Table des matières
Les projets d’intérêt général notamment territoriaux sont souvent confrontés à l’épreuve de l’acceptabilité sociale, une problématique qui devient de plus en plus préoccupante dans les politiques publiques et de l’aménagement territorial.
En Algérie, depuis les années 2000, plusieurs projets d’aménagement territorial ont connu des oppositions citoyennes. Parmi les projets les plus marquants, nous citons entre autres, celui de l’autoroute Est-ouest qui menaçait le Parc naturel d’El-Kala (2008), le projet du gaz de schiste à In Salah (2015) et celui de la cimenterie d’Ighzer n’Taqa à Batna (2016).
Des oppositions qui sont justifiées notamment par la nuisance et l’opacité qui entourent ces projets. Certains d’entre eux ne servent pas les catégories sociales locales, surtout quand il s’agit de projets d’extractivisme qui s’insèrent dans le marché mondial[1]Géraud Guibert, « La contestation des grands projets … Suite.... D’autres sont désignés d’« éléphants blancs » car ils sont associés aux affaires de corruption et de mauvaise gestion, comme c’est le cas du projet de l’autoroute traversant le pays d’Est en Ouest.
Elles sont aussi la résultante d’une gouvernance autocentrée, où l’État intervient fortement dans les grands projets[2]Abdelatif Kerzabi, « Entreprise, développement et développement durable … Suite.... Ce qui conduit, les pouvoirs publics à instaurer des normes de discours et de silence et des limites de communication qui expriment des logiques et des stratégies politiques et institutionnelles, souvent mal accueillies par la population. Résultats des comptes, ces politiques débouchent sur des échecs avérés des projets, qui marquent à la fois l’échec de la décision qui l’exprimait et celui de la communication à laquelle il avait donné lieu[3]Bernard Lamizet, « Le Grand projet : Une médiation institutionnelle de … Suite.... Dans ce cas de figure l’impossibilité des pouvoirs publics de légitimer leur mise en œuvre est remarquable. En raison particulièrement, du discours maquillé, parfois dénigrant toute voix contestataire, que déploient les différents responsables. Auquel, s’ajoute un manque de transparence sur les répercussions négatives qu’auraient engendré ces projets d’intérêt général sur la vie des citoyens et riverains.
L’un des facteurs essentiels dans l’inacceptabilité sociale reste la persuasion des autres groupes et individus, qu’un projet donné menace leurs bien être. Ce registre du risque qui relève de la sociologie des sciences est propagé par l’expertise scientifique qui est souvent reprise par le profane. Donc, l’information et la communication en générale sont pertinentes dans la mesure où elles « captent l’imaginaire des agents récepteurs »[4]Francis Chateauraynaud et Didier Torny, Les sombres précurseurs: une … Suite....
En partant de ce principe, nous nous sommes interrogés sur la question de la gestion des projets d’intérêt général en Algérie et son impact sur l’acceptabilité sociale de ceux-ci. Pour aborder ce questionnement, nous avons choisi d’étudié les aspects communicationnels relatifs à la gestion du projet du gaz de schiste (GDS) qui représente un exemple typique d’« inacceptabilité sociale ». Il a fallu moins d’une semaine pour qu’une opposition publique ait lieu, en janvier 2015, en réponse à l’inauguration du premier puits pilote à In Salah ; dans le sud algérien. Son passage du fait (inauguration du projet), qui semblait jusqu’à lors ordinaire, à un événement public (contestation) a pris l’envergure d’un problème public, notamment, par sa durée dans le temps (plus de trois mois) et son amplification médiatique. Cette trajectoire controversée nous interpelle pour nous pencher sur ce construit social commun, son opacité et sa gestion communicationnelle qui laisse à désirer. Par conséquence d’en tirer les ficelles de la traduction de ce projet « d’intérêt général », mal tourné, et sa transformation en un projet à risque collectif, selon les représentations sociales.
De point de vue théorique, cette controverse sociotechnique se situe à la croisée de plusieurs champs disciplinaires. Elle nous offre l’embarras du choix des approches et la possibilité de l’étudier suivant plusieurs paradigmes. Entre autres, les approches du risque (Beck, Luhman, Giddens), de représentations sociales (Muscovici), ou encore celles d’éco-santé et de socio-environnementale (Rémi Barbier). Ses aspects interactifs, sociales et discursives peuvent être également appréhendés par les diverses approches communicationnelles telles que la théorie des opinions (Stoetzel), de l’agir communicationnel (Habermas) mais aussi par les théories de la communication à double étage (Lazarsfeld), de réception et d’influence des médias (Downs). D’autres approches et non des moindres fournissent les éléments théoriques nécessaire pour comprendre la place de la communication dans cette problématique sociotechnique. La sociologie des problèmes publics, par ses approches de l’agenda politique et médiatique, en sont un exemple. L’enchevêtrement des champs théoriques qui caractérisent cette recherche nous incite à prendre compte de plusieurs approches théoriques, ne serait ce que pour aborder et expliquer certains aspects de l’objet d’étude. En revanche, notre travail s’inspirera principalement de la sociologie pragmatique autour de la construction d’un problème public de nature environnementale. Dès lors, cet engagement interpelle une méthodologie qui se situe à la croisée des champs des interactions sociales et de la construction des problèmes publics. L’analyse de la gestion communicationnelle de cette controverse s’appuiera sur la notion de coalition discursive englobant à la fois les acteurs sociaux et leur construit, ce qu’ils en font de leur discours et comment ils le font.
