Crise du Covid-19 et rôle de la deuxième chaîne publique marocaine. Analyse du contenu de « Questions autour du Corona »

Résumés

Le présent article intervient dans le contexte de la crise sanitaire relative au Covid-19. Il étudie la communication médiatique qui a accompagné la pandémie au Maroc entre mars et juin 2020. À travers l’analyse du contenu d’une émission télévisée sur la chaîne 2M, les interactions entre journaliste, invités et téléspectateurs sont mises en exergue. Il en ressort un effort continu de la part des leaders d’opinion pour atténuer la crise, contre une inquiétude permanente du côté du public.
The present article comes in the context of the Covid-19 health crisis. It explores the media communication that has accompanied the pandemic in Morocco between March and June 2020. Through a content analysis of a television program on the TV channel 2M, the interaction between the journalist, the guests and the viewers are highlighted. The outcome is an ongoing effort from opinion leaders to alleviate the crisis, versus a permanent concern from the public.

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Table des matières

Introduction

La pandémie du Covid-19 a dicté ses lois les plus strictes au Maroc à partir du mois de mars 2020. Fermeture des frontières aériennes et maritimes, fermeture des écoles, des commerces et des mosquées, instauration de l’état d’urgence sanitaire, puis confinement de la population pendant longtemps. Un changement inopiné qui a lourdement pesé sur le budget des familles, sur leurs habitudes et sur leur santé tant physique que morale.

Sur le front de lutte anti-Corona, les médias s’assignent une mission aussi importante que celle des agents d’autorité, du personnel de la santé et des décideurs. L’objectif commun est donc de veiller au respect des règles d’hygiène et de rassurer le citoyen sur la maîtrise de la situation. Mais l’équilibre entre optimisme et alarmisme n’est pas chose facile pour les communicants. Certains médias s’allient aux politiciens pour amplifier le sinistre. D’autres optent pour un langage presque pédagogique pour calmer les foules. C’est le cas notamment pour l’émission de plateau interactive quotidienne arabophone « Questions autour du Corona virus أسئلة كورونا» diffusée sur 2M TV dont nous analysons cinq épisodes dans cet article. Ceci dit, cette variété des angles d’attaque induit une promesse de nouveauté pour le téléspectateur et oblige le journaliste à utiliser plusieurs genres et formats.

Quels sont donc les thèmes et sous-thèmes abordés dans cette émission interactive ? Les allers-retours entre le terrain, le plateau et les duplexes sont-ils de bons moyens de coercition ?  L’invitation de plusieurs spécialistes serait une forme d’influence sur le public. L’anticipation des besoins d’information du public serait une bonne manière pour dresser les axes d’intervention.

Pour répondre à cette problématique et vérifier ces hypothèses, nous proposons une analyse du contenu thématique et qualitative. Notre corpus se compose de cinq épisodes types, correspondant aux cinq grandes phases de cette période de confinement. Nous allons nous référer aux théories des effets des médias, notamment l’Agenda setting, aux notions de base de la communication médiatique en temps de crise ainsi qu’à l’analyse du contenu.

Cadre théorique : Médias en temps de crise, alarmistes ou optimistes ?

Partant du postulat de l’impossible neutralité des faiseurs de l’information, nous remarquons que les moments de crise représentent le paroxysme de la subjectivité des médias. Dans les salles de rédaction, il est d’abord question de choisir le « clan » du côté duquel la ligne éditoriale va s’afficher.

Dominique WOLTON rassemble les trois principaux protagonistes de la communication médiatique sous le concept de ‘‘triangle infernal’’[1]Dominique WOLTON, Penser la communication, Éditions Champ essais, … Suite.... Il fait ici allusion aux journalistes, aux hommes politiques et à l’opinion publique. En temps de crise, ces acteurs sont sommés d’interagir ensemble. Les médias sont tantôt amplificateurs de la crise : ils remettent en question la capacité, l’autorité et la légitimité du pouvoir à résoudre la situation. Cela accélère la panique, l’impatience et la dramatisation. Tantôt cherchent-ils à débloquer et atténuer les choses, en réduisant la crise à un souci d’information. WOLTON estime que le problème est politique avant tout, déduisant que même les systèmes démocrates ne parviennent pas à résoudre les conflits.

Thierry LIBAERT[2]Thierry LIBAERT, La communication de crise, 2e édition, DUNOD, Paris, … Suite... va plus loin, considérant que les médias voient dans la crise une opportunité inouïe pour augmenter l’audience. Investiguer, enquêter, rechercher l’exclusivité, sont autant d’actions qui concourent au renforcement des dynamiques de crises.

Lorsqu’un terrain de recherche est vierge ou pas assez fertile, les médias ont plus de chance d’imposer une opinion, d’après Elisabeth NOELLE-NEUMAN. L’auteure résume tout ce processus dans ‘‘la théorie de la spirale du silence’’[3]Éric MAIGRET, Sociologie de la communication et des médias, 2ième … Suite... : les médias interviennent dans l’espace social en réprimant la diversité des opinions. Cette théorie apparue en 1974 est aujourd’hui valable pour le cas du Covid-19 qui fait l’objet de consultation auprès d’experts qualifiés.

