La radio du Campus universitaire de Schoelcher en Martinique (1992-2019)* : Antenne ouverte et silence radio

Résumés

L’article propose de revenir sur la création et le développement de la radio de campus sur le pôle universitaire régional de Martinique, au sein de l’Université Antilles-Guyane. Le média se donne comme but de favoriser la communication d’une façon générale sur le site même du campus. Il vise également à favoriser une meilleure intégration du campus et de ses activités dans son environnement socioculturel et géographique. Il s’agit d’accroître la lisibilité d’une actualité du média, d’éclairer les enjeux posés et, d’ouvrir sur quelque perspective offerte au média.
This article looks at the creation and development of campus radio at the regional university centre in Martinique, within the Université Antilles-Guyane. The aim of the medium is to promote general communication on the campus itself. It also aims to promote better integration of the campus and its activities into its socio-cultural and geographical environment. The aim is to increase the readability of the media's news, to shed light on the issues at stake and to open up any perspective offered to the media.

Texte intégral
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Un rapport du Conseil de la Culture, de l’Education et de l’Environnement (CCEE) sur l’état de la communication audiovisuelle à la Martinique[1], rendu public en 1999, présente la radio du campus universitaire de Schoelcher (Université Antilles-Guyane) comme un média associatif principalement orienté vers le télé-enseignement. Par le contenu de ses programmes, la radio se destine à promouvoir l’éducation, la culture et l’information. Tenant compte de l’évolution du paysage radiophonique local, le rapport du CCEE ouvre le débat sur les radios associatives. Quelle fonction au sein du paysage radiophonique, et plus largement médiatique local ?  Quelle contribution effective au système social global ? Ce sont des interrogations que nous souhaitons réinvestir ici, pour cette station radio originale que représente, encore aujourd’hui, Campus FM en Martinique.

L’article se consacre dans un premier temps à une petite histoire critique de la radio du campus du pôle universitaire régional de Martinique. La perspective adoptée favorise la lisibilité du réel du média et, éclaire les enjeux posés par son développement au sein de l’établissement d’enseignement supérieur. Plus que la double finalité initiale de la radio (favoriser la communication sur le site du campus, au sein de la communauté universitaire, développer un espace d’expression propre aux étudiants / encourager une meilleure intégration du campus et de ses activités dans son environnement socioculturel et géographique), ce travail propose dans un deuxième temps, quelques perspectives de programmation (information, culture, arts) ouverts sur des champs d’activités complémentaires à ceux de l’Université (formation, coopération, communication).

Une genèse mouvementée

En 1992, le projet d’ouverture d’une radio sur le campus de Schoelcher à l’initiative de la Faculté des Lettres et Sciences humaines (LSH)[2] crée un certain émoi au sein de la communauté universitaire. L’équipe présidentielle en charge de la direction de l’établissement accorde, en effet, un grand intérêt aux activités d’information et de communication dans la mise en œuvre de sa politique universitaire[3] ; elle perçoit d’emblée la proposition de création de la radio comme une mise en cause directe de son autorité.

De son côté, le doyen de la Faculté jugée rebelle, avance au moins trois arguments qui motivent ce projet d’ouvrir une station radiophonique sur le campus[4].

D’abord, l’acquisition de matériel audiovisuel et d’une antenne parabolique par la Faculté LSH répond à la nécessité d’assurer un meilleur enseignement des langues d’une part, et de favoriser la mise en place d’une structure pédagogique dans le domaine de la communication. Dans les faits, la Faculté utilise déjà ce matériel. D’ailleurs, les enseignements de documentation, d’information et de communication (notamment audiovisuel) sont dispensés par d’autres services universitaires (bibliothèque, formation continue, formation initiale via d’autres départements non spécialistes). L’action de la composante dans ce domaine augmente les chances d’ouverture prochaine d’un Institut Universitaire Professionnalisé (IUP)[5].

Par ailleurs, toujours selon le doyen de la Faculté LSH, la radio représente un outil pertinent de développement de la vocation internationale des enseignements grâce à la possibilité qu’elle offre d’entrer en contact avec les territoires caribéens voisins. Elle se place dans la perspective, largement encouragée par ce responsable, d’initier un ensemble d’actions de coopération culturelle, éducative et scientifique en direction de la zone Caraïbe. Dès 1981, il est vrai, le Centre International de Recherches, d’Echanges et de Coopération avec la Caraïbe et l’Amérique latine (CIRECCA) remplit en grande partie cette mission. L’association assure des échanges scientifiques d’étudiants et d’enseignants entre l’Université des Antilles-Guyane (UAG) et les établissements d’enseignement supérieur des pays voisins ; elle développe également l’animation scientifique en organisant des stages de perfectionnement pour des enseignants de français officiant dans des établissements étrangers[6].

Enfin, le matériel audiovisuel acquis est présenté comme devant servir à renforcer l’activité de télé-enseignement. L’expérience de l’Université dans ce domaine donne force à l’argumentation du doyen de la Faculté LSH. La diffusion d’enseignements sur les ondes est effective en Guadeloupe et en Martinique depuis la rentrée universitaire 1986-1987. Cependant, dès la rentrée suivante, les cours de licence d’histoire, par exemple, retransmis en Guadeloupe par la radio du service public sont interrompus et doivent compter sur le concours d’un opérateur local privé. Toute démarche d’enseignement radiodiffusé demeure ainsi soumise aux exigences des réseaux de diffusion publics ou privés. La marge de manœuvre de l’UAG est donc réduite en matière d’enseignement à distance, si on considère le souci de la poursuite de l’action pédagogique, voire celle de son développement[7].

