Situation des migrants et des sans-domicile face à la pandémie Covid-19

Résumés

Nous mettons en lumière la situation des personnes les plus fragiles face à la pandémie Covid-19 qui a frappé de plein fouet le monde. Et plus particulièrement en France, des milliers de personnes se sont retrouvés dans une précarité absolue sans domicile, sans revenus, sans le soutien des associations et quelquefois sans papiers. Nous irons voir sur le terrain le travail des associations qui au risque parfois de leur santé, ont travaillé dur pour être près de toutes ces personnes fragiles, femmes et hommes, et surtout maintenir un semblant de contact humain avec eux pour ne pas sombrer dans l’oubli. Nous mettons en lumière aussi cette crainte que les migrants et les demandeurs d’asile ont ressenti lorsque toutes les administrations ont fermé leurs portes et ont renouvelé automatiquement tous les documents d’une durée de trois mois. Ils ont vécu dans l’incertitude, un sentiment de déjà vécu dans leurs pays d’origine où la guerre leur a tout pris et les a poussés à l’exil.
We highlight the situation of the most fragile people in the face of Covid-19 pandemic. And more particularly in France, thousands of people found themselves in an absolutely precarious situation without a home, without income, without the support of associations and sometimes without papers. We will see on the field the work of associations which, sometimes at the risk of their health, have worked hard to be close to all these fragile people, women and men, and above all to maintain a semblance of human contact with them so as not to sink into oblivion. We also highlight this fear that migrants and asylum seekers felt when all the administrations closed and automatically renewed all documents for a period of three months. They lived in uncertainty, they felt again like in their own countries when war took everything from them and drove them into exile.

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Table des matières

Introduction

Pour la première fois de son histoire, l’humanité entière traverse une crise sanitaire au même moment et de la même façon. Plus précisément en France, en une courte période, le pays a basculé dans un quasi-état de siège fermant ses commerces non indispensables et assignant à résidence la majorité de la population. Les chiffres des décès du Covid-19 augmentaient de jour en jour. Derrière ces chiffres des femmes, des hommes, des personnes âgées et des sans-papiers.

Se confiner certes, mais que faire des milliers de migrants, des sans domiciles, des mineurs isolés retrouvés du jour au lendemain sans abri, sans sanitaire et sans nourriture ? Des associations avaient pris le relais pour servir entre autres des repas chauds pour des personnes dans la rue, dont les femmes. « Des femmes qui sont en panique face aux mesures de confinement prises par le gouvernement. Elles ont le sentiment d’être abandonnées dans la rue sans hygiène car les sanitaires ont fermé et aussi sans nourriture car les rues sont désertes et ne peuvent même pas faire la manche. Et surtout elles se sentent livrées à leurs agresseurs », témoignait l’association Aurore en partenariat avec l’association Fête des voisines qui étaient venues à la rescousse de ses femmes.

L’OFII (Office français de la migration et de l’intégration) a annoncé la suspension de sa plateforme téléphonique en Ile-de-France dédiée à la demande d’asile. L’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) ainsi que la CNDA (Cour nationale du droit d’asile) ont reporté tous les entretiens et audiences à des dates ultérieures, ce qui a posé un problème à beaucoup de demandeurs d’asile désormais dans l’incertitude et dans l’attente.

A travers cet article, nous proposons d’étudier la situation des migrants, des demandeurs d’asile et des sans-domicile en France face à la pandémie du Covid-19. Comment cette population vulnérable a survécu à la crise et quelles étaient ses conséquences pour elle ? Pendant que le pays est rentré en confinement en faisant respecter « les gestes barrières » et en fermant les commerces et tous les lieux de rassemblement, comment les migrants, les demandeurs d’asile et les sans-abris ont pu aborder ces recommandations et cette fermeture ? Eux qui vivent dans la rue ou dans des lieux minuscules ou non adaptés ne permettant pas la distanciation sociale, et qui fréquentent plus que d’autres les lieux publics pour s’abriter, mendier, s’alimenter, se doucher, dormir, etc. Sans oublier l’obstacle de la langue, qui a mis certains face à l’incompréhension de l’état d’urgence sanitaire pour lequel ils n’étaient pas préparés. Deux hypothèses vont nous permettre d’approcher cette problématique. Premièrement, Quelle serait les nouvelles conditions sanitaires face au Covid-19 ? Et deuxièmement quel rôle joueraient les acteurs sociaux face à une pandémie qui fragilise encore plus les personnes en difficultés et surtout les femmes ?

Le contexte :

Dans son allocution sur la situation des personnes les plus précaires, le Président Emmanuel Macron a dit :

« Nous ferons en sorte, avec de grandes associations, les collectivités et leurs services qu’ils puissent être nourris et protégés ».

Mais le ministre de l’intérieur Christophe Castaner n’a pas évoqué par la suite les modalités précises d’aides. Néanmoins dans les déplacements dérogatoires, autorisés avec une attestation de sortie, il est fait mention de l’action des associations caritatives.