Cela rejoint la théorie de ‘‘l’Agenda-setting[4]Ibid. p.191’’ qui, depuis 1972, prône la restriction de choix d’opinion chez le récepteur. Ainsi, Maxwell Mc COMBS et Donald SHAUW montrent comment les opinions des citoyens reflètent une liste d’enjeux classés par ordre d’importance et présentés par les médias. Bernard COHEN appuie cette vision et avance que les médias « ne nous disent pas ce qu’il faut penser, mais à quoi il faut penser »[5]Ibid. p.191. Ils hiérarchisent, cadrent et amorcent les critères de lecture d’un fait ou d’une parole sur la scène publique.

En revanche, Francis BALLE évoque une « surestimation » du « pouvoir » des médias. Il soutient que les citoyens ne sont pas dupes pour se voir machinalement manipulés par les médias et remet en question la capacité de ceux-ci à persuader, à faire adhérer ou à faire agir les publics. Face à cette résistance, il attire l’attention sur le fait que ce pouvoir s’exerce « moins par l’imposition directe d’une opinion que par l’inculcation clandestine de faits ou d’idées qui en favorisent l’adoption[6]Francis BALLE, Les médias, 8ième édition, PUF, Paris, 2014, Chapitre … Suite...».

À l’opposé de cette vision, Pierre ZÉMOR[7]Pierre ZÉMOR, La communication publique, 4ième édition, Paris, 2008, … Suite... insiste sur l’importance de la crédibilité de la communication et du capital sympathie instauré entre journalistes et gestionnaires de crises. En associant les journalistes aux cellules de crise, les institutions qui traversent des périodes sensibles évitent les rumeurs et les peurs injustifiées et maintiennent la confiance à l’égard du citoyen. De cette manière, les certitudes prématurées sont vite infirmées ce qui évite l’aggravation de la situation.

Toutefois, il est un média assez populaire et accessible à la majorité de la population, qui ouvre souvent la porte à la panique. D’après Pierre BOURDIEU, la télévision « appelle à la dramatisation, au double sens : elle met en scène, en images, un événement et en exagère l’importance, la gravité, et le caractère dramatique, tragique[8]Pierre BOURDIEU, Sur la télévision, Éditions Raisons d’agir, Paris, … Suite...».

Néanmoins, cet effet de réel implique une force d’évocation et de mobilisation, toujours selon BOURDIEU. La télévision peut ainsi faire exister des représentations et déclencher des sentiments forts chez les membres d’une communauté. Plus tard, Charles JACQUIER montre la volonté du téléspectateur de tout voir et d’avoir accès à « une quantité astronomique de programmes qui lui confère une toute puissance face au monde[9]Charles JACQUIER, Divertir pour dominer : la culture de masse contre les … Suite...». Il décrit comment les savoirs sont « façonnés » pour être montrés, selon une logique d’immédiateté et de réactivité.

Par conséquent, l’opinion publique se réfère à la télévision surtout en temps de crise. Ce qui motive le choix de notre sujet d’analyse.

Méthodologie

Maintenant pour analyser le contenu de l’émission télévisée « Questions autour du Corona virus أسئلة كورونا », nous avons emprunté à Camille BRACHET la ‘‘notion d’intertextualité télévisuelle[10]Camille BRACHET, « L’émission de télévision éclatée. Vers la … Suite...’. Cette méthode met en avant trois niveaux d’analyse que sont : la circulation des invités, la circulation des animateurs et la référence. Notre analyse se veut thématique et se penche sur les points discutés, les questions traitées, le style des interlocuteurs et l’argumentation. Nous avons visualisé chaque épisode trois fois et nous avons renseigné les cases de la grille d’analyse préétablie et placée en annexe de cet article. Nous avons suivi également le modèle de Gilles GAUTHIER[11]Gilles GAUTHIER, « L’analyse du contenu des débats politiques … Suite..., inspiré de la théorie de ‘‘l’Agenda setting’’, qui se focalise à son tour sur l’agenda des journalistes, celui des invités et celui des citoyens.

Notre démarche d’analyse a commencé par le découpage séquentiel, suivi du recensement des mots-clés qui se répètent. Nous avons noté ensuite la structure d’enchaînement de chaque épisode et avons remarqué la manière à travers laquelle la discussion évoluait.

Présentation de l’émission et de l’animateur  

« Questions autour du Corona virus أسئلة كورونا» est une émission de plateau interactive télévisée, diffusée en direct quotidiennement en prime time sur 2M depuis le 18 mars 2020. Ce rendez-vous animé par le journaliste arabophone marocain Salaheddine GHOMARI est prévu  vers 21h40, d’abord du lundi au vendredi, puis toute la semaine, avec une rediffusion à 12h00. Le format adopté correspond à celui des grands reportages (26 minutes pour la plupart des numéros, et 50 minutes pour les épisodes exceptionnels, selon l’évolution de l’épidémie). Le principal atout de ce programme c’est que le public envoie en avance ses questions que le journaliste trie et synthétise pour les poser à l’invité en direct. Facebook, Twitter, Whats’app et Instagram sont investis pour collecter les questions des téléspectateurs. Le célèbre reporter et présentateur du Journal Télévisé arabophone compte à son actif plus de vingt ans de carrière au sein de la SOREAD 2M. Il avait marqué le public lors de sa couverture du séisme d’Al Hoceima en 2004.