Initialement, la proposition de créer une radio sur le campus universitaire de Schoelcher entre dans un projet d’animation culturelle soumis à la Faculté par des associations étudiantes. Une radio apparaît à ces dernières comme un support central par ses dimensions de diffusion musicale, d’information pratique et d’actualité, de culture générale également. Ces associations réunies dans un collectif[8] se donnent pour objectif déclaré de traiter les difficultés rencontrées par les étudiants pour s’informer sur leur établissement et ses activités. À leurs yeux, la communication sur la vie universitaire et les études peut favoriser une amélioration des rapports tendus avec l’administration[9]. Mais l’initiative cherche aussi, sans aucun doute, à accroître la crédibilité des étudiants comme partenaire, ainsi qu’à renforcer l’efficacité de leur action collective.

En installant une radio sur le campus de Schoelcher, la composante pédagogique qui l’accueille prend en compte un désir de reconnaissance exprimé par les étudiants afin qu’ils soient perçus comme de vrais acteurs de la vie de l’établissement. La station rend effective l’implication des étudiants dans la vie du campus, voire dans les activités de l’Université. Leur participation à l’animation d’une radio répond à une demande d’intégration à la vie de l’établissement en général, et à une demande de démocratisation des débats universitaires en particulier[10].

Grâce à cette réalisation, le doyen de la Faculté LSH est en passe d’obtenir une relative paix sociale étudiante encourageant une gestion plus sereine de la composante. En même temps qu’il rend possible la réalisation du projet, il fait converger l’intérêt de développement de sa Faculté avec la réponse à une demande des étudiants. Les objectifs fixés à la radio représentent pour beaucoup des orientations de développement universitaire.

Dans le projet présenté aux instances dirigeantes de l’Université, c’est une association régie par la loi de 1901 qui est pressentie pour faire fonctionner la radio. Le média développe sa vocation de communication aux plans interne et externe. Son objet principal est « […] d’une part de promouvoir la communication la plus efficace au sein du Campus Universitaire de Schoelcher et d’autre part de contribuer à gérer l’interface médiatique entre la composante martiniquaise de l’Université des Antilles et de la Guyane et son environnement socioculturel et géographique (tant régional qu’international) […] »[11].

Il est vrai qu’au sortir des négociations entre étudiants et responsables de la Faculté, une composition plurielle de l’association semble capable de dépassionner les rapports au quotidien. De toute évidence, tous les acteurs du projet en sont convaincus. De notre point de vue, la véritable originalité de cette nouvelle association ne se trouve pas simplement dans sa composition. D’autres tentatives de réunir la communauté universitaire se sont heurtées justement à la difficulté de mobiliser à la fois étudiants, enseignants, personnels non-enseignants autour d’activités sportives notamment, et en dehors du temps de travail. Ce qui nous apparaît comme un fait nouveau ici, c’est plutôt le rapprochement des acteurs de la vie universitaire au travers d’une pratique associative autour des activités même de l’Université.

Une brève tirée du Bulletin d’Information de l’Université des Antilles et de la Guyane[12] présente l’association Campus Communication chargée du média comme « [u]ne initiative sympathique sur le campus de Schoelcher […] » à l’instigation de la Faculté LSH. Elle ajoute « […] l’Association a pour objectif de rassembler toute la communauté en développant la communication nécessaire dans la société d’aujourd’hui […] ». Son journal Challenge Magazine, sa radio Campus FM, et son club vidéo constituent les outils d’une « communication plus efficace ». Après moins de six mois d’existence, l’association compte un certain nombre d’actions notables à son crédit comme par exemple, l’animation de la journée d’accueil des étudiants, ou encore la transformation du campus en centre de promesse de dons pour le Téléthon[13].

L’association Campus Communication bénéficie de subventions dans ce cadre, dont celle de l’Université (environ 10. 000 euros annuel), et qui finance également les charges de téléphone et d’électricité (à hauteur de 5.000 euros annuel) de l’association. Campus Communication apparaît comme un lieu moins formel que les instances délibératives réglementaires, dans lesquelles peuvent se dérouler des échanges plus informels au sein de la communauté universitaire. Les étudiants, les personnels enseignants, chercheurs et non enseignants disposent là, d’un espace supplémentaire pour communiquer sur leur action. La demande d’information des étudiants n’est-elle pas au fond une demande de communication ?

Un consensus se dégage donc en faveur de la radio à partir des échanges entre représentants des composantes et autres services de l’Université présents sur le campus. En dépit des circonstances particulières ayant conduit la Faculté à mettre en place la radio, les instances dirigeantes de l’établissement n’interrompent pas l’expérience. Il devient urgent dès lors, de déterminer clairement les responsabilités devant les autorités publiques régissant les affaires audiovisuelles.

Campus FM, 96.7 : The cool station ?[14]

L’évolution de l’association Campus Communication peut se décliner dans un premier temps, en deux périodes durant lesquelles sa radio, occupe une place centrale. À l’émergence publique remarquée de Campus FM (1992-1994), succède une rationalisation de son fonctionnement (1994-1998) qui conduit à une interruption des programmes durant plusieurs mois, avant l’espoir d’un redémarrage et un retour à l’antenne.

La radio prédomine dans l’émergence des activités de l’association (1992-1994)

Dans un premier temps, les trois départements d’activités de Campus Communication (presse, radio, vidéo) sont réunis dans un même espace. Il s’agit d’un local situé à l’étage du bâtiment principal de la Faculté LSH. En dépit des avantages que procure ce regroupement en un seul lieu, l’exiguïté du local ne permet pas que les activités atteignent leur pleine mesure. Toutefois durant cette première période, l’enthousiasme des étudiants conduit la radio à prendre le dessus dans l’émergence des activités. Campus FM acquiert très rapidement une visibilité sur le campus universitaire, voire au-delà[15].