Notre contribution qui se veut une lecture critique de la gestion de ce conflit, par les autorités officielles algériennes, tentera de mettre en évidence le discours du réseau institutionnel que nous jugeons important, voire déterminant dans le processus d’acceptabilité sociale d’un projet aussi d’envergure que celui du GDS. Surtout que ce réseau a essayé d’abord de véhiculer une image propre et sans dangers du projet, puis de retraduire le discours critique des opposants. De plus, ces promoteurs du projet, organisés en système, ont en leur possession des instruments d’action que ce soit : médiatiques, juridiques, politiques, législatifs, et même coercitifs auxquels ils font recours dans ce conflit avec les autres réseaux d’acteurs sociaux. La force de ce réseau demeure aussi dans sa structure organisationnelle en forme de triangle de fer[5]Le triangle de fer est un concept américain qui résume la relation entre … Suite..., c’est-à-dire une alliance informelle entre les décideurs politiques, l’industrie de l’énergie et les relais des pouvoirs publics.
Tous ces aspects, nous incitent à nous interroger sur la ressource communicationnelle mobilisée par les pouvoirs publics dans la mise en œuvre de ce projet gazier. À ce titre notre intérêt se limite à la communication officielle (institutionnelle), c’est à dire aux discours des promoteurs[6]Par promoteurs du gaz de schiste, nous désignons l’ensemble des acteurs … Suite... du GDS. Notre objectif est de chercher à comprendre comment la communication publique a été articulée autour de ce projet par ceux-ci. Mais aussi, d’identifier les cadres interprétatifs, formulés par ces différents acteurs, qui se déguisent derrière des pratiques de confinement et de gestion de la crise.
Pour comprendre tout ces éléments, nous suivons, dans cette analyse, une démarche méthodologique de type qualitatif. Cela dans le but de saisir les différentes coalitions discursives mobilisées au cours des phases de transformation et de l’évolution du discours officiel fabriqué par un réseau constitué d’acteurs gouvernementaux, de leurs alliés, d’institutions publiques, de relais et d’organisations satellitaires (proche des pouvoirs publics).
Cette recherche repose sur des données collectées par trois outils de recherche : l’entretien, le questionnaire, l’analyse de contenu médiatique. Ajoutées à cela, notre participation à plusieurs événements relatifs à la problématique étudiée. Cette étude concernera l’ensemble de déclarations, d’arguments et de communications rendus publics par les acteurs impliqués dans la promotion du projet de l’exploitation du GDS et rapportés aussi dans les médias. Cela fait, en tout, pas moins de 90 déclarations publiques faites par pas moins de 70 promoteurs du projet. Cette recherche se penchera aussi sur les perceptions que fait la population algérienne, notamment du Sud (In Salah), de la gestion communicationnelle de ce conflit territorial. Cet aspect est rapproché par une synthèse des représentations sociales collectées par les outils de questionnaire-entretien[7]Les entretiens en nombre de 45 ont été menés avec des membres … Suite.... D’où l’association de ces outils de recherche afin d’enrichir l’approche du problème analysé et de croiser les sources et les informations. Mais surtout, d’identifier et d’isoler les coalitions discursives, des acteurs cités précédemment, et de les regrouper selon une classification thématique. Implicitement, d’en tirer des conclusions sur l’importance de la communication et de la concertation dans l’acceptabilité sociale de ce projet d’intérêt général et territorial.
L’évolution et les trajectoires qu’a connues le dossier du GDS nous a poussé à adopter l’approche de la traduction. Une approche qui englobe un « ensemble des opérations par lesquelles des énoncés sont mis en relation non seulement les uns avec les autres, mais également avec des éléments matériels, des compétences incorporées dans des êtres humains, des procédures ou des règles[8]Madeleine Akrich, Michel Callon, Bruno Latour, Sociologie de la traduction … Suite... ». Cette approche connue aussi sous le nom de la théorie de l’acteur réseau cherche à expliquer tout processus de construction social donné, depuis la problématisation d’une situation estimée dommageable jusqu’à la mobilisation collective. Et dans notre cas de figure, ce qui nous intéresse le plus sont les acteurs ; promoteurs du projet du GDS.