Interrogé par téléphone[12]Interview téléphonique de dix minutes que Salaheddine GHOMARI nous a … Suite..., GHOMARI nous apprend que l’émission « Questions autour du Corona virus أسئلة كورونا» a drainé une audience exceptionnelle qui a atteint neuf millions de téléspectateurs quotidiennement. Certains épisodes ont même rassemblé quinze millions de marocains devant le petit écran. Depuis le lancement de la mesure d’audience au Maroc en 2008, c’est un chiffre record, pour une émission de type information/débat, après les journaux télévisés.

Analyse de contenu : lecture des résultats

Le premier épisode que nous analysons[13]Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 03/04/2020, … Suite... est daté du 3 avril 2020 et dure 42 minutes. Il prend pour invité le juriste Mohamed Jamal MAATOUK, Professeur universitaire et expert auprès de la chaîne 2M depuis plusieurs années. Il deviendra d’ailleurs consultant pour cette émission dédiée au Corona et sera invité chaque vendredi.

Le rappel des chiffres quotidiens met l’accent sur les vingt-six guérisons enregistrées en une journée. Le journaliste a choisi de diffuser un extrait assez intrigant de la déclaration de Mohamed LYOUBI, Directeur de l’Épidémiologie et des Maladies infectieuses au Ministère de la Santé lors de son point de presse quotidien. Il est question de remarquer que 75% des cas d’infection au Covid19 au Maroc sont désormais locaux, puisque les personnes atteintes n’ont eu aucun contact avec des voyageurs.

Pour commenter cette situation, l’invité mise sur une valeur incontournable, selon lui : « les marocains doivent faire confiance aux responsables du pays. Ce sont eux qui assument tout. Aidons-les, encourageons-les ». GHOMARI affirme que le virus a chamboulé le monde et alors que les pays sont impuissants et les hôpitaux sont bondés de malades (images diffusées en arrière-plan pendant qu’il cite des chiffres alarmants pour argumenter), le Maroc a anticipé la crise par plusieurs mesures, notamment la promulgation de la loi sur l’état d’urgence sanitaire. MAATOUK exhorte le public à ne pas critiquer le manque de visibilité et l’absence de stratégie chez les responsables. Il avance que c’est normal, vue la crise. Il l’invite à rester chez soi, et à comprendre les exceptions qui ne font pas la règle : ne sortir que pour les courses indispensables, pour les urgences médicales, et pour le travail.

On regarde ensuite les questions envoyées par les citoyens et qui sont relatives, dans un premier temps, aux risques qui se reportent aux enfreintes à la loi sur l’état d’urgence sanitaire. L’invité hausse le ton et regarde la caméra comme pour gronder le téléspectateur : « Pas d’insouciance ni de nonchalance SVP ! Nous savons que notre système de santé ne supportera pas l’accélération du virus. Nous ne sommes pas équipés, en termes de logistique. Soignons notre image devant les autres peuples qui applaudissent notre bonne gestion de la crise ». L’invité va jusqu’à utiliser des termes poussés, qui signifient l’équivalent de l’ingratitude et du chaos. Ainsi, il enchaîne avec les amendes et autres peines privatives de liberté dont peuvent écoper les plus téméraires qui osent porter atteinte à la sécurité des autres en propageant le virus. Il rappelle dans ce sens que 5000 personnes ont été arrêtées.

Vers le milieu de la séance de questions réponses, on revient vers le public pour constater une multitude de préoccupations liées à l’arrêt forcé du travail, aux congés rémunérés ou non, à l’assurance appliquée au télétravail, et à ce qui pourrait protéger les salariés en cas de prolongement du confinement. Ici, le social, le juridique et l’économique s’entremêlent.

L’expert fait référence au code du travail et simplifie les procédures pour le public. Il appelle à la flexibilité et à l’esprit de collaboration, puisque, employeur et employés passent par une épreuve difficile.

Deux autres préoccupations sont exprimées par le public, celles des crédits et de la couverture sociale et médicale (RAMED et CNSS). Le journaliste s’appuie sur le communiqué de presse[14]Dépêche de la MAP, « Covid-19/Microcrédit: report des échéances … Suite... publié le jour même par la Fédération Nationale des Associations des Microcrédits qui informe du report des délais de paiement. Il invite ensuite les citoyens à s’inscrire sur le 1212 pour obtenir la carte du RAMED sans abuser « pensez aux plus nécessiteux SVP ». Pour sa part l’invité rassure les veuves qu’elles ne seront pas mises dehors pour non-paiement du loyer, et que même les chômeurs bénéficieront d’aides sociales. Il salue les organisations de la société civile qui prêtent main forte à l’État pour distribuer les aides. Et là encore, le journaliste supplie les bienfaiteurs de respecter les mesures d’hygiène pendant les opérations de bénévolat.

Dans cet épisode, le journaliste et l’expert vulgarisent et décortiquent tour à tour des éléments d’information que le public risque de ne pas avoir comprises même si elles sont diffusées en boucle pendant plusieurs jours. Ils utilisent des termes clairs, proches du quotidien, leur gestuelle est décontractée, leurs voix s’élèvent de temps en temps comme s’ils étaient dans un café. C’est un échange presque amical pendant lequel on note une symbiose et une entente mutuelle sur le plateau. Ils se permettent même de s’interrompre l’un et l’autre sans souci de courtoisie pour souligner une idée ou insister sur un point de vue. Ils gèrent également les aléas du direct en douceur. Le journaliste, fatigué de rester debout, finit par s’asseoir en parlant sans s’essouffler. Cela maintient le public en haleine. Il commente aussi une vidéo d’un collègue de la rédaction de 2M confiné chez lui et travaillant à distance, ce qui crée une certaine intimité entre le téléspectateur et les faiseurs de l’information. L’invité, lui, réclame d’abord une bouteille d’eau à deux reprises, et une fois servi, prend le temps de se désinfecter les mains avec du gel hydro alcoolique. C’est une manière de montrer au public que ces gestes deviennent des réflexes. D’ailleurs, au début de certains épisodes, Salaheddine se désinfecte les mains sur le plateau tout en parlant à l’antenne.

