L’expérience touristique Dormir chez l’habitant et la contribution des résidences Airbnb

Résumés

Le logement constitue l’un des paramètres de planification du voyage dans une destination et participe amplement à enrichir l’expérience touristique. En effet, au contraire des excursionnistes, le touriste se demande toujours « Où vais-je me loger ? ». Aujourd’hui, il n’est plus question de penser uniquement à un hôtel, un camp de vacances, une auberge où le touriste pourra passer son séjour. La stratégie économique et sociable qualifiée de dormir chez l’habitant est de plus en plus privilégiée. Les résidences Airbnb offrent une contribution majeure dans le domaine de l’hébergement touristique parce qu’elles apportent des changements significatifs tant en matière de services de logement offerts aux touristes dans les destinations visitées que par l’offre d’une expérience touristique enrichissante. De plus, les résidences Airbnb constituent un modèle de commerce électronique moderne et rentabilisé, une entreprise ayant un impact majeur sur la vie sociale et culturelle des touristes et des populations locales.
Housing is one of the parameters for planning a trip to a destination and plays an important role in enriching the tourist experience. Indeed, unlike day trippers, tourists always ask themselves "Where am I going to stay?". Today, it is no longer a question of thinking only of a hotel, a holiday camp, a guest house where the tourist can spend his holidays. The economic and social strategy called sleeping with locals is increasingly favored. Airbnb residences offer a major contribution in the field of tourist accommodation because it brings significant changes both in terms of housing services offered to tourists in the destinations visited and by offering an incredible touristic experience. In addition, Airbnb residences constitute a modern and profitable e-commerce model, a business which have a major impact on the social and cultural life of tourists and local populations.

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Table des matières

Introduction

Que sa destination soit connue auparavant ou fraîchement identifiée, le touriste évalue et qualifie de positive ou de négative son expérience de séjour, avant, pendant et après sa visite dans un lieu différent de son quotidien ce, par rapport à l’espace d’hébergement. En effet, même si la destination est souvent sélective, en revanche le lieu d’hébergement est toujours planifié (mois, semaines, jours) à l’avance. Aujourd’hui, il n’est plus question de penser uniquement à un hôtel, un camp de vacances, une auberge où le touriste pourra profiter de son séjour. De plus en plus, il privilégie une stratégie économique et sociale qualifiée de dormir chez l’habitant. Cette expression désigne le fait pour un touriste de se loger chez un résident de la destination visitée. C’est, en effet, une expérience touristique qui renvoie à une aventure qui peut prendre plusieurs formes. Les chercheurs comme Dean MacCannell (1976, p. 214), Neil Leiper (1979, p. 390-407), Rémy Knafou (1998, p. 250; 2000, p. 85-94), Jean-Didier Urbain (2002, p. 368), Marc Boyer (2002, p. 397-404 ; 2005, p. 327), André Rauch (2011, p. 1-16), Philippe Duhamel (2018, p. 256), se sont distingués par leurs réflexions théoriques sur le tourisme et le touriste suivant des approches pluridisciplinaires liant la géographie, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, l’économie, le marketing, la communication, etc. Ils ont contribué à la connaissance de la mobilité et du voyage ainsi qu’à la compréhension de l’industrie touristique en tant que phénomène en évolution. Cependant, leurs contributions ne permettent pas de cerner toutes les dimensions de l’expérience touristique. Comme le montre Wided Majdoub, la définition retenue dans les recherches francophones est celle de Gilles Marion, selon laquelle « l’expérience touristique désigne une sensation, une pratique, un événement vécu et la connaissance de la vie qui résulte de cet événement » (Marion, 2003, p. 87-91 ; Majdoub 2012, p. 53). Cependant, plusieurs questions se posent : Que fait un touriste à chaque instant de sa journée, lors de sa visite sur un site ? Quel sens donne-t-il à son vécu et à ses activités ? Quels plaisirs, mais aussi quels agréments, éprouve-t-il ? Quelles relations fait-il entre son voyage rêvé, imaginé, attendu et celui qu’il vit ? La mobilité caractérise-t-elle son expérience ? Le retour chez soi en fait-il partie ? Y a-t-il des moments de la vie quotidienne qui appartiennent ipso facto à cette expérience ? De nombreuses typologies (Morisset, 2012, p. 276) tentent d’étudier l’expérience touristique sans apporter des réponses concluantes à toutes ces questions (Fux, 2014, p. 1-6). Dans une étude développée sur les fondements sociaux et culturels de l’expérience touristique contemporaine, Marc Laplante explique que : « la recherche en tourisme ne traite pas (encore de manière adéquate) de toutes ces questions et, quand elle en étudie une, elle ne s’occupe pas de ses rapports avec les autres » (Laplante, 1996, p. 79). De plus, précise Laplante, très pratiquement, quiconque a fait au moins un voyage de vacances sait que sa vie quotidienne a changé dans les jours qui ont précédé son départ et ceux qui ont suivi son retour.