Les acteurs sociaux ont pointé les difficultés à assurer les « services de premières lignes » à la suite de la baisse du personnel disponible. Le directeur général de la Fédération des acteurs de la Solidarité en témoigne :

« Tout n’est pas encore fermé, mais de plus en plus, on voit des activités qui se réduisent. Les mesures de confinement ou d’isolement font que les salariés sont moins présents tout comme les bénévoles qui pour une bonne partie ont plus de 60 ans et sont donc considérés à risque face au coronavirus ».

 

La problématique et la méthodologie

Afin de comprendre la situation précaire de chacun de ces migrants et sans abris, nous proposons d’effectuer une enquête de terrain. Nous mènerons une démarche rapprochée auprès des associations qui ont accompagné ces personnes durant la période allant de mars à mai 2020. Nous avons contacté aussi des associations qui avaient suivis de près des femmes en précarité et ils les ont aidés. Nous avons enquêté sur un échantillon de personnes qui ont été touchées par cette pandémie que ce soit au niveau du logement, de l’isolement, du manque de nourriture ou des difficultés dans leurs démarches administratives, afin de comprendre l’impact psychologique et social de cette pandémie sur leur vie. Une partie de notre méthodologie est basée sur des rapports faits par des ONG et des fondations et d’autre part sur une exploitation de la documentation des acteurs du domaine de l’asile, l’immigration et les sans- domicile

Avant tout nous allons vous exposer les chiffres liés à la baisse de la demande d’asile durant la pandémie en France et en Europe et comment les Hommes ne peuvent pas être égaux face à la mort en cette période difficile.

Impact de la COVID-19 sur la demande d’asile

Depuis le début de la pandémie, la baisse de nombre de demandes d’asile a chuté de 87% en Avril comparé au début de l’année, à cause de la fermeture des frontières extérieures de l’Union Européenne et les restrictions de circulation en Europe a annoncé le Bureau européen d’appui en matière d’asile (European Asylum Support Office, EASO).

« Seulement 8.730 demandes d’asile ont été enregistrées en avril » dans les pays de l’UE ainsi qu’en Norvège et en Suisse, ce qui correspond au « plus bas niveau depuis au moins 2008, avec une chute massive de 87% comparé au niveau pré-Covid-19 en janvier et février », a détaillé l’agence dans un rapport publié le 11 juin 2020[1]L’express avec AFP, La demande d’asile en Europ chute de 87%, son plus … Suite....

« Il est évident que l’accès à l’Europe dont bénéficiaient jusque-là les candidats à l’asile a été sévèrement restreint au cours des derniers mois », explique Nina Gregori, directrice exécutive de l’EASO. « Alors qu’ils tentaient d’échapper aux violences perpétrées dans leur pays d’origine, ils ont vu leur situation s’aggraver avec la crise du coronavirus[2]La pandémie a fait chuter le nombre de demandes d’asile. (2020, 10 … Suite... », ajoute-t-elle.

Depuis le mois de Mai, la demande d’asile a de nouveau augmenté. Les pays européens, « devraient se préparer à une montée des demandes d’asile à moyen terme, y compris celles liées aux répercussions du Covid-19 sur les pays pauvres » explique l’agence EASO.

Inégalité des Hommes face au Covid-19

Le 18 juin 2020, le Haut-Commissariat aux réfugiés HCR publie un rapport[3]79.5 millions de personnes déracinés. (2020, 18 juin). UNHCR. … Suite...  qui montre le nombre de déplacés dans le monde. « 80 millions de personnes ont dû quitter leur pays », « un nombre record » s’alarme Filippo Grande, le chef du HCR. « Un pour cent de la population mondiale ne peut revenir à la maison à cause des guerres, de la persécution, des violations des droits humains et d’autres formes de violence » déclare le chef du HCR à l’AFP. Pour la seule année 2019, le HCR a fait état de 11 millions de déplacés supplémentaires. Parmi ces pays, la Syrie qui compte 13,2 millions de déplacés à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Globalement, 68% des réfugiés viennent de la Syrie, le Venezuela, l’Afghanistan, le Soudan et le sud de la Birmanie. La problématique de la guerre et des persécutions s’ajoutant à celle de la pandémie crée une situation encore plus compliquée et rajoute de la détresse pour les personnes concernées car ils mettent leurs vies en danger et celles des autres.

Il paraît que les hommes ne sont pas égaux face à la mort et ceux nés à l’étranger ont été beaucoup plus vulnérables au Covid-19. En effet, selon une étude parue mardi 7 juillet, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) démontre qu’au plus fort de la pandémie, pendant les mois de mars et d’avril, l’augmentation du nombre de décès a été deux fois plus forte pour les immigrés que pour les personnes nées en France[4]INSEE Focus, n°198, date de parution 07/07/2020. (2020, juillet). … Suite.... Il y a eu 129.000 décès dans tout le pays, entre mars et avril, toutes causes confondues, contre 102 800 à la même période en 2019. Cette surmortalité étant liée au Covid-19. Pour les personnes nées en France, la hausse du nombre de décès a été de 22 %, alors qu’elle a atteint 48 % pour celles nées à l’étranger. C’est la première fois que cette inégalité face au virus est mise en lumière en France alors que plusieurs pays ont révélé des situations similaires. En France, l’Insee révèle que « la hausse de la mortalité a été plus forte pour les personnes nées en Afrique ou en Asie » : elle a atteint 54 % pour les personnes nées au Maghreb, 91 % pour les personnes originaires d’Asie et 114 % pour les personnes nées en Afrique subsaharienne. A l’inverse, la hausse des décès des personnes nées en Europe a été « proche de celle observée pour les personnes nées en France », évoque l’Insee.