Comme toute radio qui émet en modulation de fréquence (FM), Campus FM doit se soumettre à la réglementation de l’autorité de régulation de l’audiovisuel pour la radio et la télévision[16]. Radio associative de catégorie A[17], ses premières émissions débutent officiellement le 19 janvier 1994 sur les 96.7 Mhz en FM et la diffusion de ses émissions est assurée par Télé Diffusion de France (TDF).

Une originalité première de Campus FM se manifeste à travers la diversité de son équipe d’animation composée à la fois d’étudiants, d’enseignants et de personnels non-enseignants. La radio émet en continu, et sa grille de programmes couvre un créneau qui va de 8h00 à 20h00 du lundi au vendredi, de 8h00 à 12h00 le samedi. Les enseignements radiodiffusés couvrent 20% de la grille des programmes sur un créneau horaire quotidien de deux heures en début de matinée (8h00-10h00). Les animateurs d’émissions en direct, tous bénévoles se partagent le reste de la grille des programmes et présentent des émissions d’information et de divertissement essentiellement dirigées vers les publics jeunes adultes. Ils sont vingt-six bénévoles aux débuts de la radio, si l’on en croit l’article du quotidien régional déjà cité[18].

La mutualisation pertinente des équipements et des réseaux électroniques du campus, intégrant la numérisation de la radio, pourrait encourager une complémentarité progressive des services universitaires. Cependant, le renforcement du média et de son action passe nécessairement par les instances en charge de la politique universitaire. Or, l’Université en tant qu’établissement public ne peut gérer directement une association de loi de 1901. Ce sont en effet, les statuts de l’association et les conventions entre cette dernière et l’Université qui définissent les rapports entre les deux entités. Dès lors, les contraintes de développement du média sont-elles techniques, financières ou politiques ?

Autonomie spatiale, tentative de professionnalisation et arrêt des émissions (1994-1998)

Le succès radiophonique et le développement des activités de Campus FM lui permettent de prétendre à une autonomie spatiale par rapport aux autres activités de l’association. La station quitte le local partagé à l’étage du bâtiment principal de la Faculté LSH pour en intégrer un autre au rez-de-chaussée du même bâtiment.

D’un autre côté, à la demande de la présidente de l’association, une personne en charge du management de la radio est embauchée. La complexité organisationnelle du média, de même que sa gestion exigent, certes, une telle mesure. Mais on ne peut écarter l’idée que des rapports de force croissants parmi les étudiants eux-mêmes ont aussi encouragé une telle initiative. Rapidement, ce changement dans l’organigramme fédère la critique étudiante autour du manque de souplesse du nouveau responsable. Les conflits de plus en plus fréquents entre les étudiants et le manager de la radio gênent considérablement le fonctionnement du média. Cette situation intervient à un moment où la Faculté doit se prononcer sur ses propres orientations de développement. En quête d’un local pour y installer son service informatique, la composante pédagogique accorde à l’association un court délai afin de libérer les lieux. Dans le même temps, le responsable de la radio prend congé.

Le transfert imposé de la station dans de nouveaux locaux implique que des travaux d’aménagement intérieur soient entrepris. La restauration des locaux, entièrement prise en charge par l’association doit permettre l’accueil de ses deux autres départements. Les activités de vidéo et de presse cèdent le local qu’elles occupaient au CIRECCA (structure que nous avons déjà évoquée), et rejoignent la radio dans des locaux mis à disposition de l’association par la bibliothèque universitaire. C’est dans un contexte général de fortes turbulences organisationnelles, que Campus FM est conduit à cesser ses émissions. Concrètement, entre septembre 1997 et mars 1998, on assiste à l’arrêt total de toute diffusion de la radio.

Radio de campus ou radio universitaire : la nécessaire réorganisation (1998-2002)

Un redémarrage de la radio s’opère à partir de la (re)définition de son rôle fondée sur les missions de l’Université, avec de forts partenariats avec d’autres médias, associations, organismes publics et entreprises privées. La reprise des émissions de Campus FM en mars 1998, tient en effet à la reformulation du rôle et du fonctionnement de la radio autour de trois axes majeurs : le renforcement du télé-enseignement ; le développement de formations au média radio ; un fonctionnement en réseau dans un maillage associatif.

Le renforcement de l’activité de télé-enseignement

Dès son ouverture, une des priorités de la radio est de permettre la diffusion de cours enregistrés par des enseignants volontaires dans le cadre d’un service commun universitaire de télé-enseignement. Ce dernier, autrement dénommé Enseignement organisé à distance (EOAD) est directement rattaché à la présidence de l’Université.

Rappelons que le télé-enseignement occupe 20% de la grille des programmes, et qu’il se concentre exclusivement en début de matinée du lundi au vendredi. A priori, rien n’empêche que cette part d’antenne soit multipliée par deux (rediffusion), répartie de manière équilibrée sur la grille des programmes. Peu après cette période de redémarrage, la proposition du nouveau directeur d’antenne de rediffuser ces cours vise à marquer l’engagement des enseignants et à légitimer cette démarche de diffusion du savoir dans l’institution universitaire. Nombreux sont les enseignants-chercheurs qui ne sont pas convaincus de la reconnaissance de ce travail dans leurs missions d’enseignement et de recherche.