Le deuxième épisode choisi[15]Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 27/04/2020, … Suite... est celui du 27 avril 2020, correspondant au troisième jour du mois de Ramadan. Pendant près de 22 minutes, Salaheddine GHOMARI reçoit en duplexe Ismail GHAFFAKI, Imam à Tanger pour répondre aux questions qui taraudent les marocains par rapport aux rituels religieux qui changeront à cause des mesures de distanciation sociale. Ce numéro intervient dans le contexte du premier prolongement du confinement. Une décision qui a semé la panique au milieu des citoyens en quête de précisions.

Le téléspectateur a droit au départ à un rappel de la situation épidémiologique du pays. Une lueur d’espoir est perceptible malgré le cap des quatre mille cas d’infection au Corona virus franchi. Ainsi, cent-deux cas de guérison sont déclarés en une seule journée : un record à cette date. Mais, le présentateur ne daigne pas considérer cela comme la fin de la crise. « Nous devons continuer à respecter le confinement » insiste-t-il sur un ton ferme. Il invite le public à écouter un extrait de la déclaration de Mohamed LYOUBI: « Prudence : il ne faut pas interpréter l’évolution des chiffres du jour au lendemain ». Et le journaliste de poursuivre : « Vous l’avez constaté par vous-même, nous devons rester vigilants et respecter les mesures d’hygiène ».

GHOMARI déplore l’existence de personnes désœuvrées qui sortent à l’occasion du Ramadan et contribuent à la propagation du virus. Il en arrive ainsi au communiqué de la Direction Générale de la Sûreté Nationale[16]Article collectif, « Violation de l’état d’urgence sanitaire : … Suite... dans lequel elle informe de l’arrestation de 3795 personnes dont 1910 sont placées en garde à vue pour enfreinte à l’état d’urgence sanitaire. Il implore donc les citoyens de rester chez eux, ne serait-ce que par respect à la sacralité de ce mois béni.

Il s’adresse par la suite à son invité et lui pose une question relative aux bienfaits du confinement du point de vue religieux. L’Imam avance un Hadith selon lequel l’individu devrait s’estimer heureux s’il parvient à jouir de la sécurité psychique, sanitaire et alimentaire. « Nos forces de l’ordre sont à pied d’œuvre pour veiller à cela, donc restons chez nous » affirme-t-il.

Les questions suivantes sont posées par des citoyens et s’articulent autour des prières, de la surenchère sur les prix imposée par certains commerçants et sur l’aumône. L’imam indique d’abord que la prière en famille à la maison est une alternative face à la fermeture des mosquées due au Covid 19. À peine explique-t-il les bienfaits de cette communion que le journaliste l’interrompt, inquiet, pour préciser que si quelqu’un est malade il devrait éviter cette prière collective. Et surtout : ne pas recevoir ses voisins à la maison pour prier ensemble, ni dans le jardin ou la terrasse de l’immeuble.

Quant au chapitre relatif à l’aumône pour ceux qui ne jeunent pas pour des raisons de santé, l’Imam appelle aux actions de charité et à l’entraide sociale. Les gestes de générosité devraient cibler les plus nécessiteux et les plus proches, donc « pas besoin de se déplacer » indique-t-il. Et le journaliste de saisir l’occasion pour faire une transition vers le Fonds spécial Corona créé à l’initiative du Roi Mohamed VI.  Il avance que dorénavant, quatre millions de familles marocaines démunies profiteront chaque mois de cet argent collecté depuis fin mars. Il invite les marocains à être généreux en ces jours du mois sacré et parle sur un ton mobilisateur. La parole est reprise par l’Imam qui rebondit sur la question de la surenchère sur les produits de première nécessité. Il rappelle les commerçants qu’ils ont des comptes à rendre au Tout Puissant dans l’Haut-de-là.

Nous pouvons relever un sentiment de peur que le journaliste, tout autant que son invité, cherchent à cultiver chez le téléspectateur. Le premier argument avancé est celui de l’omniprésence des autorités et des sanctions effectives infligées aux moins soucieux de la santé publique (communiqué). La deuxième référence est celle de la symbolique du mois de Ramadan et ce qui en découle comme valeurs humaines que les musulmans incarnent (Hadith et Sourat). L’objectif de ce discours lourd et inquiétant est d’impacter le public profondément pour le pousser à agir positivement. Entre temps, le troisième argument est celui de la garantie du rétablissement de la situation économique grâce aux directives royales. Ce qui induit que les dons que le citoyen versera seront bel et bien acheminés à qui de droit. Une manière de faire pression sur les âmes charitables pour contribuer à l’élan de solidarité lancé en ces circonstances.