Ce qui rend les personnes plus vulnérables sont le « lieu de résidence et l’environnement des personnes » ainsi que les moyens de transports utilisés ou le métier exercé, qui ont « joué un rôle dans l’ampleur de la hausse des décès ». Dans un département comme la Seine-Saint-Denis, le nombre de décès de personnes nées en France a augmenté de 95 %, alors que celui des personnes nées au Maghreb a grimpé de 191 %. « Pour les personnes nées en Afrique subsaharienne, la hausse des décès a été de 368 % », révèle l’Insee.

La vulnérabilité des personnes nées à l’étranger face au Covid-19 est aussi révélée par l’âge auquel elles sont mortes. « Parmi les personnes nées à l’étranger hors Europe, le nombre de décès de personnes de moins de 65 ans a fortement augmenté (+ 30 % pour les personnes nées dans un pays du Maghreb, + 96 % pour celles nées dans un autre pays d’Afrique), alors qu’il est quasiment stable pour les personnes nées en Europe (+ 3 % pour les personnes nées en France) », révèle l’Insee.

Les invisibles : « la pandémie vue comme une sanction de l’exil »

Les réfugiés et les demandeurs d’asile ont le plus souffert durant ce confinement. Déjà qu’il peinait à être visible, ils deviennent presque invisibles. La rupture de liens avec les travailleurs sociaux, avec les associations qui les suivent, avec leur médecin fut une épreuve très difficile. Depuis le 16 mars leurs dossiers sont gelés : les nouveaux arrivants ne peuvent pas enregistrer une demande d’asile et donc ne peuvent pas prétendre à l’allocation de demandeur d’asile (ADA) pour subvenir à leurs besoins les plus basiques. Il y a ceux qui attendent leur entretien à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et se trouvent sans nouvelles et sans date de report et il y a aussi ceux qui attendaient de faire leur recours ou ceux qui attendaient leur audience à la cour nationale du droit d’asile (CNDA). Toutes les administrations ont fermé avec seul sursis le renouvellement des cartes de séjour renouvelées pour une durée de trois mois. Un ensemble de circonstances « qui ont un impact, des conséquences psychiques parfois graves pour ceux d’entre eux qui sont atteints de stress post-traumatique[5]Bloch-Lainé V. (2020, 27 avril).  « Certains migrants retrouvent dans … Suite... » explique Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, professeure d’anthropologie à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), psychanalyste et psychologue clinicienne à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Selon la psychologue, certains ont vu ce confinement comme une sorte de punition « Certains prennent la contamination pour une punition. Ils se disent que la maladie leur pendait au nez depuis le départ de leur pays d’origine. La pandémie, selon eux, n’est pas née d’elle-même mais elle leur est envoyée pour sanctionner leur exil. D’autres réfugiés sont pris dans un conflit de loyauté vis-à-vis de leurs proches restés dans leur pays, et l’épidémie accentue ce sentiment puisqu’ils ne peuvent plus protéger leur famille, ni compenser l’impression de l’avoir trahie en leur envoyant de l’argent[6]Ibid.».

Ce sentiment de crainte « appréhende non seulement l’irruption de la violence physique, mais aussi de violences morales ou symboliques, liées à des maux qui menacent les individus dans leur existence sociale comme la perte des êtres chers, perte des droits ou du statut[7]Gehlker F., Tardivel É., Boutang A., Bronner G., Corbin A., Crépon M., … Suite... » explique le journaliste Jean Birnbaum. Cette peur entendue « comme passion politique[8]Robin COREY, La Peur. Histoire d’une idée politique, trd.fr. Christophe … Suite... » selon Corey Robin, journaliste et professeur de sciences politiques au Brooklyn College. Il explique dans son livre[9]Op.cit. que « nous avons tous, intuitivement, que la peur joue un rôle dans la vie politique d’un pays. Et pas seulement lors d’événements exceptionnels comme les attentats du 11 septembre à New York. Mais, parce qu’il est humiliant d’avoir peur et de se l’avouer, nous en minimisons irrésistiblement l’influence, préférant nous réfugier derrière des explications plus “rationnelles” du comportement des gouvernants comme des citoyens ».

Le confinement a été vécu comme un choc aussi puisque les informations ont afflué rapidement en « français » or ces migrants et réfugiés ne comprennent pas forcément la langue Molière. Le temps que les associations s’adaptent au mode confinement et expliquent par des brochures les gestes barrières et les autorisations de sortie, difficiles à faire quand on n’a rien et surtout pas d’imprimante. L’association “Accueil et Promotion” de Bourges par exemple a proposé de traduire en anglais et en arabe l’attestation dérogatoire absolument nécessaire pour sortir pendant le confinement. Elle a ensuite fourni ces documents aux centres sociaux qui les proposent désormais auprès de la mairie de Châteauroux ou de la préfecture notamment. « Beaucoup des personnes que nous accompagnons ne parlent pas français. Cette situation est encore plus anxiogène pour elles. C’est une façon concrète de les aider. On cherche des personnes pouvant traduire dans d’autres langues d’ailleurs » explique Loïc Touzet, en charge du centre culturel Saint-Jean Saint-Jacques à Châteauroux sur France bleu le 19 mars 2020.