Plusieurs projets d’équipement mis en œuvre par l’Université en matière de technologie de l’information et de la communication (TIC) sont de nature à favoriser la numérisation de la radio. L’hypothèse d’une mutualisation des moyens à l’échelle du campus universitaire peut même laisser espérer l’émergence d’une radio qui remplit sa fonction d’enseignement à distance, et tient compte de la complémentarité des autres services universitaires utilisant Internet. Une telle option doit cependant prévoir les inévitables contraintes d’ordres techniques, organisationnelles, voire humaines, avant de réaliser le renforcement du rôle de la radio et de son intégration institutionnelle même. Sur ce point, une réponse adaptée passe nécessairement par les « instances polaires » (représentation des instances centrales de l’établissement sur place) chargées de proposer et de suivre la politique de développement universitaire localement.

Finalement, bien qu’une radio étudiante ne nécessite pas la participation des enseignants-chercheurs pour s’assurer son autonomie et sa pérennité, comment répondre au manque d’implication de ces derniers dans les activités de la radio au titre de leurs missions traditionnelles ?

 

 

La mise en place d’une formation à l’analyse et à la pratique du média radiophonique

Conçue comme outil d’apprentissage, Campus FM sert de support à la formation des étudiants à la communication. Les unités d’enseignement capitalisable (UEC) optionnelles communication radiophonique (renommé plus tard initiation aux médias) créées à la rentrée universitaire 1998-1999, sont placées sous la responsabilité pédagogique du directeur d’antenne bénévole, également enseignant-chercheur vacataire dans un département pluridisciplinaire de la Faculté LSH[19]. Ces modules destinés aux étudiants de premier cycle de la composante se répartissent sur l’année universitaire, ils initient les étudiants à la culture des médias, à la programmation, à l’élaboration de programmes, et aux techniques d’animation. Dans ce cadre, les étudiants sont confrontés aux réalités techniques et professionnelles d’une station radio. Durant leur année de formation, ils animent sur les ondes de la radio du campus des émissions conçues par eux, ils effectuent des passages antenne sur la première radio locale privée du territoire, et suivent un stage d’application en milieu professionnel des connaissances reçues en formation. Dans le même ordre d’idées, des modules d’enseignement similaires en didactique et apprentissage précoce de l’anglais offerts aux étudiants les encouragent à l’animation d’une émission hebdomadaire (le mercredi de 10h00 à 11h00) d’initiation à l’anglais avec la participation du jeune public des écoles primaires de Schoelcher. Nous y revenons plus loin.

Rappelons que dans sa configuration initiale, 70% de la grille des programmes sont réservés aux étudiants qui s’initient aux médias et proposent diverses émissions en direction des publics de jeunes-adultes. S’il faut saluer l’initiative, dans les faits, l’ouverture sur le monde professionnel est limitée par manque de moyens, notamment d’encadrement pédagogique et technique. L’extension du dispositif de préprofessionnalisation aux activités de presse écrite et de vidéo peut raisonnablement être envisagé, dans la mesure où les moyens actuels et futurs d’où qu’ils viennent, servent la dynamisation d’un pôle universitaire ouvert à la formation et à la recherche dans le domaine de la communication. Cette offre peut répondre à la demande sociale de formation sur place avec le développement d’une filière d’enseignement en accord avec les professionnels locaux. Les activités de communication occupent une place de plus en plus importante sur le plan économique et social, et donc en matière d’emploi.

Du point de vue de la formation, les perspectives dans le domaine apparaissent multiples. Pourtant, l’Institut Universitaire Professionnalisé (IUP) prévu parallèlement à la (ré)installation de la radio n’aboutit pas, une dernière tentative avorte en 2000. L’ouverture d’une Licence Professionnelle « Activités et techniques de communication » en 2002, peut certainement servir de base à ce pôle de formation et de recherche, visant à former à l’UAG, et singulièrement en Martinique, des étudiants aux métiers de la communication en formation initiale, mais aussi à permettre aux salariés qui le souhaitent, de faire valider leurs compétences par un titre universitaire (après formation). Loin s’en faut, la création d’autres formations dans le domaine mais en dehors de l’établissement cette fois-ci, posent avec acuité la question de la création d’une filière universitaire plus complète dans les activités d’information et de communication.

Un fonctionnement en réseau dans un maillage associatif

D’une façon générale, les étudiants, membres de l’association Campus communication, sont encouragés à animer des émissions à titre bénévole. La dynamique participative enclenchée par l’association, et notamment, par le fonctionnement de sa radio, concerne une frange étudiante en progression sur le campus universitaire. L’action de ces bénévoles engagés dans le projet radiophonique, est encadrée par de jeunes permanents de l’association[20]. Elle ouvre la radio aux « […] collaborations et aux partenariats les plus larges tant au sein de l’Université que dans l’environnement de cette dernière, [à] toute action ou interaction culturelle […] relevant des moyens de communication modernes »[21].

De plus avec la reprise de ses émissions, Campus FM s’inscrit résolument dans une perspective de développement en réseau. Cette orientation qui a pris corps au plan local, se dessine progressivement au plan national comme en ce qui concerne la région Caraïbe-Amérique du Nord-Amérique Latine.

Campus FM participe à la promotion d’un circuit de radios en milieu scolaire (REMS) au sein d’un regroupement associatif. Dénommée Antenne Laïque Martinique (ALMAR), le regroupement est membre de la Fédération des Œuvres Laïques (FOL). Il compte une trentaine de radios, et réunit à la fois les écoles membres de l’Association Nationale des Radios en Milieu Scolaire (ANAREMS), ainsi que certaines radios locales privées (RLP). L’ALMAR rassemble une vingtaine de radios environ qui servent de lieux de stage aux étudiants du module Communication radiophonique. Ce regroupement se donne pour objet : « 1) de promouvoir le média audiovisuel en général à l’école ; 2) de mettre le média au service des écoliers, collégiens, lycéens, étudiants et enseignants, comme outil pédagogique permanent pour l’acquisition, la construction et la diffusion des compétences et savoirs ; 3) de favoriser des contextes d’apprentissage actifs et réels ; 4) de renforcer la communication et les échanges entre les établissements scolaires ; 5) d’éduquer au développement et à la coopération à la responsabilité et à la citoyenneté en accord avec les instructions officielles de l’Education Nationale ; 6) de renforcer et de valoriser l’action des radios locales privées dans le cadre scolaire et périscolaire[22] ».