Le troisième épisode sélectionné[17]Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 30/04/2020, … Suite... est celui du 30 avril 2020, et dure 20 minutes. Il coïncide avec le dixième jour du prolongement du confinement. Face à une situation épidémiologique encore morose, les marocains se demandent déjà si le confinement sera effectivement levé le 20 mai. Pour y répondre, Salaheddine reçoit en duplexe Khalid AIT TALEB, Ministre marocain de la Santé.

L’apparition du responsable du ministère de tutelle assis confortablement dans son bureau, portant un masque de protection et parlant à tête reposée brise déjà l’image des interviews précipitées qu’il accorde rarement à la presse, entre deux portes de salles de réunions. Cela incite le téléspectateur à suivre ses propos bien plus clairs que ses prises de paroles au Parlement, retransmises à la télévision sans commentaire ni analyse, ce qui frustre le récepteur et alimente ses craintes. Le Ministre prend également le temps de traduire le jargon technique et médical relatif au Corona virus. Il explique lentement les concepts ressassés à longueur de journée par les médias et que le citoyen lambda ignore.

De son côté GHOMARI s’adresse au Ministre avec tact et affabilité nécessaires, sans pour autant utiliser la langue de bois, l’objectif étant de faciliter l’échange. Il n’hésite pas à l’interrompre parfois pour le ramener vers l’essentiel et l’empêcher de tomber dans les sermons habituels.

Les questions envoyées par les citoyens s’articulent autour de la levée du confinement, du passage à la phase 2, du remède préconisé et de l’activité des commerçants.

Le Ministre se montre d’abord rassurant : les instructions royales, depuis la décision du rapatriement des étudiants marocains résidant à Wuhan en janvier 2020, ont permis de cerner l’ampleur de la pandémie. Les stocks de chloroquine et d’azithromycine sont suffisants et leur utilisation s’est avérée efficace. Mais, bien que la situation soit actuellement sous contrôle, la vigilance est de mise. « Nous n’avons pas encore vaincu le virus et nous risquons de retourner à la case départ en cas de maladresse » précise le Ministre. Vue l’apparition de nouveaux foyers du virus, le niveau de veille doit rester élevé, toujours selon lui. Il salue chaleureusement et remercie enfin les équipes médicales mobilisées sur le front et promet que le système sanitaire de l’après Covid 19 ne sera plus celui d’avant.

Le quatrième épisode sélectionné[18]Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 20/05/2020, … Suite... pour analyse est celui du 20 mai 2020, date très attendue par les marocains qui ont fini par apprendre que le confinement sera prolongé à nouveau. Ce soir là, Salaheddine braque les projecteurs sur le secteur de l’enseignement, préoccupation majeure des familles. Quelques heures après son discours au Parlement, Said AMZAZI, Ministre de l’Education Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Porte-parole du Gouvernement est reçu en duplexe pour cette émission. Il a l’air optimiste, le regard serein et prend note des questions qui lui sont posées pour ne pas oublier les détails.

La même tactique est là encore utilisée par le journaliste : décomposer les messages, un par un, déchiffrer les dates-clés, les mesures phares et les informations nécessaires pour le citoyen. GHOMARI caricature le réflexe adopté par bon nombre d’élèves qui ont cru comprendre que l’année scolaire avait pris fin puisque les notes seront basées sur le premier semestre. « Figurez-vous qu’ils ont vite fermé leurs bouquins et rangé leurs cartables, Monsieur le Ministre ! Je vous prie de bien vouloir nous expliquer de quoi s’agit-il ». Le ministre a pris le temps d’expliquer les objectifs de l’enseignement à distance comme alternative.

À l’instar des autres épisodes, l’échange entre l’invité et le journaliste est ponctué par des arrêts environ toutes les cinq minutes, pour écouter les questions envoyées par le public. GHOMARI a signalé qu’une fois l’annonce de l’invitation d’AMZAZI a été lancée, les questions se comptent par milliers. Elles se suivent et se ressemblent, ayant pour principaux axes : les examens du baccalauréat, les soutenances des mémoires et thèses, la remise des diplômes, la date de fin de l’année scolaire, le versement des bourses, ou encore les différences entre décisions concernant le privé et le public.

Le Ministre enchaîne les réponses positives et réjouissantes, annonçant à chaque fois que tout rentrera dans l’ordre et que tout est sur la bonne voie. Quoique le journaliste rebondisse de temps à autre sur des points visiblement sombres de la situation, l’invité réplique en toute confiance et avance des arguments solides. C’est le cas par exemple pour les élèves à besoins spécifiques, notamment les dyslexiques et les malvoyants qui auront du mal à suivre les cours à distance. Mais le Ministre indique que plusieurs initiatives ont été prises pour dispenser des cours en ligne pour sourds-muets, et l’adaptation des contenus et de la durée des examens pour ces personnes.

C’est aussi le cas pour une question relative aux tensions entre parents d’élèves et administrations des écoles privées. Le Ministre rappelle le cadre juridique qui régit les relations entre le MEN et le privé (loi 0600), basé sur le volet pédagogique. En revanche, il souligne que la gestion des ressources humaines de ces écoles est soumise au code du travail, sur lequel le ministère n’intervient jamais.