Quelques actions étaient menées par le gouvernement concernant les migrants, notamment la mise à l’abri d’environ 500 migrants du camp d’Aubervilliers, une opération conjointe avec la préfecture de Seine Saint Denis qui prend en charge 300 migrants sur son département. 200 autres personnes ont été installées dans des gymnases avec « un renforcement des lieux pour se laver et avoir un minimum de service d’hygiène » avait annoncé le préfet Michel Cadot. Il a également détaillé le plan mis en place pour le sans-abri et migrants potentiellement contaminés par le Covid-19, avec “plus de 300 places” à l’isolement dans des “centres de desserrement” créés en Île-de-France.

Cette situation d’isolement forcé était très difficile à vivre surtout que certains l’ont vécu comme une malédiction. Ils avaient fui la guerre et les persécutions pour un semblant de vie normale et paisible et se sont retrouvés à vivre à nouveau cloîtrés seuls ou à plusieurs dans des espaces incongrus qui leur rappellent la guerre, la persécution… Pour certains pas de différence entre un couvre-feux et un confinement. Cette expérience a été vécu différemment aussi qu’on soit un homme ou une femme.

Dans son ouvrage[10]Saglio-Yatzimirsky M. C. (2018). La Voix de ceux qui crient. Albin Michel, … Suite..., Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky raconte que son travail avec ces hommes et ces femmes qui fuient la guerre, la persécution « consiste à les dégager de l’angoisse qui les tenaille mais aussi du discours fascinant de l’horreur ».

Une femme confinée, proie à la solitude.

L’association AZMARI permet aux femmes et à leurs enfants de disposer d’un espace qui leur ai destiné, un lieu de rencontre, de libre expression et d’apprentissage. Les femmes migrantes sont discriminées en raison de leur sexe, de leurs origines et/ou de leur pratiques religieuses et culturelles. Elles n’ont parfois pas été scolarisées dans leurs pays d’origine ce qui les empêches de trouver un emploi en France et d’avoir des revenus suffisants. Les femmes ayant des enfants à charge voient leurs difficultés se multiplier. En effet, cela implique des dépenses financières plus importantes, des complications pour se déplacer, globalement une plus grande précarité économique, sociale et psychologique. Bien que nécessaire, l’accès aux soins et aux services d’accompagnements psychologique et juridique, ainsi qu’à l’apprentissage du français, n’en n’est que plus difficile. Généralement, les femmes migrantes sont particulièrement exposées aux violences que ce soit dans leur pays d’origine, durant leur parcours migratoire ou encore à leur arrivée en France. Gynécologie sans frontières a estimé que 70% des femmes migrantes ont subi des violences, notamment des abus sexuels. Cette situation, et le constat de l’absence de femmes au sein des cours de français, ont conduit l’association AZMARI à proposer aux femmes des services non mixtes afin de créer un espace d’expression, favoriser une prise en charge adaptée et ainsi lutter contre leur isolement. Les récits du confinement des femmes suivies par l’association AZMARI montrent l’inégalité des femmes face aux hommes. Sur la question : qu’est ce qui a changé depuis le confinement ? une maman de 5 enfants confinée avec sa famille dans une pièce à Paris raconte à une bénévole de l’association son quotidien.

« Je m’occupe des enfants toute la journée, je prends soin d’eux. Le matin, je me lève à six heures et je prépare leur petit-déjeuner. Après, c’est à mon tour de manger. Puis ils jouent un peu. À onze heures je commence à cuisiner pour le déjeuner. Une fois qu’ils ont mangé, on a dix minutes de calme et puis ils regardent un peu la télé. Certains jours il y a la lessive ou le ménage. La routine quoi. Vers vingt heures, quand ils vont au lit, ça devient plus relax et il arrive que je m’endorme moi aussi à ce moment-là[11]CONFINEMENT, UN AUTRE REGARD : TEMOIGNAGE D’UNE APPRENANTE à Azmari. … Suite... ».

Puis sur la question : avait-elle du temps à elle seule ? elle répond :« J’aime bien marcher et d’habitude je peux me promener ou aller aux cours de français. En ce moment, à force d’être à la maison sans pouvoir sortir, parfois ça me rend plus irritable. Quand ça arrive, je me dis “ok tu as les enfants, mets ce stress de côté”. C’est important de rester calme avec les enfants. Stresser tout le temps, ce n’est pas bon pour ma santé, ni pour celle des petits. Alors j’oublie toutes les choses négatives et je me force à ne garder que les points positifs. Prendre soin d’eux c’est le plus important. Mon mari est là et il m’aide mais il est plus stressé que moi. Il n’arrive pas à rester une heure avec les enfants. Les papas c’est cool pour faire une promenade, pour aller les chercher à l’école. Mais entre les mères et les pères ce ne sont pas les mêmes règles pour les petits[12]Ibid. ». Cette maman attendait la réponse de la cour nationale du droit d’asile le 27 mars 2020.