Comme les autres radios adhérentes de l’ALMAR, Campus FM met à la disposition des écoles une partie de ses moyens dans un réseau associatif hors temps scolaire. En contrepartie, elle peut bénéficier du soutien d’animateurs média-éducation qui constituent une ressource pour la réalisation des émissions de REMS et dans toutes les tâches relatives à l’utilisation des médias. En accord avec l’édilité de la ville de Schoelcher et les autorités académiques, l’implication de la radio du campus en ce sens, se manifeste par la production d’une émission d’initiation à l’anglais destinée au jeune public des écoles primaires. Avec une fréquence hebdomadaire, l’émission Let’s go animée par des moniteurs étudiants anglicistes et anglophones[23], assistés de deux permanents de Campus Communication (dispositif national emplois-jeunes), est réalisée avec la participation active d’enfants âgés de six à dix ans.

Plus tard, les responsables de Campus Communication prennent aussi le parti de mettre leur média en rapport avec d’autres radios de campus installés dans certaines villes universitaires de l’hexagone. C’est ainsi que s’opère le rapprochement avec la fédération des radios de campus, IASTAR-France qui réunit une quinzaine de radios, et aide à la création et au développement de nouvelles radios de campus sur le territoire français. IASTAR-France participe à l’action plus générale du Conseil National des Radios Associatives dont la finalité est de défendre les intérêts des radios associatives auprès des instances de l’État. Cette fédération appartient elle-même à une confédération des radios de campus en Europe. La démarche de l’association support de Campus FM cherche à positionner le média dans un réseau national, voire européen qui lui offre les opportunités nécessaires au développement de son projet.

Enfin, notons que des contacts sont également pris avec des radios installées dans des pays de la zone (Montréal au Canada, Earlham _ Indiana aux États-Unis, Roseau à la Dominique). Un horizon raisonnable aurait sans doute été de formaliser ces relations en s’appuyant sur les dispositifs de relations inter-universitaires qui existent à l’UAG. Des conventions signées et des programmes d’échanges actés pourraient permettre que la radio du campus de Schoelcher participe pleinement aux missions que se donne l’Université dans ce cadre.

Durant cette période, l’association qui réunit les acteurs de la vie étudiante et universitaire, compte alors 110 adhérents, 6 salariés et fonctionne avec plus de 40 bénévoles[24]. Bien que Campus communication participe du désir de promouvoir l’éducation, la culture, l’information, l’ouverture à l’Autre, permanents et bénévoles quittent progressivement l’association, peu encouragés à la prise de responsabilité associative et sans perspective professionnelle évidente.

Brutale fin des émissions sur les 96.7 Mhz

À la rentrée universitaire 2002-2003, les locaux de Campus FM sont victimes d’un cambriolage causant la perte de la totalité du matériel technique de la station. Le préjudice s’élève à 12 000 euros environ, et conduit la radio à cesser d’émettre. Si la perte est lourde pour l’association, elle l’est également pour les auditeurs, publics jeunes et urbains du média qui s’étaient habitués à sa liberté de ton, son accessibilité et son ouverture culturelle qui les attiraient. Dans un article du quotidien régional, on peut lire : « Avec un ton parfois impertinent et un souci de coller aux désirs de ses auditeurs, Campus FM poursuivait son évolution tout en maintenant son exigence en matière de formation et d’éducation voire d’élévation de ses auditeurs[25] ».

C’est ainsi qu’une trentaine d’étudiants à former en initiation à l’animation radiophonique et à l’écriture de presse, cinq salariés (dédiés à la radio en l’absence des autres activités) et plus d’une vingtaine de bénévoles, se retrouvent privés de support technique de formation, d’information et de divertissement. Plus largement, c’est l’espace de liberté d’expression construit par les étudiants et pour eux sur les ondes qui est mis à mal. Les étudiants désormais sans voix, la question de la pérennité du média est clairement posée pour les acteurs et responsables de l’association comme pour ceux de l’Université.

À la rentrée universitaire suivante, devant une situation inchangée et sans perspective annoncée de redémarrage, le directeur d’antenne se fend d’une tribune dans le quotidien régional. Il y déplore cette fin imposée des émissions, mais pointe aussi du doigt une certaine inertie des instances en charge de la radio du campus [26]. En réaction, la présidente de l’association lui adresse un courrier qu’elle partage avec les membres de son conseil d’administration, et dans lequel on lit : « La décision de suspendre la diffusion des émissions de Campus FM a été prise par le bureau de l’Association, à un moment où celui-ci l’a jugé nécessaire et conforme à la politique qu’il souhaite mettre en œuvre, avec l’aide de personnes qui ont accepté de s’investir […][27] ».

En dépit de ces déclarations d’intentions, les diverses tentatives pour relancer la radio à partir de 2012 sur les 105.5 Mhz, notamment avec l’appui des ressources numériques et de l’Internet donnent peu de résultats probants, malgré les mises en demeure successives du CSA sommant la radio d’émettre[28].

Pour une radio universitaire

La mise en place d’une radio associative sur le campus universitaire de Schoelcher (1992) répond initialement, à une double finalité. Le média se donne comme but de favoriser la communication d’une façon générale sur le site même du campus, donc les échanges au sein de la communauté universitaire, et notamment développer un espace d’expression propre aux étudiants ; il vise également à favoriser une meilleure intégration du campus et de ses activités dans son environnement socioculturel et géographique.