L’architecture de la contribution s’articule essentiellement autour de trois parties. D’abord, pour des fins de contextualisation, nous rappelons les origines de ce projet du gaz de schiste et son avènement en Algérie. Puis, nous relaterons l’évolution et les mutation du discours officiel qui a suivi ce projet, ainsi que la montée en généralité de l’«inacceptabilité sociale » et le basculement du projet dans le registre du risque. Ensuite, nous reviendrons sur les procédés de gestion communicationnelle du dossier par les pouvoirs publics et les facteurs déclenchant le refus social de ce projet.
Mise en contexte du conflit du gaz de schiste
L’industrie du GDS est une problématique environnementale d’une dimension internationale. Elle a suscité beaucoup d’oppositions à travers le monde en raison de ses risques dommageables sur la santé humaine et l’environnement naturel. Dans cette controverse l’enjeu de la communication est central.
Les origines de cette problématique remontent à la diffusion du film engagé « Gasland[9]Josh Fox (Scénariste et réalisateur), Gasland [documentaire], USA, 2010. … Suite...» qui a révélé la réalité de cette industrie et ses dérives en relatant les expériences des victimes de Texas et de Colorado.
L’influence de ce documentaire a dépassé les frontières des USA où il a été tourné. Sa programmation au festival de cinéma indépendant de Sundance[10]Le film Gasland a été programmé le 24 janvier 2010. Accès : … Suite... n’a fait que confirmer les inquiétudes des opposants Nord-américains et des environnementalistes partout dans le monde. Sa large propagation sur internet et sur les réseaux sociaux numériques (RSN) a amplifié son effet sur un très large public transnational. Les scènes du film, particulièrement celle du robinet en feu qui explique la contamination de l’eau par le méthane est considérée comme l’une des scènes qui ont fait basculer l’industrie du GDS dans le champ de l’« inacceptabilité sociale ». Le documentaire en question a été employé par les détracteurs de cette industrie y compris par les opposants algériens, comme une pièce à conviction devant les défenseurs et les promoteurs du GDS.
Deux ans après sa sortie, l’industrie du GDS en Amérique contre-attaque avec le reportage « Truthland ». Celui-ci, suit la même démarche que celle de Fox, pour mettre en valeur les bienfaits de cette industrie. Cette riposte constitue un véritable travail de propagande, comme le résument certains militants anti-GDS : « Je me sers de ce film dans un cours qui s’appelle – le rôle que font jouer les pétrolières et gazières aux femmes – […] Je montre ça aux gens pour qu’ils voient ce que c’est que la propagande[11]Entretien avec un membre de l’association québécoise pour la lutte … Suite... ».
Cela montre à quel point la mobilisation des ressources communicationnelles est indispensable pour faire passer et imposer une vision voulue de la réalité. C’est ce que font également les promoteurs du GDS, pour attiser la colère des sceptiques, et cela à travers leur campagne de séduction en employant les chiffres alléchants de l’Agence Internationale à l’Énergie. Cette branche de l’OCDE, dans son rapport de 2011, estime les réserves du gaz non conventionnel récupérables à 187510m3, ce qui correspond à 48 bassins répartis sur 32 pays à travers le monde. Or, la même agence s’est trompée dans un rapport de un à cinq sur les réserves polonaises et de 96% pour celles de la Californie[12]Hocine Malti, L’État fait le forcing, les citoyens résistent, … Suite....
Malgré les erreurs d’estimation, les chiffres de cette Agence ont fait couler beaucoup de salive à certains pays y compris aux responsables algériens qui ont été séduits par le potentiel des réserves[13]Le rapport de l’AIE (2011) place l’Algérie en troisième position … Suite... en GDS. C’est ainsi que les promoteurs du projet en Algérie commençaient à en parler sous prétexte de diversifier l’offre énergétique et d’augmenter les exportations. C’est dans ce contexte que le projet du GDS a atterrit en Algérie.
De la communication unilatérale aux pourparlers
La gestion du conflit du GDS par le gouvernement algérien a connu une alternance de phases au fur et à mesure que la controverse évolue dans les espaces publics et les sphères de confrontation. Le projet en question a connu essentiellement trois périodes : La première (avant 2012) correspondant à la période d’avant la loi sur les hydrocarbures non conventionnels (HNC), la deuxième renvoie à la période de l’élaboration de la loi sur les HNC (2012-2014) et la dernière période coïncide avec le mouvement anti-GDS de In Salah (2015).
Cette répartition en phases nous permettra de relever les pratiques communicationnelles déployées par le réseau des promoteurs avec l’évolution du conflit. Pour la précision, ici le réseau des promoteurs est représenté par toutes les parties officielles et les personnes impliquées publiquement dans la promotion de ce dossier.
En général, lors de la première phase qui précède l’année 2012, la communication autour du projet était dominée par le réseau des promoteurs ; ce qui a donné lieu à un modèle de communication unilatérale, dont les autorités et les institutions publiques sont presque les seules à occuper la scène médiatique et publique.