Le confinement des femmes se traduit surtout par un isolement, même vis-à-vis des autres femmes, par l’arrêt total des rencontres qu’elles faisaient entre elles dans le cadre de l’apprentissage de la langue française ou les activités culturelles que l’association AZMARI organise souvent pour favoriser l’insertion de ces femmes isolées dans la société et la culture française. « Mes amies me manquent. Surtout mes amies d’Azmari, j’allais à l’association une à deux fois par semaine pour les cours de français. Maintenant ce n’est plus possible. Et le marché d’Aligre est fermé. Les fruits et légumes c’est important pour nous, au marché ils sont moins chers. J’avais l’habitude d’y aller pour faire les courses, maintenant on doit aller ailleurs. Le marché, ça me manque vraiment[13]Ibid. », témoigne l’apprenante.

Nous soulignons que l’apprentissage de la langue se fait d’une part par l’échange, le partage, l’estime de soi, la tolérance et d’autre part par le respect des principes et des valeurs de la République ; ainsi l’apprentissage et l’intégration deviennent indissociables comme l’a bien précisé Hervé Adami maître de conférences à l’université de Nancy et auteur de la formation linguistique des migrants adultes[14]Adami H. (1990). La Formation Linguistique Des Migrants (Didatique Des … Suite.... Il explique que l’intégration favorise l’apprentissage et que l’apprentissage favorise l’intégration. Deux éléments indissociables est indispensable au quotidien « le fait d’avoir un travail, d’aller chercher ses enfants à l’école, de faire du sport favorise l’apprentissage du français, on sait ainsi que la parfaite maîtrise du français n’assure pas une complète adhésion aux principes et aux valeurs de la société d’accueil. S’exprimer c’est une chose mais il faut aussi comprendre se faire comprendre l’intégration linguistique et un très long processus qui ne s’arrête jamais[15]Interview de Marie Zink avec Hervé Adami, « la langue française … Suite... »

Témoignage d’un réfugié[16]Interview réalisée à Paris en septembre 2020 par Jimy BOULOS.: entre réflexion et travailler en temps Covid

Outre la priorité absolue que constituait l’apprentissage du français, un autre volet attirait des acteurs engagés pour l’insertion professionnelle des réfugiés, la formation professionnelle comme l’a souligné Catherine Withol de Wenden : « la barrière de la langue le manque de reconnaissance des diplômes, la pauvreté des réseaux relationnels et les difficultés des plateformes de recherche d’emploi à convenablement orienter les réfugiés statutaires[17]Un réfugié statutaire ou une protection conventionnelle c’est un … Suite... sont autant de freins à leur intégration professionnelle[18]Entretien avec Catherine Withol de Wenden sur les enjeux de … Suite...».

Omar, un jeune réfugié, journaliste photographe plein d’enthousiasme me raconte autour d’un café son confinement qui fut un moment essentiel de « prise de temps et de recul » dans sa vie qui est allée trop rapidement depuis qu’il a fui la guerre en 2015. Un confinement avec une famille orientale et des amis espagnols avec qui il dit avoir passé un moment agréable « des moments entre l’occident et l’Orient ». Ce fut un moment aussi de réorganisation de sa vie et lui qui aime lire, il a dévoré des romans « et avait fait même des nuits blanches tellement les romans de l’auteur russe Fiodor Dostoïevski l’ont passionné ». Il me confie qu’il est « un homme qui vit à l’extérieur avec sa caméra » et du jour au lendemain, alors qu’il croyait que toute cette pandémie n’est qu’une énorme blague, il se retrouve entre quatre murs, à cuisiner « à découvrir de nouvelles recettes ». Jamais de panique mais des souvenirs qui reviennent « des images, celles de la guerre et celles des cousines qui viennent dans ces bras quand les chars commençaient à bombarder ». Le plus dur pour Omar était de voir ses projets « s’arrêter net ».

En Europe et plus particulièrement en France, la pandémie est venue brusquement, elle a provoqué un effet de panique et de peur et il n’y avait pas moyen de négocier avec cette peur. Négocier avec la peur comme l’explique le journaliste Jean Birnbaum dans un ouvrage collectif[19]Gehlker F., Tardivel É., Boutang, A., Bronner G., Corbin A., Crépon M., … Suite...  c’est « apprendre à lui faire face à comprendre la cause de ce sentiment, à utiliser l’énergie qu’il m’apportait pour accomplir ce que je voulais faire, j’ai connu un sentiment de puissance, de lucidité et de liberté extrêmement intense et joyeuse. C’est une sensation d’une telle profondeur que je trouve extrêmement dommage de ne pas chercher plus souvent à l’éprouver. Malheureusement notre société nous offre très peu d’espaces pour en faire l’expérience ».