Des velléités de reprise d’activités de Campus FM semblent être encore envisagées aujourd’hui par certaines instances de l’Université.  Pour atteindre concrètement ses objectifs, Campus FM pourrait axer sa programmation dans trois directions : l’information, la culture et les arts. Ces orientations de programmes ouvrent sur des champs d’activités complémentaires au plan de l’Université : la formation, la coopération et la communication.

Les programmes d’information qui concernent essentiellement la vie étudiante et universitaire seraient amenés à se développer. Ils privilégieraient la diffusion de cours, colloques et conférences, celle de renseignements pratiques (études, transports, restauration, hébergement, etc.), enfin celle des actualités locale, régionale, nationale et internationale. Les thèmes d’information ainsi abordés pourraient dynamiser une vie associative sur le campus et favoriser pourquoi pas, une expression de/pour les étudiants.

Les programmes culturels diffusés pourraient être de nature à améliorer la connaissance de soi (nous) comme celle de l’Autre (eux), celle de cultures étrangères grâce à la présence des étudiants venus d’ailleurs. Ils renforceraient la médiation entre auditeurs et acteurs médiatisés, en usant de relations avec d’autres partenaires institutionnels, en développant les contacts entre publics différents, enfin, en soutenant l’activité culturelle en général.

Les programmes artistiques (notamment musicaux) seraient construits quasi exclusivement autours des musiques dites actuelles. Ces musiques représentent en effet, un élément fédérateur de la masse estudiantine, et au-delà. Le développement d’activités autour de ces musiques pourrait inciter à une plus grande implication des étudiants en interne (l’encouragement à la création artistique, par exemple). De même, les effets en externe d’une action de communication dans ce sens pourraient être démultipliés (intégration du campus dans la cité). Notons que la dimension pédagogique se trouve au cœur du dispositif général proposé.

Dans tous les cas de figure, une programmation telle que nous la décrivons pourrait servir à former des professionnels dans le secteur des médias et de la communication en complémentarité avec des filières de formation (application pratique, stages ; action technique évaluée dans le cadre d’une filière, journalisme, animation et autres techniques, programmation, administration, etc).  Les programmations antérieures avaient d’ailleurs, initié ce mouvement de manière informelle jusqu’ici en permettant à d’anciens étudiants d’officier dans des médias locaux majeurs. La dimension pédagogique devrait pouvoir aider plus largement à former aux usages des supports de communication. Ce dernier aspect nous apparaît primordial dans une société où les médias sont généralement présentés comme des vecteurs de démocratie. Dans cette perspective de réouverture du média, il apparaît pertinent de réfléchir aux transformations en lien avec leurs effets concrets.

De même, la question de la proximité est bien présente dans le projet de Campus FM. Nous l’avons dit, la radio est également conçue pour dynamiser des associations satellites, un relai efficace des grands services publics, un intermédiaire privilégié des principaux acteurs culturels locaux. Elle se voudrait ainsi proche de ceux qui l’écoutent car le rôle des auditeurs est déterminant pour que le média remplisse sa fonction.

Cependant, pour que Campus FM joue pleinement son rôle, la radio devrait compter de multiples acteurs certes, mais clairement impliqués dans son projet, qui lui-même s’intègrerait pleinement dans la politique de développement universitaire. À ce stade, comment la réouverture envisagée du média pourrait-elle s’inscrire dans l’ère de la post radio qu’évoque Jean-Jacques Cheval (2009), à savoir la reconfiguration (notamment numérique) des objets et formes d’expression radiophoniques. Dans ce contexte de radiophonie en mutation, la recherche se penche très justement sur les rapports entre la radio et le podcast aujourd’hui (Deleu, Glevarec, 2024).

Parmi les acteurs de la radio, les personnels enseignants devraient nécessairement intervenir, qu’ils soient détachés dans le cadre de leur service d’enseignement ou bénévoles de l’association. Il existe un lien fort entre le média et les activités d’enseignement et de recherche en matière de production et de transmission/diffusion du savoir. Ce lien est en mesure de se manifester au-delà de l’activité de télé-enseignement. Les bénévoles, notamment étudiants pour peu qu’ils soient engagés dans la prise de responsabilité associative pourraient mieux être préparés à leur vie sociale et professionnelle future. La valorisation d’un parcours associatif semble encore une compétence à faire valoir pour une insertion professionnelle. La question des débouchés reste vraie pour des étudiants qui ont choisi de se former à la communication, comme pour des jeunes permanents associatifs soucieux de concilier leur projet professionnel avec un projet média clair. Le projet radiophonique en question pourrait être celui d’une radio locale privée associative à vocation de formation et d’action autour de la vie universitaire et étudiante.

Si l’engagement associatif autour d’un projet de communication a pu servir la liberté de l’expression radiophonique (le FSER en est l’illustration), il pourrait sans aucun doute servir à créer et à innover dans les champs de la culture et du lien social, en s’appropriant les moyens d’expression. Ainsi, de la liberté d’expression à la communication sociale de proximité, la radio associative apparaît tel un média créatif. Sa fonction au sein du système radiophonique serait d’amener l’enfant, l’adolescent ou l’adulte à développer des usages sociaux critiques des outils de communication, notamment des médias quels qu’ils soient. Au final, la contribution effective de la radio associative au système social global, est certainement celle de contribuer à la formation du citoyen d’aujourd’hui comme à celui de demain. Ces thèmes étaient déjà largement discutés au 8ème Congrès du Conseil National des Radios Associatives qui s’est tenu à Grenoble en avril 2001 !

Que reste-t-il de la radio du campus de Schoelcher ?