À partir de l’adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures en 2013, la communication est devenue pluraliste et issue de multiples parties et acteurs sociaux dépassant le fait du réseau des promoteurs. Ceci en raison de la montée de la fronde sociale, où le réseau des promoteurs était contraint de composer avec les autres acteurs sociaux qui ont manifesté leur opposition. Cette phase était marquée par une passe d’armes entre les promoteurs et les opposants au projet via des canaux d’information interposés.
Par la suite, des leaders d’opinion y sont impliqués. Il s’agit notamment de leaders politiques, des scientifiques, spécialistes du domaine énergétique et des activistes. Leurs interventions publiques ont donné lieu à un modèle de leader associé au modèle Plan des promoteurs.
Il a fallu attendre la troisième phase (2015) pour observer timidement le modèle de conversation stratégique où le réseau des promoteurs avait tenté de se rapprocher notamment de la population de In Salah, en enclenchant une série de pourparlers avec les représentants locaux en raison de l’opposition citoyenne importante à l’échelle locale. À cette stratégie officielle, s’ajoutent des pratiques peu orthodoxes, comme les menaces, la violence physique et symbolique, pour étouffer et confiner la mobilisation citoyenne.
Avant 2013, les interventions publiques sur la question du GDS étaient dominées par les défenseurs du projet, dont des responsables en poste, d’anciens cadres de la Sonatrach[14]La Sonatrach est une entreprise nationale algérienne spécialisée dans : … Suite...et des institutions publiques ou encore représentants des firmes internationales en plus des experts et des spécialistes en énergie. À cette période, les défenseurs du projet ont accaparé les espaces médiatiques trois fois plus que le réseau des opposants. Tandis que, les spécialistes en environnement, les associations et les militants anti-schistes sont absents des plateaux télés, au moment où certains promoteurs y apparaissent deux à trois fois dans les émissions[15]Parmi les émissions consacrées à la question du gaz de schiste et que … Suite... consacrées au sujet.
Dans leur stratégie de communication, les promoteurs du GDS voulaient imposer une image d’un projet clean et sans risque. Ils ont mobilisé d’autres acteurs (nationaux et étrangers) en forme d’ambassadeurs officieux, dont la mission est de promouvoir une bonne image de cette industrie. Certains experts organiques ont été même désignés afin de présenter les aspects techniques de la nouvelle loi, devant les députés. Pendant ce temps, les antagonistes sont isolés et écartés des discussions et des rencontres officielles sur le sujet.
Cette mise à l’écart a étouffé le débat contradictoire et traduit une feuille de route officielle qui se veut indiscutable, en présentant le projet du GDS comme une opportunité capable de générer beaucoup de bénéfices au trésor public. Cette vision exclusivement matérialiste visait à séduire et à enrôler l’opinion publique qui semble méfiante vis-à-vis du projet. Finalement, hormis quelques amendements, le projet de loi autorisant l’exploitation du GDS fut adopté par les députés de l’alliance présidentielle, malgré le refus de ceux de l’opposition.
Avec l’adoption de la loi autorisant l’exploitation du GDS en 2013, la controverse prenait de plus en plus de l’ampleur dans les espaces médiatiques et publics. Face aux premières actions de terrain (rassemblements, pétitions et création de collectifs) le réseau des promoteurs multiplie les déclarations publiques et médiatiques et demande aux citoyens d’ignorer les voix contestataires.
La démystification et la normalisation des risques font partie des tentatives multiples qu’emploient les promoteurs du projet dans leurs discours. Et la meilleure manière pour eux de dédramatiser les dangers était de comparer – comme l’avait fait le Premier ministre d’alors dans ses déclarations devant les députés – les produits utilisés dans le fracking aux produits utilisés dans les détergents et dans la production de couche bébé[16]APS « Abdelmalek Sellal : aucun contrat n’a été signé … Suite....
D’autres ministres ont affiché aussi leur soutien inconditionnel au projet. C’est le cas des ministres de l’Environnement (Amara Benyounes) et des Ressources en eau (Hocine Necib) qui ont défendu l’idée selon laquelle le projet du GDS ne pose aucun problème en Algérie.