Bien que les études sur le tourisme culturel distinguent « les attitudes des touristes à l’égard de l’expérience touristique et la valeur qu’ils attachent à cette expérience » (Kadt, 1979, p. 4), les recherches sur l’usage de la stratégie de dormir chez l’habitant pratiquée par les touristes sont très peu développées. De plus, la contribution de l’Airbnb dans l’enrichissement de l’expérience touristique n’est pas assez connue. Les réflexions de Worthman (2010), Gallagher (2017), Griffith (2020), pour ne citer que celles-ci, n’ont pas insisté sur l’expérience des touristiques qui utilisent le service des Airbnb. S’il est évident que le lieu de séjour participe à l’enrichissement de l’expérience touristique, force est aussi de constater que le rôle des résidences Airbnb dans ce domaine n’est pas connu des chercheurs, voire des professionnels du voyage. Ainsi, notre réflexion s’inscrit comme une contribution pour comprendre la relation entre l’hébergement et l’expérience touristique. Par une démarche qualitative appliquée aux champs des Sciences Sociales, elle présente des hypothèses adaptées au cas d’étude des résidences Airbnb. Nos propos ici ne s’intéressent pas à la philosophie sociale et politique des Airbnb encore moins aux critères d’intégration de cette entreprise en évolution, mais plutôt à la valeur transformatrice de l’expérience multidimensionnelle que les résidences Airbnb procurent aux touristes en termes de construction ou de renouvellement de soi, d’apprentissage, d’ouverture d’esprit, d’enrichissement, de croissance et de développement (2013). Nous cherchons aussi à comprendre, en termes de perspectives, en quoi les résidences Airbnb peuvent-elles profitables pour les pays en développement comme Haïti ?

C’est quoi le Airbnb ?

AirBed and Breakfast (Airbnb) est une compagnie de service électronique qui a pris naissance en août 2008 à San-Francisco, État de Californie, aux Etats-Unis d’Amérique. La compagnie est certes très jeune avec seulement ses treize (13) années d’existence, mais son succès dépasse largement son âge. À travers son site internet, Airbnb sert de plateforme communautaire en ligne de réservation et de location de logements pour des particuliers en déplacement. Cette entreprise privée se range dans la catégorie des industries offrant des services de logement particulièrement destinés aux voyageurs de court séjour (1 à 120 jours) en transit d’une ville à une autre, ou d’un pays à un autre. La clientèle cible concerne évidemment les explorateurs flexibles et aventureux qui veulent vivre une expérience de proximité avec les populations des destinations visitées, plutôt que de se cloîtrer dans les hôtels tout inclus. La particularité de cette institution est que les logements offerts pour le service touristique ne sont pas la propriété de l’entreprise qui, plutôt, vend son nom commercial par une campagne de marketing féroce qui touche les visiteurs et les résidents. Cette compagnie ne fait qu’offrir une plateforme en ligne où les visiteurs peuvent faire des réservations chez des particuliers établis dans les destinations sélectionnées. De fait, Airbnb fait la promotion du touriste local, régional et international. Il demeure que ce type de service destiné foncièrement à des touristes devient très populaire. Le phénomène se propage d’abord aux États-Unis puis au reste du monde à une très grande vitesse. Notons que la compagnie reçoit des commissions de l’ordre de 3 % sur l’hôte et 6 % sur le montant du voyageur pour toute transaction utilisant la plateforme, ce qui garantit sa rentabilité Selon les chiffres disponibles sur le site web officiel de la compagnie, les résidences Airbnb comptabilisent 7 Millions de logements disponibles à travers le monde. Il est recensé plus de 14.000 petites maisons, 4.900 châteaux et 2.400 cabanes listés sur le site Airbnb.com qui comptabilise environ 24.000 nuitées par jour. Avec une présence dans 100 mille villes localisées dans 220 pays et régions, la compagnie offre ses services dans 62 langues (Airbnb, 2019). Le chiffre d’affaires de l’entreprise était estimé en 2017 à $ 2,5 milliards de dollars. Avec une valeur marchande de 31 milliards de dollars, Airbnb envisage une introduction en bourse en 2019 (Bfm, 2018).