S’il faut faire un bilan de l’initiative originale de création d’une radio de campus à la Martinique, convenons que la démarche observée s’est trop éloignée à la fois des principes de fonctionnement d’une radio en général, mais aussi des dimensions liées justement à son projet même. En effet, comme nombre de radios associatives sur le territoire aujourd’hui encore, Campus FM a évolué à la fois dans un contexte contraint structurellement bien qu’ouvert en termes d’opportunités d’évolution. À ce titre, notons de manière générale, la baisse progressive mais continue du nombre de bénévoles, le vieillissement de ces derniers, la fragilité économique des dispositifs associatifs, la diversité des appropriations et usages sociaux des auditeurs, les exigences nouvelles liées aux plateformes numériques et à la production de contenus délinéarisée.

Nombreux demeurent aussi les chantiers à explorer : informer autrement sur la vie étudiante et universitaire ou encore, sur l’actualité ; approcher l’Autre à travers les étudiants venus d’ailleurs présents à l’Université ; considérer les cultures jeunes pour rapprocher les préoccupations des étudiants sur le site et celles de l’Université dans la cité ; former aux usages sociaux des outils de communication dans un monde hypermédiatisé ; relayer les services publics et les acteurs culturels en rapport avec les étudiants.

Finalement, trop souvent se fait jour un décalage entre le projet associatif, les discours identitaires et les pratiques de production/diffusion qui limite le positionnement et la capacité à toucher le public cible, voire à élargir les publics. Campus FM, le médias créatif et citoyen, soucieux de la liberté d’expression, novateur dans les champs de l’interculturel et du lien social reste encore à faire.

*Je tiens à remercier ici, mon collègue, Bernard Idelson (Université de la Réunion) pour sa relecture amicale de ce travail, ainsi que pour ses remarques et corrections.

[1] Région Martinique, Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement, L’Etat du paysage audiovisuel à la Martinique : 1993-1994 : rapport à l’attention du Conseil supérieur de l’audiovisuel et du Conseil régional de la Martinique / Région Martinique, Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement, 1994.

[2] Devenue Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences humaines en avril 2024, la composante a pris le nom de son doyen de l’époque, Jean Bernabé, Professeur des universités en sciences du langage et langues et cultures régionales créoles, décédé en 2017.

[3] C’est d’ailleurs à la même époque que le président de l’Université Antilles-Guyane (UAG) en exercice et son équipe acceptent notre demande que l’établissement constitue le terrain d’enquête de notre thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication [Stratégie(s) de communication et logique(s) d’acteurs : le cas de l’Université des Antilles et de la Guyane, Presses universitaires du Septentrion, 2000, 2 vol., 619 p.].

[4] Ces éléments sont accessibles sur les supports de communication de la Faculté, mais également développés dans les Conseils d’administration de cette période.

[5] Cet IUP spécialisé dans l’ingénierie de l’information, la documentation et la communication audiovisuelle devait ouvrir ses portes à la rentrée universitaire de 1993. Porté de nouveau par un Professeur des Universités en Sciences de l’information et de la communication à la fin des années 1990, le projet n’a jamais vu le jour.

[6] Cette initiative s’est montrée pérenne au sein même de la Faculté dès 1996, à travers l’action de l’Institut Supérieur d’Etudes Francophones (ISEF), prolongée par l’Institut Caribéen d’Etudes Francophones et Interculturelles (ICEFI) à partir de 2011. Voir Olivier Pulvar, « L’Institut Caribéen d’Études Francophones et Interculturelles (ICEFI) », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 8 | 2016, mis en ligne le 09 mars 2016, URL : http://journals.openedition.org/rfsic/1920 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rfsic.1920

[7] C’est précisément ce que comprendront les instances dirigeantes de l’Université qui proposent à leur ministère de tutelle la création d’une radio sur le campus universitaire de Fouillole en Guadeloupe, cette fois (Contrat quadriennal 1994-1998).

[8] Créé en 1989, le COSEM (Collectif Syndical des Etudiants de la Martinique), regroupe neuf associations étudiantes. Le collectif est représenté dans le conseil de la Faculté des Lettres et Sciences humaines comme dans celui de la Faculté de Droit et d’Economie de la Martinique. Il est également représenté au conseil de la Bibliothèque universitaire, ainsi qu’au CA du Centre Régional des Œuvres Universitaires (CROUS).

[9] Les difficultés d’organisation des enseignements, liées en partie à l’insuffisance des effectifs en personnels non enseignants, font face à l’incompréhension des étudiants qui le manifestent fréquemment.

[10] Nous verrons plus loin que les étudiants sont également appelés à prendre part à la rédaction d’un journal, ou encore à des activités vidéo dans le même cadre associatif en charge de la radio. Nous reviendrons également sur le profil des étudiants usagers de la radio, sa programmation et les émissions mises en ondes.

[11] Préambule des statuts de l’association Campus Communication, 2 juin 1992, p. 1.

[12] Bulletin d’Information de l’Université des Antilles et de la Guyane, n°26, janvier 1993, p. 4-5.

[13] Il s’agit d’un événement caritatif organisé par l’Association française contre les myopathies pour financer la recherche sur les maladies génétiques neuromusculaires, ainsi que d’autres maladies génétiques rares.

[14] L’expression anglaise est tirée d’un jingle largement diffusé sur les ondes de la radio comme signature ; elle indique d’une certaine manière, la ligne éditoriale du média. Nommé directeur d’antenne bénévole par l’assemblée générale de l’association tenue le 27 janvier 2000, notre réflexion s’inspire ici, des nombreuses rencontres de travail avec Maryvonne Charlery, enseignante au département d’anglais à l’UAG et présidente de Campus Communication à l’époque. Le contact avec le terrain a également nourri cette réflexion, ayant rempli cette fonction dans la station de 2000 à 2002, puis entre 2013 et 2019.