Dans le même ordre d’idée, les pouvoirs publics en Algérie ont fait des arguments économiques leur cheval de bataille pour justifier le recours à l’exploitation du GDS. Selon eux, c’est un choix impératif devant la situation économique du pays qui dégringole et les besoins énergétiques qui ne cessent de grimper. Comme l’illustre cet extrait : « A l’horizon 2030, notre consommation en produits énergétiques se chiffrera à 80-85 milliards de dollars par an. Si nos ressources conventionnelles venaient à se tarir et si nous décidons de ne pas exploiter les hydrocarbures non conventionnels, comment pourrions-nous régler cette facture sans un niveau acceptable d’exportations d’hydrocarbures ? [17]APS, « Youcef Yousefi défend l’exploitation du gaz de schiste », in … Suite... ». Mais au fur et à mesure que la pression populaire monte, les autorités publiques ont été contraintes de réagir par un discours « rassurant » toute en s’attaquant aux opposants. Leur riposte s’est inscrite plutôt dans une opération visant à « fracturer la roche de la résistance citoyenne[18]Pierre Foglia, « Les valises », La Presse, 2 septembre 2010. Repéré à … Suite...». D’autres fois, ils adoptent un silence complice associé à un manque de transparence sur les risques relatifs à la technique[19]La technique de la fracturation hydraulique consiste en injection d’un … Suite... utilisée dans l’exploitation du GDS. Ces sorties publiques témoignent d’une forme de reconnaissance indirecte, par les autorités officielles, de cette problématique et des risques éventuels de cette industrie sur l’environnement et la vie humaine. C’est ce qui a fait entrer cette controverse sociale dans l’agenda politique.
Par ailleurs, l’absence d’une communication de crise n’a fait qu’envenimer l’atmosphère en raison des sorties médiatiques et publiques, ratées, des défenseurs du projet. Pour preuve, aucune cellule de communication et de gestion du dossier n’a été installée officiellement par le gouvernement y compris au moment le plus mouvementé et culminant de la controverse. Cette culture continue à caractériser les rapports État-citoyen, dont la rétention de l’information fait toujours défaut au sein de la gouvernance algérienne.
À titre d’exemple, il a fallu attendre les rapports de l’Agence Internationale à l’Énergie rendus publics en 2011 et 2013 pour que les sept bassins riches en GDS, en Algérie, soient connus par le grand public. Un autre exemple est celui de la Sonatrach et ses partenaires (Total, BP, Schlumberger…) qui ont foré une dizaine de puits du GDS depuis 2009 à l’insu des Algériens et avant même l’élaboration de la nouvelle loi autorisant l’exploitation du GDS[20]ocine Malti, Op.cit..
Toutes ces défaillances communicationnelles et les lacunes observées dans le discours des défenseurs du GDS, qui passent sous silence les répercussions négatives de cette industrie, ont semé le doute et la méfiance chez l’opinion publique nationale déjà tendancieuse.
La fracturation « morale »
Le passage de la controverse du GDS à l’échelle locale avait donné une nouvelle dimension au conflit. La communication qui a fait défaut en était à l’origine, puisque l’inauguration officielle du premier puits[21]Le premier puits du gaz de schiste en Algérie a été inauguré … Suite... du GDS à In Salah, le 27 décembre 2014, s’est déroulée totalement en catimini. Aucune personne de la région y compris les autorités locales n’a été avisée. La population locale était stupéfiée quand elle découvre l’information, le soir même, dans le Journal télévisé de 20h de la télévision publique. Cet évènement inattendu qui menace la vie et l’environnement des individus constitue un choc moral pour la population auquel elle ne s’attendait guère.
L’absence d’informations sur le sujet et la crainte de l’inconnu ont généré anxiété et beaucoup d’interrogations chez la population. Et encore ! Les habitants de In Salah ont été surpris de la découverte du site d’exploitation qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de la ville à vol d’oiseau, contrairement à ce que prétendent les déclarations officielles (environ 200 km).
Par conséquence, des « zones d’incertitudes »[22]Michel Crozier, Erhard Friedbeg, L’acteur et le système, Paris, Les … Suite... sont décelées par les citoyens dans la démarche centralisée du gouvernement. De surcroît, le sentiment de mépris et de trahison associé à celui de l’agression et d’absence de concertation ont provoqué une frustration générale. Celle-ci constitue une sorte de stimulus psychique et un argument de plus pour que l’acteur social (la population) rentre en conflit avec l’acteur politique (le système), pour reprendre le jargon de Crozier et de Friedbeg, en refusant ce projet gazier. En ce sens, nos enquêtés considèrent à hauteurs de 60%, les déclarations du gouvernement comme non convaincantes et pas rassurantes, un indicateur qui révèle les limites de la centralisation weberienne dans ce cas de figure. C’est à partir de là, que le phénomène NIMO[23]Not in my oasis par transposition au phénomène NIMBY.est né dans la région de In Salah.
Procédés de gestion communicationnelle du dossier du GDS
Avant le déclenchement du mouvement anti-GDS, les promoteurs du GDS ont laissé régner volontairement l’opacité autour du projet. Par la suite, ils ont essayé de voiler le discours des sceptiques et d’imposer leur cadrage du projet, suivant plusieurs procédés. Notamment, celui qui consiste à minimiser et à normaliser les incertitudes de cette industrie. Comme ce passage qui disait : « Certes il peut y avoir des fuites dans les tubages, mais ceci se passe aussi dans les gisements conventionnels à Hassi Messaoud et Hassi R’mel[24]Abdelmadjid Attar dans Drareni, Controverse, 27 novembre 2013, Dzair TV. ».