En quoi le Airbnb participe-t-il à enrichir l’expérience touristique ?

 

La stratégie de l’entreprise consistant à mettre les gens en contact avec des expériences de voyage uniques est payante. Elle a pour mission de créer des espaces ouverts sur le monde, accessible à n’importe qui, disponible à n’importe quel endroit. Cette stratégie encourage les visiteurs à prendre logement dans des résidences privées qui leur offrent une expérience d’hébergement proche de leur environnement habituel, peut-être même plus ou moins luxueux. Le touriste peut donc décider de louer une chambre ou une maison entière selon s’il planifie une visite individuelle ou en groupe. Six (6) aspects, parmi tant d’autres, attirent notre attention et sont à considérer dans cette expérience touristique promue par Airbnb : la qualité des services fournis à la clientèle, la stricte application d’une politique sécuritaire, les interconnections et échanges interculturels qui se développent entre les visiteurs et les visités, les prix réduits comparés aux hôtels, et enfin l’amélioration du niveau économique des populations d’accueil.

La qualité des services fournis à la clientèle

L’offre des logements Airbnb motive beaucoup les touristes puisqu’elle permet d’évaluer à tout moment la qualité des services reçus ce, à travers le site web officiel de la compagnie où les touristes peuvent laisser des commentaires sur leurs degrés de satisfaction. Cette évaluation disqualifie les logements qui ne respectent pas les normes ou qui n’offrent pas un service de qualité, ce qui aura évidemment une incidence sur l’augmentation ou la diminution du volume de clients en fonction du nombre d’étoiles attribué (1 à 5 ; 5 étant un indice d’excellence) et des commentaires laissés par les touristes clients. De plus, comme pour les hôtels, les résidences utilisées dans le cadre des services Airbnb sont identifiées et sélectionnées en raison des photos et/ou des vidéos postées en ligne par les propriétaires, ainsi que la bonne description qui aura à motiver le / les visiteur(s) pour faire ce choix. La compagnie s’assure que les clichés photographiques et vidéographiques postés sur le site soient de très bonne qualité. La curiosité et l’analyse minutieuse de ces images photos et vidéos donnent déjà une idée aux touristes de la qualité des résidences de séjours. Enfin sur place, les visiteurs sont placés dans un cadre de confort propre aussi agréable que le propriétaire qui, souvent vit sur le même toit que son invité. Le propriétaire peut se sentir poussé à apporter d’autres services complémentaires pour s’assurer de la satisfaction du client. Les résidences qui ne répondent pas au minimum de qualité suivant les procédures et la politique de la compagnie Airbnb peuvent être déclassées ou résiliées du site.

La stricte application d’une politique sécuritaire

Les touristes ainsi que les propriétaires ont développé une certaine confiance réciproque sous la base de la politique établie par la compagnie Airbnb qui s’applique strictement pour garantir la protection et la sécurité des biens et des vies tant des visiteurs que des visités. Dans cette dynamique, les effets du touriste aussi bien que ceux du propriétaire de maison sont supposés protégés et garantis. Certains cas de vandalisme ont été enregistrés. Cependant, la compagnie n’étant pas un service de régulation à force juridique, n’a le pouvoir uniquement de bloquer le compte d’un particulier qui ne peut plus utiliser les services Airbnb soit en tant que touriste ou en tant que propriétaire de maison. En cas de vandalisme, de vols ou de non-respect par l’une ou l’autre des parties, seule la loi du pays d’accueil s’applique. Il serait logique de penser que le droit international privé pourrait s’appliquer dans certaines circonstances.