Le cinquième épisode[19]Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 03/04/2020, … Suite... analysé représente une délivrance pour le téléspectateur cloitré chez soi et habitué à voir le journaliste uniquement en studio et les invités dans leurs bureaux. Le 14 juin Salaheddine descend sur le terrain et aborde une vingtaine d’usagers du tramway casablancais pendant 24 minutes. À bord du véhicule, il distribue des bavettes gratuites et porte une petite bouteille de gel hydro alcoolique. Au départ, c’est lui qui leur adresse des questions « pêle-mêle », tel un instituteur affable, pour savoir leur degré de compréhension de l’actualité nationale relative au Covid-19. Il explique avec considération et écoute active la différence entre « Zone 1 et Zone 2 » dans le schéma[20]Article anonyme, « Covid-19 –  Maroc : Voici les détails du … Suite... de déconfinement progressif annoncé par les autorités. Il évoque aussi la distinction entre état d’urgence sanitaire et confinement, deux notions difficiles à assimiler par plusieurs personnes.

Arrivé au terminus, il interviewe un responsable de la société du tramway de Casablanca. Formation du personnel, mesures d’hygiène à bord, désinfection entre un voyage et un autre, ajustement des horaires, sont autant de points clarifiés ici.

Ensuite, le micro-trottoir s’élargit aux passants qui se rassemblent autour de GHOMARI, devenu depuis des semaines la vedette de la télévision grâce à sa capacité de retenir l’attention du public. Cette fois-ci, ils adressent leurs doléances aux responsables par rapport au RAMED et aux aides sociales non versées, en comptant sur la collaboration de leur « Cher Salaheddine » comme ils préfèrent l’appeler. Cette intimité instaurée entre le leader d’opinion et les casablancais a fait que la session de questions réponses se transforme petit à petit en demande de charité à travers des récits de vie.

Vers la fin de l’épisode, le journaliste fait un tour auprès des magasins qui ont rouvert leurs portes pour enquêter sur la reprise de la vie normale. Il se rend dans une parfumerie, une boutique de chaussures et un comptoir à téléphones et montre au téléspectateur à quoi ressemble la vie de l’après confinement. Il en profite pour discuter de l’application « Wiqaytna[21]Article anonyme, « Application Wiqaytna : comment ça marche ? », … Suite...» avec certains citoyens pour convaincre de son intérêt dans la détection des cas d’infection.

Synthèse des résultats

En somme, nous soulignons à travers cette analyse de contenu de cinq épisodes types de l’émission « Questions autour du Corona » que le thème pivot est celui de la couverture sociale. Ainsi, malgré le schéma des cinq grands axes thématiques relevés dans ces numéros et qui se poursuivent tout au long des semaines de diffusion, spécialistes, journaliste et téléspectateurs reviennent en constance sur des questions liées à l’assurance en cas de perte d’emploi suite à la pandémie. En dépit de l’effort continu de la part des leaders d’opinion, en l’occurrence ici l’animateur Salaheddine et les cinq catégories d’experts invités, pour atténuer la crise, une inquiétude permanente est largement perceptible du côté du public à l’égard de son revenu mensuel qui se verra fortement impacté par la crise. Le journaliste estime que le seul défi est de rester chez soi, amorçant la confiance envers les gestionnaires de la crise. Alors que le citoyen rappelle que la précarité est la mère de tous les maux.

Nous en déduisons que la dimension économique est au premier rang sur la liste des enjeux liés au Covid-19. Et c’est cette même dimension qui a motivé également les décideurs, avec le lancement de plusieurs procédures de compensation sur trois tranches. Des mesures appuyées surtout avec la création du Fonds de lutte anti Corona par le Souverain marocain. D’ailleurs, GHOMARI n’a cessé de le rappeler à la fin de chaque épisode pour encourager les marocains à faire des dons et rassurer les plus démunis. Cet appel à l’entraide sociale prend la forme d’une responsabilisation du public de la part du journaliste. Parfois il en arrive à l’inculpation du citoyen et vire vers la peur et l’alarmisme, surtout lorsque des arguments relativement forts ou du moins significatifs, sont utilisés. La référence à des Hadiths et Sourates du Coran, aux lois et sanctions, à des décisions ministérielles, à des directives royales, aux chiffres officiels et aux communiqués de presse sont des preuves à l’appui que l’animateur et ses invités n’hésitent pas à avancer.

Des motifs économiques se révèlent aussi à travers l’évocation des produits pharmaceutiques (médicaments, gels désinfectant, bavettes). Et on se rend compte que la logique commerciale est derrière l’enseignement à distance également : achat de tablettes, d’ordinateurs et de Smartphones, connexion Internet à travers les cartes prépayées ou l’abonnement Wifi, maintien du règlement mensuel auprès des écoles privées, tous niveaux confondus, garantie des honoraires des professeurs. Toute une dynamique socio-économique s’impose donc à la Une de l’Agenda des priorités avancé par les protagonistes lors de cette conjoncture sanitaire sensible.

Comparée à des créneaux comme « Confidences de presse » (émission débat hebdomadaire avec un invité et trois journalistes), « En direct avec vous مباشرة معكم (émission débat hebdomadaire avec un journaliste et trois à cinq spécialistes), ou encore « Grand angle » (enquête mensuelle), toutes diffusées sur 2M, l’émission « Questions autour du Coronaأسئلة كورونا » est interactive et se distingue par une proximité vis-à-vis du public dans le langage et la manière de transmettre. Les genres journalistiques que GHOMARI y a exploités sont assez diversifiés : interview, reportage, micro-trottoir et récit. Et les lieux explorés – plateau télévisé, duplexe depuis les bureaux des responsables, terrain, voie de transport, et domicile du téléspectateur- ont aussi contribué à son succès.