Or, plusieurs publications et études sur les expériences nord-américaines ont montré les méfaits de cette industrie sur l’environnement et la santé humaine[25]De toutes ces publications nous pouvons citer le livre « Le mirage du … Suite.... Les promoteurs qui semblent embarrassés par les inconvénients de cette industrie, parlent des peurs et des craintes non fondées des citoyens. Parfois, ils font recours à l’humour pour atténuer le danger. Comme l’illustre bien l’expression de l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines Abdelmadjid Attar qui n’a pas trouvé mieux – pour démentir la séquence vidéo du film « Gasland » qui révèle la présence du gaz dans l’eau de robinet aux USA – que cette phrase : « Qui dit qu’il n’y avait pas une bouteille du gaz à côté[26]Abdelmadjid Attar, Op.cit. ».
Dans ce genre de mise en scène que qualifie Philippe Braud « d’émotionnellement colorée »[27]Anne-Marie Gingras, Médias et démocratie, le grand malentendu (2ème … Suite..., nous avons observé le recours, des promoteurs du GDS, aux concepts de la théorie du complot en assimilant les contestations anti-GDS à une main étrangère qui manœuvre à déstabiliser le pays. Ils ne manquent pas de rappeler à l’opinion publique que les hydrocarbures sont toujours au centre de nombreux conflits, guerres et destructions des Nations. Les déclarations du ministre de l’Énergie et des Mines est le parfait exemple quand il dit que : « […] des tentatives de diabolisation du schiste visaient les pays producteurs qui prônent le nationalisme énergétique […][28]APS, «Youcef Yousfi : dénonce les opposants à l’exploitation du gaz … Suite.... »
Pour rassurer l’opinion publique, les pouvoirs publics déclarent qu’ils ont pris toutes les précautions nécessaires pour éviter les risques. Ils évoquent les études d’impact dans leurs arguments : « Nous avons fait des études d’impacts, le risque devient inexistant […][29]Ahmed Mechraoui, conseiller du ministre d’Énergie et des Mine, in Aoufi … Suite.... » Mais à aucun moment les résultats de ces études n’ont été rendus publics. Ces indicateurs nous renseignent sur la volonté des responsables de vouloir cacher certaines vérités compromettantes à cette période.
Les acteurs pro-schiste ont fait appel, également, au principe de liquidité[30]La notion de liquidité a été empruntée à Zygmunt Bauman. Selon lui … Suite... qui valorise uniquement le présent. Comme le montre cet ancien cadre de la Sonatrach, lorsqu’il énonce ceci : « Il serait malheureux d’avoir une richesse et de ne pas l’utiliser […] pourquoi perdre du temps ? [31]Cherif Lahdiri, « Entre optimisme et scepticisme », in El Watan, 29 … Suite... ». Cet esprit de précipitation est couplé, parfois, à celui de séduction : « Les réserves du gaz de schiste de l’Algérie sont aussi importantes que celles dont disposent les Etats-Unis[32]Cherif Lahdiri, « Yousfi prône la prudence », in El Watan, 28 février … Suite... ». Ils jouent aussi sur la morale, en interpellant les citoyens à se démarquer des voix contestataires.
Après l’inauguration du projet du GDS, les autorités, qui ont peur d’une réaction de la société, anticipent et déclarent que la zone est inhabitée[33]Déclaration de la ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du … Suite.... Ces déclarations sont qualifiées de mensongères par les citoyens, car la région est côtoyée par des nomades.
Certains propos racistes des officiels laissent entendre que les citoyens de In Salah sont : « incultes, qu’ils ne comprennent rien en GDS et ils sont des étrangers venants de pays voisins[34]Témoignages recueillis auprès de plusieurs citoyens d’In Salah entre … Suite... », etc.
Ces « attaques » ont accentué le sentiment de frustration chez la population locale qui reproche aux responsables l’absence de rencontres d’information et de concertation comme l’avait déjà fait la société pétrolière BP, en 2009, lors de son projet d’enfouissement de CO2 dans la même région.
En plus du black-out imposé par les médias publics à cette opposition citoyenne, les RSN étaient la cible d’une vague de censure durant les contestations locales en raison de l’importance de cet espace d’expression libre qui constituait un prolongement à l’espace physique oppositionnel, mais aussi une base de données et d’informations pour les contestataires. C’est ce que de nombreux interlocuteurs en témoignent : « À un moment, ils ont bloqué la page In Salah Sun & Power[35]La page facebook In Salah & Power est créée, en 2010, par … Suite...deux heures durant. Pendant les manifestations, ils ont fermé plusieurs comptes Facebook, dont le mien, alors que j’avais 10 000 photos sur l’affaire[36]Entretien avec l’un des photographes amateurs (Dj. A) qui a joué un … Suite... ». À ces procédés de communication (silence, censure, dénigrement, rumeurs, déclarations erronées, discours de peur et de complot…), les pouvoirs publics ont mobilisé tous les moyens possibles pour mener à bonne fin leur projet y compris, l’ultime procédé ; la violence et la manipulation[37]La vigilance des jeunes de la place Soumoud (In Salah) a permis de … Suite.... C’est le cas aussi de l’instrumentalisation de la question des origines ethniques et de la religion : « Les imams ont été sommés par les pouvoirs publics d’intervenir auprès des citoyens pour les inciter à rentrer chez eux, mais ils (imams) n’ont pas suivi les instructions[38]Entretien avec l’un des militant anti-gaz de schiste (H. H), In Salah, … Suite... ».