Les interconnections et échanges interculturels entre les visiteurs et les visités

La logique de « dormir chez l’habitant » tient toute sa force dans la perspective des échanges interculturels et sociaux qui se développent entre le visiteur (le touriste) et le visité (hôte, propriétaire). Le touriste est appelé à faire un déplacement tout en restant dans un certain confort proche de son quotidien. En effet, dès son arrivée dans la destination, le touriste cherche autant le contact humain et l’ambiance de la culture qu’il ne trouvera que dans l’animation et la récréation des sites ou des paysages visités. Ainsi, le premier contact avec le propriétaire du lieu où il passera son séjour permet d’établir un climat de confiance et de tisser une relation interpersonnelle qui continue souvent au-delà de la visite dans la résidence. Le propriétaire devient alors son conseiller, et fréquemment son guide – accompagnateur. Le touriste s’empresse de visiter avec lui, ou suivant ses recommandations quelques hauts lieux suggérés. Déjà, sa pratique touristique s’inscrit dans un temps limité et est parfois soumise à des contingences économiques qui l’empêchent de se consacrer qu’aux découvertes patrimoniales ayant une grande réputation, qui sont parfois très diversifiées et qui n’exigent pas des dépenses extravagantes. Le plus souvent, le touriste qui passe un ou trois jours dans une grande ville étrangère utilise des outils immédiatement accessibles et faciles à lire (il cherche en tout cas la facilité, n’oublions pas qu’il est en vacances). La signalétique sur place, les brochures, les revues et magazines avant tout dans sa propre langue, sont pour lui des repères. Cependant, les petites recherches sur internet, les guides qu’il consulte avant le départ donnent certainement des informations clés ; sur place, il va trouver d’autres clés s’il a le temps, les moyens et le désir de chercher à déchiffrer des codes différents. Si les supports de communication (guides, plans commentés, signalétique) sont importants, ils induisent une lecture rapide. D’autre part, le visiteur d’une attraction où le touriste est engagé dans une pratique de loisirs. Il est à la recherche d’informations sur le lieu de visite. Dans cette dynamique, les activités de divertissement auxquelles il participe font l’objet d’une expérience ludique (Laplante, 1985, p 59-80). On peut ainsi saisir toute l’importance du tourisme comme mode de production, d’acquisition et de transmission des savoirs puisque, sur place, il découvre la vraie réalité du pays ou de la destination qu’il visite et il apprend à connaître tout en le comparant avec son pays d’origine. Ainsi, ces échanges interculturels qui se développent entre les visiteurs et les visités dans les Airbnb, entre autres au matin ou le soir après sa journée de visite, contribuent à enrichir son expérience et sa quête de découvrir les principaux référents culturels et sociaux de sa destination.

Enfin de compte, avec Airbnb, la pratique touristique devient avant tout une expérience dépanouissement personnel et social vécu, qui facilite la rencontre de soi ou avec « l’Autre » et qui renvoie principalement à deux formes d’altérité : une altérité spatiale (le désir de découvrir l’Ailleurs, une nouvelle destination) et l’autre temporelle (le désir de connaitre l’ancien et les éléments d’autrefois, d’où l’intérêt pour le patrimoine). Ce qui fondamentalement constitue l’essence de l’expérience touristique c’est donc ce « désir d’aventure qui pousse à la quête de l’authenticité, de l’exotisme et/ou du ressourcement identitaire » (Demesvar, 2015, p 78). Olivier Lazzarotti rappelle que le tourisme est une expérience de l’altérité. Car pour l’auteur faire du tourisme c’est aussi apprendre des autres, de leurs modes de vie et de la diversité culturelle. En effet, cette expérience est portée par le corps, pour autant elle ne peut se réduire à sa seule dimension. Expérience sensible et émotionnelle, les savoirs acquis comme touriste le sont aussi par les voies corporelles. Parmi elles, le regard tient une place privilégiée, peut-être prépondérante : voir les lieux des autres, voir les autres dans « leurs » lieux mais aussi se voir dans les lieux des autres, c’est faire de ces regards croisés une véritable « machine à savoir », si ce n’est une « machine à penser » (Lazzarotti, 2010).

