragmatique en termes de “trinité du sensible” (Boutaud, 2007), c’est à dire, “esthésie- esthétique-éthique” développant ainsi une approche systémique du sensoriel, de l’affect et de l’axiologie.
[16] cf. Y.civic project – Séminaire transnational/Transnational seminar #4 – FR
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