Cependant, la détermination de la population locale avait contraint les autorités à passer aux pourparlers et d’envoyer plusieurs délégations ; ministre (Youcef Yousfi), députés FLN, médiateurs (Pr. Ladjel Segni), directeur de la DGNS (Général Abdelghani Hamel), etc. Certains opposants au projet nous ont affirmé qu’en cette période, des avions militaires passèrent régulièrement au-dessus du campement Soumoud[39]Place de résistance où le campement anti-GDS a eu lieu à In Salah. en guise de démonstration de force et d’avertissement à la population. À ces pratiques s’ajoutent des menaces à l’encontre de certains leaders les plus influents par des parties anonymes (envoie de linceul chez eux). D’autres ont subi des représailles professionnelles, un cas même de torture nous a été signalé par nos interlocuteurs.
Le processus d’« inacceptabilité sociale » du projet a été accéléré par plusieurs facteurs. Parmi eux, l’absence de la transparence, la précipitation du gouvernement de se lancer dans cette aventure, mais aussi les arguments fallacieux et non convaincants des promoteurs qui tendent à ignorer les inconvénients de cette industrie. Ce qui a fait de ces défenseurs du GDS « les receleurs des peurs collectives »[40]Julie Sedel, « Une analyse comparée de la médiatisation de deux … Suite... pour reprendre l’expression d’Alain Bauer en favorisant la fabrication du risque par les sceptiques à cette industrie. C’est ce que stipule également l’une des lois de la société du risque : « Plus les dangers sont moins reconnus publiquement, plus la production de risques s’intensifie[41]Ulrich Beck, La société du risque : sur la voie d’une autre … Suite... ».
De plus, le sens d’appartenance des acteurs anti-GDS, leur affection à des figures d’attachement et à un espace vital[42]Les questionnés affirment à 97,3% leur attachement à leur lieu de … Suite... auquel ils s’identifient, en tant que communauté territoriale et sociale partageant des liens multiplexes, ont grandement favorisé ce refus. Cette rationalité émotionnelle[43]Florence Weber, Max Weber, textes essentiels, Paris, Hachette, 2001.des acteurs intervenants dans ce conflit public apparaît surtout dans l’attitude protectionniste et l’entraide entre les divers groupes sociaux. Ces derniers ont renforcé « la communauté de pensée » et ont conduit à la production d’un sens commun argumenté scientifiquement et que partage la majorité de la population locale, autour des dangers de l’exploitation du GDS.
À ces facteurs cités précédemment, s’ajoute également le concept de Déracinement[44]Pierre Bourdieu, Le Déracinement, Evian, Les éditions de Minuit, 1964.. Dans le cas du projet du GDS, le risque de déracinement est assimilé par la population de In Salah à la conquête des sous-sols de la région par les firmes « envahisseurs », qui provoqueront des pollutions irréversibles des nappes phréatiques. Et par conséquence, obligeront la population locale à abandonner leurs terres ancestrales.
Toutefois, l’inauguration discrète du projet a été la goutte qui a fait déborder le vase. Tandis que, l’opacité qui entourait le projet (65,6%) et l’absence de concertation par les pouvoirs publics (70,7%) constituent, selon nos enquêtés, d’autres facteurs et non des moindres qui expliquent leur opposition. Les agissements des décideurs ont induit des soupçons chez les habitants de cette région. Ces derniers sentaient que les autorités officielles cachent des informations essentielles au grand public et « les gens ont commencé à se poser des questions. Ils ont soupçonné la magouille[45]Entretien avec l’un des cadres professionnels (M. N), spécialisé dans … Suite... ». C’est ce qui a engendré un sentiment d’indignation et de mépris chez la population de In Salah qui n’a jamais tourné le dos, par le passé, à la politique du gouvernement.
Alors, ceux qui ont tenté de faire croire aux gens que le projet du GDS ne présente pas de risques, sans passer par les conditions préalables ; de débat public, de communication transparente, de concertation et de consultation, n’ont fait réellement qu’accélérer le processus de l’« inacceptabilité sociale » de celui-ci. En d’autres termes, tous ces indicateurs montrent l’importance capitale de l’aspect communicationnel dans le processus d’acceptabilité sociale du projet du gaz de schiste.