Les sans-domicile : une couche supplémentaire sur la précarité

La fondation abbé Pierre rappelle dans son rapport[20]L’Etat du mal logement en France 2020. (2020). … Suite... que chaque personne est censée avoir « un minimum vital (gîte, couvert, hygiène, santé) et de sécurité (sociale, économique et physique), qui figurent dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la Constitution française. Personne ne peut en être déchu : vivre à la rue, par exemple, montre que certains droits sont bafoués dans les faits, mais ils ne sont jamais perdus, ni conditionnés à un quelconque mérite ou à un effort d’insertion ».

Dans son 25ème rapport, La fondation Abbe Pierre publie des chiffres alarmants sur les conséquences du mal logement sur les personnes sans domicile fixe. Elle « alerte l’opinion publique sur la multiplication des atteintes au droit au logement et à l’hébergement d’urgence[21]Op.cit., p.159.».

Près de 250.000 personnes vivent dans un centre d’hébergement d’urgence ou d’accueil pour demandeurs d’asile selon la fondation Abbé Pierre. « Concernant le nombre de personnes sans abri, il nous est difficile d’en conclure qu’il s’aggrave car nous manquons de données nationales, la dernière enquête de l’Insee remontant à 2012 », explique Manuel Domergue, chargé d’études à la Fondation Abbé-Pierre.

92 associations, ONG et collectifs signataires, dont Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme ou Médecins sans Frontières ont fait une loi auprès des rapporteurs de l’ONU pour faire « état de ce que les personnes vivant à la rue, dans des squats ou des bidonvilles ne bénéficient pas pleinement des mesures de prévention du Covid-19 ».

Durant le confinement la plupart des centres d’accueil de jour ont fermés et la plupart des maraudes n’ont pas pu être assurés. Le 115 était saturé, le personnel n’arrivait plus à répondre à autant de demandes dans toute la France. Le gouvernement demandait aux gens de rester chez eux mais « je n’ai pas de chez moi » crie un sans domicile fixe au micro de Thibaut Vetter durant un reportage à Strasbourg[22]Reportage réalisé le 17 Mars 2020 par Thibault Vetter pour Reporterre, … Suite....

En plus de ne pas avoir un toit pour les protéger, les personnes dans la rue avaient peur. Peur d’être oubliés car même les squats et les hébergements d’urgence n’étaient plus un endroit sécurisé pour eux.

Cependant quelques mesures ont été prises par le gouvernement pour protéger les plus fragiles. En commençant par les personnes malades. Des « centres de desserrement » ont été ouvert destinés à accueillir les sans-domicile qui représentent des symptômes et qui ne nécessitent pas d’être hospitalisés. Ils étaient mis à l’abri durant 15 jours jusqu’à la disparition des symptômes. Ainsi le Préfet de la région île de France, Michel Cadot a appelé à « récupérer des places dans les chambres d’hôtels. Le groupe Accor va libérer 600 places sur tout le territoire, dont 200 dans la région », a-t-il annoncé.

La mobilisation est « totale » pour « mettre à l’abri celles et ceux qui vivent encore dehors », avait répondu Julien Denormandie, ministre du logement, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 19 mars.

De plus, le gouvernement avait annoncé le 13 mars, le report à fin mai de la fin de la trêve hivernale, repoussant de deux mois les remises à la rue des personnes mises à l’abri. Elle a ensuite été prolongé jusqu’au 10 Juillet, terme de l’état d’urgence sanitaire.

Cette menace quotidienne ressentie par les sans-domicile fut une épreuve dure à surmonter car on rajoute à la misère encore plus de misères et de restrictions. Comme le dit François Corbin dans son livre, Terra Incognito, une histoire de l’ignorance : « La conscience des menaces proliférant en notre temps que nous qualifions d’anthropocène relève désormais d’une apocalypse devenue humaine plutôt que divine[23]Corbin A. (2020). Terra Incognita : Une histoire de l’ignorance (A.M. … Suite... » (Corbin, 2020, p.13)

Analyse des résultats

A la lumière des résultats obtenus nous déduisons que cette pandémie n’a épargné personne. Une crise sanitaire sans précédent qui a permis à tout un chacun à se remettre en cause. Dans quel monde vit-on ? un monde qui s’est retrouvé bouleversé à cause d’un virus invisible.

Bien que la demande d’asile ait bien baissée durant cette période de premier confinement, les chiffres ont augmenté après le déconfinement mais pas assez selon l’association la Cimade « les guichets uniques des demandeurs d’asile (GUDA) fonctionnent toujours à la moitié de leurs capacités[24]Deux mois après le déconfinement, l’enregistrement des demandes … Suite...». Les administrations qui s’occupent de la demande d’asile disent doubler leurs efforts et essayent d’enregistrer le maximum de dossiers pour permettre à toutes ces personnes de sortir rapidement de leur solitude et leur précarité. Cette relance des procédures était tout de même progressive à l’OFPRA, la CNDA et en préfecture. Le public est accueilli sur rendez-vous à partir du 27 mai 2020 et le nombre d’audiences à la CNDA très limité et uniquement avec des audiences à juge unique en premier temps. L’OFPRA rallonge le délai de dépôt de dossier qui était limité à 21 jours auparavant et prend en compte la date du déconfinement comme premier jour de dépôt de dossier d’asile. Le site Info migrants rapportent dans son article que « Les guichets de la préfecture pour l’enregistrement des demandes d’asiles ouvrent mais au compte-gouttes[25]Déconfinement : relance progressive des procédures administratives à … Suite... ».  D’autre part les associations ont pu rouvrir de nouveau pour accueillir les plus fragiles notamment les femmes et reprendre ainsi les cours de français, les activités collectifs dans le respect le plus strict des règles sanitaires. Mais aussi le travail a repris pour tout le monde doucement mais certainement. Une crise sanitaire qui rythme chaque instant de vie mais une reprise qui représente beaucoup d’espoir aux sans-domicile qui ont pu reprendre le petit déjeuner habituel dans les associations et reprendre un repas chaud au moins une fois par jour.