L’émission a visiblement placé l’humain au centre de l’intérêt du public, en décortiquant tout souci pouvant éventuellement relever des soupçons par rapport au futur proche lié au Covid-19. Le journaliste a dû schématiser les enjeux et les transmettre de manière compatible avec le niveau d’instruction du récepteur, parfois inapte à comprendre ce qui se passe. Et c’est ce récepteur-même qui invente des rumeurs et qui participe à la désinformation, faute de clarifications de la part des décideurs. Ce processus de communication en deux temps (des responsables vers le journaliste, puis du journaliste vers le téléspectateur) vise à calmer les foules et à réduire la pression sociale chez la majorité de la population.

Conclusion

En somme, l’invitation de plusieurs spécialistes sur le plateau de cette émission a constitué une forme d’influence sur le public. En effet, le journaliste qui annonçait à la fin de chaque épisode les prévisions des thèmes et des invités à venir, recevait le lendemain les questions des téléspectateurs qui se comptent par dizaines de milliers selon ses propos. Par conséquent, l’anticipation des besoins d’information du public fut une bonne manière pour dresser les axes d’intervention et garantir une audience élevée. C’est ici une « mise en agenda » partagée par les trois acteurs de la crise : journaliste, experts et citoyens.

Le succès de l’émission lui a valu un retour en force avec l’accentuation du virus vers la fin août. Après quelques semaines d’interruption suite au déconfinement progressif, GHOMARI est sollicité à nouveau pour analyser avec ses invités le discours royal prononcé à l’occasion de la fête de la Révolution du Roi et du Peuple. Un discours qui a tiré la sonnette d’alarme et exhorté les marocains à plus de responsabilité en ces circonstances de pandémie. Le rendez-vous est ainsi renouvelé de temps en temps pour accompagner une éventuelle aggravation de la situation épidémiologique.

Et en fin, bien que le succès de l’émission de Salaheddine soit perceptible (elle a capté plus de 400 000 abonnés sur les réseaux sociaux), une étude des commentaires du public en ligne serait intéressante à réaliser pour déterminer le niveau d’impact de ce créneau sur le téléspectateur.

Références

Références
- 1 Dominique WOLTON, Penser la communication, Éditions Champ essais, Flammarion, 1997. Chapitre 7 « Le triangle infernal : journalistes, hommes politiques, opinion publique », pp.147-190.
- 2 Thierry LIBAERT, La communication de crise, 2e édition, DUNOD, Paris, 2005, Chapitre 4 « Les relations avec les médias », pp.73-91.
- 3 Éric MAIGRET, Sociologie de la communication et des médias, 2ième édition, Armand Colin, 2012.      Chapitre 13 « Les théories politiques de l’opinion publique », pp.190-215.
- 4, - 5 Ibid. p.191
- 6 Francis BALLE, Les médias, 8ième édition, PUF, Paris, 2014, Chapitre III, « Les médias : un quatrième pouvoir ? », pp. 94-97.
- 7 Pierre ZÉMOR, La communication publique, 4ième édition, Paris, 2008, « Communication de crise et d’actualité », pp.102-103.
- 8 Pierre BOURDIEU, Sur la télévision, Éditions Raisons d’agir, Paris, 2008, p.18.
- 9 Charles JACQUIER, Divertir pour dominer : la culture de masse contre les peuples, Editions L’Echappée, Montreuil, mars 2010, p:31.
- 10 Camille BRACHET, « L’émission de télévision éclatée. Vers la déconstruction d’une évidence ». In : Communication et langages, n°145, 3ième trimestre 2005. L’empreinte de la technique dans le livre, pp.107-115. [En ligne]: https://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_2005_num_145_1_3363. Consulté le 22/05/2020.
- 11 Gilles GAUTHIER, « L’analyse du contenu des débats politiques télévisés », Hermès, 1995, n° 17-18, 16 pages. [En ligne]: /Downloads/HERM_017_0355.pdf, consulté le 23/05/2020.
- 12 Interview téléphonique de dix minutes que Salaheddine GHOMARI nous a accordée le 03/09/2020.
- 13, - 19 Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 03/04/2020, chaîne 2M.
- 14 Dépêche de la MAP, « Covid-19/Microcrédit: report des échéances pour les clients impactés », [En ligne] https://www.mapbusiness.ma/a-la-une/covid-19-microcredit-report-des-echeances-pour-les-clients-impactes, publiée le 03/04/2020, consultée le 05/08/2020.
- 15 Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 27/04/2020, chaîne 2M.
- 16 Article collectif, « Violation de l’état d’urgence sanitaire : 61000 interpellations », Telquel.ma, [En ligne]: https://telquel.ma/2020/04/24/violation-de-letat-durgence-sanitaire-plus-de-61-000-interpellations_1681077, publié le 24/04/2020, consulté le 04/08/2020.
- 17 Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 30/04/2020, chaîne 2M.
- 18 Abderrazak BAHSSINE, Questions autour du Corona, diffusée le 20/05/2020, chaîne 2M.
- 20 Article anonyme, « Covid-19 –  Maroc : Voici les détails du déconfinement sanitaire progressif à partir de ce jeudi » [Enligne]: http://article19.ma/accueil/archives/130237, publié le 10/06/2020, consulté le 11/08/2020.
- 21 Article anonyme, « Application Wiqaytna : comment ça marche ? », [Enligne] : https://leseco.ma/application-wiqaytna-comment-ca-marche/, publié le 01/06/2020, consulté le 15/08/2020.