[15] L’article « Campus FM : un outil contre l’ennui des étudiants » paru le 26 janvier 1994 en page 8 de l’édition martiniquaise du quotidien régional France-Antilles, témoigne de ce mouvement.

[16] Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) qui remplit cette mission entre 1989 et 2021, sera remplacé en 2022 par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, qui elle-même résulte de la fusion du CSA et de Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet).

[17] Les radios de catégorie A ou encore radios locales associatives, sont des radios de proximité, communautaires, culturelles ou scolaires. Leurs ressources financières proviennent du Fond de soutien à l’expression radiophonique locale (FSER), de la publicité et du parrainage limités à 20% de leur budget annuel (sources : Atlas des réseaux de prévention et d’éducation pour la santé et des radios locales, 1998).

[18] « Campus FM : un outil contre l’ennui des étudiants » paru le 26 janvier 1994 en page 8 de l’édition martiniquaise du quotidien régional France-Antilles.

[19] En qualité d’Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche en SIC, nous étions affectés au département d’études pluridisciplinaires appliquées (DEPA) qui regroupe les disciplines de Sciences du langage, Sciences de l’éducation, Sciences de l’information et de la communication, et Langues et cultures régionales.

[20] L’association a bénéficié de six emplois-jeunes entre 1999 et 2004, dont un permanent dédié à la radio. A partir de 2004, elle ne dispose que de deux emplois-jeunes avec le maintien d’un permanent pour la radio.

[21] Statuts de l’association Campus Communication (Titre III : Missions, 2 juin 1992), p. 2.

[22] Statuts de l’ALMAR, article 4 : Objectifs, 2 juillet 1997, p. 4.

[23] Il s’agit d’étudiants formés en vue de dispenser l’enseignement précoce de l’anglais (module optionnel Didactique et apprentissage précoce de l’anglais, et d’étudiants étrangers régulièrement inscrits dans l’établissement dans le cadre des échanges et mobilités universitaires (programme FIC avec l’Université des West Indies, programme européen Socrates, programmes d’échanges avec des universités américaines).

[24] M.L., « L’association campus communication comme support d’expression des étudiants. Campus FM : communiquer et former à travers la radio », France-Antilles, édition Martinique du 8/11/2001, p. 3.

[25] K.S., « Campus FM a été dévalisé mardi, les étudiants sont sans voix », France-Antilles, édition Martinique, rubrique Société, 28/10/2002, p.4.

[26] Olivier Pulvar, « Campus FM : silence radio ! », France-Antilles, édition Martinique du 2/12/2004, p. 3.

[27] Lettre de la présidente de l’Association Campus Communication à Monsieur Olivier Pulvar, Fouillole, le 7/12/2004.

[28] En novembre 2018 et en février 2019, Campus FM est mise en demeure par le CSA d’émettre. Voir SchooP | La mémoire de la FM > Les fiches radio > Radio Campus FM (972) – www.schoop.fr



Références bibliographiques

Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement, Région Martinique (1992). Etat de la communication audiovisuelle dans la région Martinique en 1992, 150 p.

Deleu Christophe, & Glevarec Hervé, « Le podcast : objet nouveau ou continuité et réinvention de la radio ? », RadioMorphoses n°13, appel à contributions, 2024, N° 13, 2025 – Le podcast : objet nouveau ou continuité et réinvention de la radio ?

Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Radio (GRER) (2009, 26-27-28 décembre). Vers la post-radio. Enjeux des mutations des objets et formes radiophoniques, Colloque international Paris, Université Paris 1-Sorbonne Panthéon, Calenda – Vers la post-radio. Enjeux des mutations des objets et formes radiophoniques

Mouneyres Pascal, « Le devenir hésitant de la “post radio”. Entretien avec Jean-Jacques Cheval », Syntone, Actualité et critique de l’art radiophonique, 2009, Le devenir hésitant de la “post radio” ~ Entretien avec Jean-Jacques Cheval | Syntone

Numéric Eva, Discours, enjeux et dispositifs numériques des radios associatives martiniquaises pour renforcer leur positionnement. L’exemple de Super Radio et RBR, mémoire de master SIC, (sous la dir. de) Angela Anzelmo, Université des Antilles, 2025, 127 p.

Pulvar Olivier, Stratégie(s) de communication et logique(s) d’acteurs : le cas de l’Université des Antilles et de la Guyane, Presses universitaires du Septentrion, 2 vol., 2000, 619 p.

Pulvar Olivier, « Constructions identitaires et communications médiatisées en Martinique », Paroles d’outre-mer. Identités linguistiques, expressions littéraires, espaces médiatiques, (sous la dir. de Bernard Idelson, Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo, LCF-CNRS UMR 8143, 2009, p. 215-222.

Pulvar Olivier, « L’Institut Caribéen d’Études Francophones et Interculturelles (ICEFI) », Revue française des sciences de l’information et de la communication2016, URL : http://journals.openedition.org/rfsic/1920 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rfsic.1920

Région Martinique, Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement, L’Etat du paysage audiovisuel à la Martinique : 1993-1994 : rapport à l’attention du Conseil supérieur de l’audiovisuel et du Conseil régional de la Martinique / Région Martinique, Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement, 1994.

 

 

Pour citer cet article

, "La radio du Campus universitaire de Schoelcher en Martinique (1992-2019)* : Antenne ouverte et silence radio", REFSICOM [en ligne], Expérience de recherche, mis en ligne le 28 décembre 2025, consulté le Friday 24 July 2026. URL: https://refsicom.org/1626


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