Conclusion 

Contrairement aux guerres, ce virus n’a pas de règle ni d’États puissants. Il a touché aussi bien les pays riches que pauvres entraînant des milliers de morts. Pire que les guerres qui ont précédés, il a fait des ravages surtout chez les plus âgés, les plus fragiles. Durant le confinement, un appel à la solidarité a été donné par Sophie Cluzel, chargée des personnes handicapées « chacun chez soi, ne veut pas dire chacun pour soi ». Chaque pays européen a vu sa frontière se fermer et s’est confiné seul. Mais que représente les frontières aujourd’hui ? Les frontières constituent aujourd’hui plus qu’un enjeu théorique dans la vie des personnes. La frontière est le lieu de rencontre de l’autre, de même que la mondialisation a besoin des frontières pour justifier la permanence des États[26]AMILHAT SZARY, A.-L., 2016, Paris, Qu’est-ce qu’une frontière … Suite.... Le philosophe et sociologue Georg Simmel (1858-1918) le dit : « L’homme est tout autant l’être-frontière qui n’a pas de frontières[27]SIMMEL, G., 1988, Paris, « Pont et porte » (traduit de l’allemand par … Suite... ». Dans son article dédié à Simmel, Thierry Paquot s’arrête sur la notion de l’étrangeté où l’étranger signifie que le lointain est proche[28]PAQUOT, T., 2012, Paris, « En lisant Georg Simmel », in Murs et … Suite.... Il revient sur l’idée que « toute frontière est un événement psychique », d’autant que chaque « frontière sociologique » agit différemment sur l’individu isolé et sur l’individu « de collectivité » (PAQUOT,2012 p.21-25).