Références bibliographiques

  • ASLANIDOU Sofia, KOURTI Evangelia et KONSTADINIDOU-SEMOGLOU Ourania, « Lecture pluridisciplinaire d’un texte télévisuel ». In : Communication, Vol 24/1 – 2008. 24 pages. [En ligne]: https://journals.openedition.org/communication/3269. Consulté le 24/05/2020.
  • BALLE Françis, Les médias, 8ième édition, PUF, Paris, 2014, Chapitre III, « Les médias : un quatrième pouvoir ? », pp 94-97.
  • BOURDIEU Pierre, Sur la télévision, Éditions Raisons d’agir, Paris, 2008, p 18.
  • BRACHET Camille, « L’émission de télévision éclatée. Vers la déconstruction d’une évidence ». In : Communication et langages, n°145, 3ième trimestre 2005. L’empreinte de la technique dans le livre. pp. 107-115. [En ligne]: https://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_2005_num_145_1_3363. Consulté le 22/05/2020.
  • COULOMB-GULLY Marlène, Proposition pour une méthode d’analyse du discours télévisuel. Mots, les langages du politique, n°70, novembre2002. 11 pages. [En ligne]: https://journals.openedition.org/mots/9683. Consulté le 22/05/2020.
  • FOURNET M. Martin J.-L., La crise : risque ou chance pour la communication ? L’Harmattan, 1999, 316 pages.
  • GAUTHIER Gilles, L’analyse du contenu des débats politiques télévisés, Hermès, 1995, n° 17-18, 16 pages. [En ligne]:  file:///C:/Users/isic/Downloads/HERM_017_0355.pdf, consulté le 23/05/2020.
  • JACQUIER Charles, Divertir pour dominer : la culture de masse contre les peuples, Editions L’Échappée, Montreuil, mars 2010, p:31.
  • KLINE Stephen, TOUTANT Suzie, REPENTIGNY Michel.de, Les informations télévisées : structure de leur interprétation de la réalité. In : Communication Information, volume n°4, été 1982. pp. 124-155. [En ligne]: https://www.persee.fr/doc/comin_0382-7798_1982_num_4_3_1198.Consulté le 23/05/2020.
  • LIBAERT Thierry, La communication de crise, 2e édition, DUNOD, Paris, 2005, chapitre 4 « Les relations avec les médias », p:73-91.
  • MAIGRET Éric, Sociologie de la communication et des médias, 2ième édition, Armand Colin 2012. Chapitre 13 « Les théories politiques de l’opinion publique », pp 190-215.
  • WOLTON Dominique, Penser la communication, Editions Champ essais, Flammarion, 1997. Chapitre 7 « Le triangle infernal : journalistes, hommes politiques, opinion publique », pp 147-190.
  • ZÉMOR Pierre, La communication publique, 4ième édition, Paris, 2008, « Communication de crise et d’actualité », pp 102-103.

Références des articles de presse exploités :


ANNEXE : Grille d’analyse

Date de l’épisode
Contenu
Trois niveaux d’acteurs : journaliste, invités, citoyens

Trois niveaux d’acteurs :

Journaliste, invités et citoyens
 

03/04/2020
Genres journalistiques
 

Thèmes
 

Arguments
 

Ton
Communication non verbale
Se termine par l’appel aux dons => Social
Invité : économiste
Interview de plateau

Micro-trottoir

Récit
Économie Société

(Cités 12 fois)
Communiqué

Loi

Chiffres


Optimiste

Amical

Familier

Sévère (parfois)
Échange décontracté

Bouger sur le plateau télévisé

Se désinfecter les mains
27/04/2020
Se termine par l’appel à la charité => Social
Invité : Imam
Interview en duplexe

Micro-trottoir
Religion

Société

(Cités 8 fois)
Hadiths

Sourates

Communiqué


Ferme

Alarmiste
Inquiétude
30/04/2020
Se termine par l’appel à l’entraide =>Social
Invité : Ministre de la Santé


Interview en duplexe

Micro-trottoir
Médecine

Santé

Social

(Cités 15 fois)
Instructions royales

Chiffres


Optimiste

Serein

Contre alarmisme du citoyen
Interruption


20/05/2020
Se termine par l’appel au renforcement des liens parents/écoles/associations => Social
Invité : Ministre de l’Enseignement
Interview en duplexe

Micro-trottoir
Société

Éducation

(Cités 20 fois)
Loi

Communiqué
Optimiste

Serein

Contre préoccupation du citoyen
Interruption

Caricaturer la situation
14/06/2020
Se termine par l’appel à la mobilisation sociale => Social
Journaliste sur le terrain
Micro-trottoir

Reportage

Interview
Société

Économie

(Cités 14 fois)
Communiqué

Application « Wiqaytna »
Optimiste

Amical


Proximité

Gestes barrière en direct avec le citoyen

Pour citer cet article

, "Crise du Covid-19 et rôle de la deuxième chaîne publique marocaine. Analyse du contenu de « Questions autour du Corona »", REFSICOM [en ligne], Communication de crise, médias et gestion des risques du Covid-19, mis en ligne le 07 décembre 2020, consulté le Tuesday 15 September 2026. URL: https://refsicom.org/820


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