 La politique de tarification

Il est évident que le touriste planifie son voyage en fonction de son budget. Ainsi, l’indice du prix est un paramètre que le voyageur considère et ménage avec le plus grand soin. Plusieurs études ont déjà montré que l’intérêt du choix de la destination du voyageur dépend en grande partie du coût plus ou moins élevé qu’exige son déplacement. Comme le précise l’agence Boursorama, « cette start-up qui surfe sur la vague de l’économie collaborative permet en effet de louer pour une courte durée une chambre, un appartement, une maison, voire même une île privée directement à des particuliers. Pour des prix deux à quatre fois moins chers que ceux pratiqués par les hôtels, vous vous retrouvez dans un logement typique du pays visité : un appartement haussmannien avec parquet et moulures à Paris, un loft avec rooftop à New York, une maison sur la plage à Hawaï. Avec son modèle gagnant-gagnant, qui permet aux touristes d’économiser, et aux loueurs de se faire un peu d’argent de poche, Airbnb a rapidement conquis la planète » (Boursorama, 2014). Dans cette perspective, Airbnb est souvent privilégié par le voyageur qui compare les prix des hôtels à ceux souvent moins élevés que proposent les Airbnb se trouvant dans la même destination. A titre d’exemple, il suffit de se placer dans la peau du touriste et comparer les prix moyens proposés en ligne par les hôtels et les Airbnb dans trois grandes villes touristiques pour se faire une idée des choix opérés par les touristes.

Tableau : Analyse comparée des prix des hôtels et des Airbnb dans trois grandes villes touristiques
 

Prix comparés

Villes touristiques Prix moyens Hotels Prix moyens Airbnb
Paris, France 36 $ à 350 $ 20 $ à 155 $
New York, USA 85 $ à 206 $ 35 $ à 120 $
Québec, Canada 33 $ à 151 $ 23 $ à 102 $
Source : K. Demesvar, Enquête sur les prix des hôtels comparés aux Airbnb. Décembre 2019.

Ce tableau réalisé à partir de données non officielles disponibles sur les sites internet des agences de planification de voyage telles Trivago, Tripadvisor, Expédia et Google montrent l’écart existant entre les prix moyens d’une chambre des hôtels et les prix moyens des Airbnb pour une nuit dans trois grandes villes touristiques mondiales. Selon l’endroit, le touriste peut profiter des réductions qui varient de l’ordre de 10 à plus de 100 $ pour une nuitée. Logiquement, c’est une économie qui attire le touriste. Ceci explique pourquoi les Airbnb deviennent autant populaires notamment auprès des jeunes touristes, de classe moyenne, autant des femmes que des hommes, qui planifient leurs voyages en ligne.

L’amélioration du niveau de vie économique des populations d’accueil.

La contribution des résidences Airbnb à l’amélioration du niveau de vie économique des populations d’accueil devrait faire l’objet d’études et d’analyses économiques très approfondies. Cet aspect économique est très important puisque cela permettrait de comprendre comment les résidences Airbnb participent à l’enrichissement économique des citoyens des villes et des campagnes où l’entreprise est représentée. Malheureusement, les données ne sont pas disponibles pour montrer la moyenne des revenus que bénéficient par les propriétaires qui se sont associés à l’entreprise. Quoiqu’il en soit, il est certain que ces propriétaires ont une activité qui peut définitivement augmenter leur pouvoir d’achat et leur revenu. En tout cas, cela représente pour eux une forme de création et d’augmentation d’emploi qui est d’ailleurs lucratif puisque les particuliers multiplient les locations de leurs résidences en utilisant la plateforme d’Airbnb. En conséquence, Airbnb participe au développement social et économique des communautés où il est établi. Il est évident que tout en développant ses activités commerciales, Airbnb cherche à avoir un impact positif sur la société. En ce sens, Airbnb pratique ce que les économistes appellent de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) en intégrant volontairement les préoccupations sociales voire même environnementales à ses activités commerciales et en développant des relations privilégiées avec les propriétaires des résidences. Ceci peut être interprété comme une contribution de l’entreprise aux enjeux du développement durable.

L’intérêt de mettre en place des résidences Airbnb dans les pays en voie de développement comme Haïti

Loin d’être une nouvelle pratique, dormir chez l’habitant constitue un élément de la culture de plusieurs pays en développement. Ceux-ci ont intérêt à faire la promotion des résidences Airbnb qui peuvent largement contribuer au secteur du tourisme dans ces destinations.