Références

Références
- 1 L’express avec AFP, La demande d’asile en Europ chute de 87%, son plus bas niveau depuis 2008.
- 2 La pandémie a fait chuter le nombre de demandes d’asile. (2020, 10 juin). Les Echos. https://www.lesechos.fr/monde/europe/la-pandemie-a-fait-chuter-le-nombre-de-demandes-dasile-1209940
- 3 79.5 millions de personnes déracinés. (2020, 18 juin). UNHCR. https://www.unhcr.org/fr/apercu-statistique.html
- 4 INSEE Focus, n°198, date de parution 07/07/2020. (2020, juillet). https://www.insee.fr/fr/statistiques/4627049
- 5 Bloch-Lainé V. (2020, 27 avril).  « Certains migrants retrouvent dans le confinement quelque chose de familier ». Libération.fr. https://www.liberation.fr/debats/2020/04/23/certains-migrants-retrouvent-dans-le-confinement-quelque-chose-de-familier_1786205
- 6, - 12, - 13 Ibid.
- 7 Gehlker F., Tardivel É., Boutang A., Bronner G., Corbin A., Crépon M., Dupuy J., Fressoz J., Zarka, Y.C., Honoré C., Mesguich D., Morin E., Prince N., Roudinesco É., Spector C., C., & Birnbaum, J. (2018). De quoi avons-nous peur ? (Folio essais) (French Edition). GALLIMARD.
- 8 Robin COREY, La Peur. Histoire d’une idée politique, trd.fr. Christophe Jaquet, Paris, Armand Colin, 2006.
- 9 Op.cit.
- 10 Saglio-Yatzimirsky M. C. (2018). La Voix de ceux qui crient. Albin Michel, p.8
- 11 CONFINEMENT, UN AUTRE REGARD : TEMOIGNAGE D’UNE APPRENANTE à Azmari. (2020). Azmari. https://asso-azmari.fr/confinement-un-autre-regard-temoignage-dune-apprenante/
- 14 Adami H. (1990). La Formation Linguistique Des Migrants (Didatique Des Langues Etrangères) (French Edition) (0 éd.). Cle.
- 15 Interview de Marie Zink avec Hervé Adami, « la langue française vecteur d’intégration et d’émancipation pour les migrants » le 13 Janvier 2017 au micro de RFI. http://rfi.fr/hebdo/20170113-langue-française-immigrations-migrants-refugies-integration-france.
- 16 Interview réalisée à Paris en septembre 2020 par Jimy BOULOS.
- 17 Un réfugié statutaire ou une protection conventionnelle c’est un statut encadré par la convention de Genève de 1951. « Le système d’asile des pays signataires sont organisés en référence à cette convention. Selon le texte, toute personne apportant la preuve qu’elle a subi où craint de subir des persécutions dans son pays peut bénéficier d’une protection de l’État où elle en fait la demande ». Il y a certes l’asile politique, mais aussi les personnes menacées de persécution du fait de leur religion, nationalité ou leur appartenance à un certain groupe social sont éligibles à la protection. On les appelle « les réfugiés statutaires et ils bénéficient d’un certain nombre de droits fondamentaux en fonction du pays qui les accueille. Il est important de noter que le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) emploie le mot réfugié pour qualifier même les individus n’en ayant pas acquis le statut officiel mais dont la situation Concorde avec les critères de la convention de Genève de 1951 comme les demandeurs d’asile, les apatrides, les déplacés internes et les rapatriés ». Voir REY Philippe, pourquoi les migrants, les indispensables, 2016, p. 80
- 18 Entretien avec Catherine Withol de Wenden sur les enjeux de l’intégration économiques des réfugiés, dans le cadre d’une étude menée par l’UNESCO, la délégation de Palaos, menée par Benjamin Caste, étudiant Master1 parcours Politiques publiques à Sciences Po Paris, le 03 août 2017. NADER, A. et BOULOS, J. (sous la dir.), 2019, Médiations et migrations, L’Harmattan, Paris.
- 19 Gehlker F., Tardivel É., Boutang, A., Bronner G., Corbin A., Crépon M., Dupuy J., Fressoz J., Zarka Y. C., Honoré C., Mesguich D., Morin E., Prince N., Roudinesco É., Spector C., C. & Birnbaum, J. (2018). De quoi avons-nous peur ? (Folio essais) (French Edition). Gallimard.
- 20 L’Etat du mal logement en France 2020. (2020). https://www.fondation-abbe-pierre.fr/documents/pdf/reml2020_rapport_complet_web.pdf
- 21 Op.cit., p.159.
- 22 Reportage réalisé le 17 Mars 2020 par Thibault Vetter pour Reporterre, https://reporterre.net/On-n-a-nulle-part-ou-aller-face-au-coronavirus-les-SDF-galerent
- 23 Corbin A. (2020). Terra Incognita : Une histoire de l’ignorance (A.M. HISTOIRE) (French Edition). ALBIN MICHEL.
- 24 Deux mois après le déconfinement, l’enregistrement des demandes d’asile toujours très difficile. (2020, 16 juillet). La Cimade. https://www.lacimade.org/deux-mois-apres-le-deconfinement-lenregistrement-des-demandes-dasile-toujours-tres-difficile/
- 25 Déconfinement : relance progressive des procédures administratives à l’Ofpra, la CNDA et en préfectures. (2020, 8 mai). Info Migrants. https://www.infomigrants.net/fr/post/24633/deconfinement-relance-progressive-des-procedures-administratives-a-l-ofpra-la-cnda-et-en-prefectures.
- 26 AMILHAT SZARY, A.-L., 2016, Paris, Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ? Presse Universitaires de France, p. 149.
- 27 SIMMEL, G., 1988, Paris, « Pont et porte » (traduit de l’allemand par Sabine Cornille et Philippe Ivernel), in SIMMEL, G., La Tragédie de la culture, Rivages.
- 28 PAQUOT, T., 2012, Paris, « En lisant Georg Simmel », in Murs et frontières, Editions CNRS, p.21-25.


Références bibliographiques

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  • Corbin, A. (2020). Terra Incognita : Une histoire de l’ignorance (A.M. HISTOIRE) (French Edition). ALBIN MICHEL.
  • Rey Ph., (2016). Pourquoi les migrants ? Comprendre les flux de population (Les indispensables) (French Edition).
  • Gehlker, F., Tardivel, É., Boutang, A., Bronner, G., Corbin, A., Crépon, M., Dupuy, J., Fressoz, J., Zarka, Y. C., Honoré, C., Mesguich, D., Morin, E., Prince, N., Roudinesco, É., Spector, C., C., & Birnbaum, J. (2018). De quoi avons-nous peur ? (Folio essais) (French Edition). GALLIMARD.
  • Nader, A., & Boulos, J. (2019). Médiations et migrations : Sous la direction de Amal Nader & Jimy Boulos (Communication et Civilisation) (French Edition). Editions L’Harmattan.
  • PAQUOT, T., 2012, Paris, « En lisant Georg Simmel », in Murs et frontières, Editions CNRS.
  • Rodier, C., & Portevin, C. (2016). Migrants et réfugiés – Réponse aux indécis, aux inquiets et aux réticents (Cahiers libres) (French Edition). La Découverte.
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  • SIMMEL, G., 1988, Paris, « Pont et porte » (traduit de l’allemand par Sabine Cornille et Philippe Ivernel), in SIMMEL, G., La Tragédie de la culture, Rivages.
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  • Wenden, W. C. (2018). Atlas des migrations : Un équilibre mondial à inventer (Atlas Monde) (French Edition). AUTREMENT.

Webographie

Pour citer cet article

, "Situation des migrants et des sans-domicile face à la pandémie Covid-19", REFSICOM [en ligne], Communication de crise, médias et gestion des risques du Covid-19, mis en ligne le 11 décembre 2020, consulté le Tuesday 15 September 2026. URL: https://refsicom.org/864


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