Haïti peut compter sur les résidences Airbnb pour profiter de cette forme d’entreprise et engager ainsi, à une certaine échelle, son développement économique. En effet, considéré comme le pays le plus pauvre de l’hémisphère américain, il a pourtant été pendant longtemps plébiscité comme l’une des destinations privilégiées de la caraïbe insulaire. Classé, déclassé et reclassé sur la carte touristique de la Caraïbe et du monde, ce pays a connu des périodes de gloires avec le tourisme malgré les crises sociopolitiques récurrentes. Sa diaspora est une ressource qui pourra contribuer au développement des Airbnb tant dans l’utilisation des leurs résidences en Haïti que par l’usage de celles-ci lors de leurs visites au pays. Les périodes de vacances et fêtes patronales sont des moments importants où les résidences Airbnb peuvent être utiles aux voyageurs notamment lors des pèlerinages religieux. Ainsi, Airbnb peut servir de modèle d’entreprise individuel en Haïti et participer à la réduction de la pauvreté dans ce pays. Déjà, des résidences localisées à Jacmel, Ile-à-Vache, Port-au-Prince et Pétion-Ville, pour ne citer que ces villes sont listées sur le site de Airbnb qui proposerait plusieurs dizaines de logements disponibles au pays (Viard, 2016). Leurs prix moyens varient entre 20 $ à 130 $ USD la nuit, comparés aux hôtels dont les prix se situent entre 20 $ à 169 $ la nuit (Airbnb, 2020). Un article du quotidien Le Nouvelliste signé d’Aly Acacia paru sous le titre Avec Airbnb, le tourisme devient véritablement l’affaire de tous !’’ précise que « des destinations comme Haïti qui ne sont pas entièrement prêtes pour le tourisme de masse gagnerait à établir une stratégie à partir de ce nouveau type de touristes jeunes et différents qui veulent humaniser un peu plus, leur façon de découvrir la planète et son monde » (Acacia, 2018). Un Mémorandum d’entente officiel a été signé le 31 janvier 2018 entre l’État haïtien par Jessie Menos alors Ministère du Tourisme et la compagnie Airbnb représentée par M. Shawn Sullivan, responsable de la région caribéenne et de l’Amérique latine (Haïti-Libre, 2018). Il reste à en assurer une gestion et les conditions répondant aux politiques de l’entreprise.

Conclusion

Les maisons d’hôtes qui servent de résidences Airbnb constituent des équipements qui complètent les produits touristiques et qui se positionnent sur le marché touristique mondial. Elles influencent le travail sur l’identité commerciale, la marque et conséquemment peuvent inspirer un travail de valorisation patrimoniale. Cela n’aura pour effet que de stimuler une expérience touristique sensible aux visiteurs dans les espaces visités, dans des conditions de détente, de loisir et de sécurité. Aujourd’hui, les utilisateurs d’Airbnb ne sont pas seulement attirés par les prix : « Ils viennent aussi pour vivre des expériences uniques » (Marin et Dupont-Calbo, 2013). C’est pourquoi, la compagnie Airbnb n’offre pas que des logements mais aussi des spectacles, voire même des programmes de visite, des suggestions de restaurant et des boutiques à visiter. De plus, la compagnie fait la promotion d’Airbnb Plus, un type de service qui encourage un tourisme responsable qui transforme le touriste en citoyen du monde. En ce sens, Airbnb participe, à bien des égards à l’enrichissement de l’expérience touristique. En conséquence, il devient très populaire et popularisé notamment par les médias et les touristes en quête d’aventure. Malgré la pandémie mondiale liée à la Covid-19, les résidences Airbnb ne sont pas complètement fermées, au contraire, certains touristes de retour à leurs pays d’origine préfèrent louer une résidence Airbnb pour passer le temps de la quarantaine loin de leurs proches. Il est vrai qu’auparavant certaines villes tentaient d’imposer à la compagnie des régulations contraignantes en vue de protéger le marché des hôtels, des pays en développement ont intérêt à faciliter ce type d’entreprise qui ne fait que contribuer largement au revenu des citoyens propriétaires et l’assiette fiscale de ces pays. Avec les Airbnb, le tourisme peut devenir un facteur important dans le développement de l’économie locale et régionale dans des pays en voie de développement comme Haïti.



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Pour citer cet article

, "L’expérience touristique Dormir chez l’habitant et la contribution des résidences Airbnb", REFSICOM [en ligne], Regards croisés sur l’expérience, diffusion et aventure interdisciplinaire d’un concept, mis en ligne le 06 mai 2021, consulté le Tuesday 15 September 2026. URL: https://refsicom.org/981


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