Conclusion
Le conflit entourant le projet du GDS a révélé les limites des autorités publiques algériennes dans la gestion de projets conflictuels. Il montre une défaillance institutionnelle et une absence d’une communication de crise responsable et apaisante. Désormais, une réalité s’impose : l’État ne peut plus passer en force, il n’est plus reconnu comme le seul représentant légitime de l’intérêt général qui suffisait autrefois à faire abdiquer la volonté populaire.
De nouvelles formes de communication plus démocratiques sont à réinventer pour permettre à tous ceux qui se sentent concernés et marginalisés de s’exprimer et d’être associés à la prise de décision. Ainsi, l’État doit-il penser, par exemple, à la mise en place d’une structure autonome qui aura la tâche de collecter et de produire des rapports sur la base des auditions publiques et qu’elle mettra aux services des pouvoirs décisionnels et des médias. Ce moyen d’information et de communication sera un outil participatif dans la gestion des projets territoriaux et problématiques.
Enfin, cette analyse qui soulève la problématique de l’acceptabilité sociale montre implicitement l’importance de l’approche inclusive et participative basée sur la consultation et la concertation des publics, au lieu de l’approche exclusive et unilatérale.
Références
| - 1 | Géraud Guibert, « La contestation des grands projets d’infrastructures », Esprit, 10, n°398, 2013, pp. 92-104. [En ligne]. Consulté le 20 Octobre 2020. DOI : 10.3917/espri.1310.0092. |
|---|---|
| - 2 | Abdelatif Kerzabi, « Entreprise, développement et développement durable : le cas de l’Algérie », dans Merlin-Céline Brogniart, Marc-Hubery Depret et Pierre Le Masne (sous la dir. de), Développement Durable et Responsabilité sociale des Acteurs, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 68. |
| - 3 | Bernard Lamizet, « Le Grand projet : Une médiation institutionnelle de l’imaginaire », dans Valérie Lehmann et Bernard Motulsky (sous la dir. de), Communication et grands projets, les nouveaux défis, Ottawa, Presse de l’université du Québec, 2013, p. 234. |
| - 4 | Francis Chateauraynaud et Didier Torny, Les sombres précurseurs: une sociologie pragmatique de l’alerte et du risque, Paris, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1999, p. 46 |
| - 5 | Le triangle de fer est un concept américain qui résume la relation entre l’administration, le politique et les groupes d’intérêt. |
| - 6 | Par promoteurs du gaz de schiste, nous désignons l’ensemble des acteurs qui défendaient le projet du gaz de schiste dans leurs interventions publiques et médiatiques. |
| - 7 | Les entretiens en nombre de 45 ont été menés avec des membres associatifs et acteurs anti-gaz de schiste dans le but de comprendre la réception du discours officiel sur le projet du gaz de schiste. Concernant le questionnaire, 300 exemplaires ont été distribués à la population d’In Salah, qui s’est opposée au projet dans le but de saisir les raisons de refus de point de vue communicationnelle. Quant à l’analyse de contenu médiatique, elle a touché 219 articles de presse publiés dans trois quotidiens nationaux de référence : El Watan (fr), El Khabar (ar) et Liberté (fr), mais également des émissions diffusées sur quatre chaînes de télévision : Les trois chaînes algériennes du secteur public (Canal Algérie, A3 et ENTV), et la chaîne privée de droit étranger Dzair TV (fermée depuis). S’agissant des événements relatifs au sujet du gaz de schiste et auxquels on a pris part nous citons entre autres : les conférences, les contestations publiques et les rencontres-débats. |
| - 8 | Madeleine Akrich, Michel Callon, Bruno Latour, Sociologie de la traduction : Textes fondateurs, Paris, Presses de l’Ecole des Mines, 2006. |
| - 9 | Josh Fox (Scénariste et réalisateur), Gasland [documentaire], USA, 2010. Ce documentaire retrace le parcours du réalisateur américain Josh Fox sur la piste du gaz de schiste. Il a participe à la diffusion d’une alerte mondiale sur les dérives et les effets négatifs de cette industrie, malgré les critiques qui lui ont été faites. |
| - 10 | Le film Gasland a été programmé le 24 janvier 2010. Accès : http://www.sundance.org. |
| - 11 | Entretien avec un membre de l’association québécoise pour la lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), avril 2013. Dans Sébastien Chailleux, Non au gaz de schiste ! Cadrages et débordements de la controverse sur les hydrocarbures non conventionnels en France et au Québec, Sociologie, Paris, université Laval- Bordeaux, 2016, p. 132. Repéré à https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01280729. Consulté le 15/10/2020. |
| - 12 | Hocine Malti, L’État fait le forcing, les citoyens résistent, Communication à l’université d’été d’Attac, Marseille, Aout 2015. |
| - 13 | Le rapport de l’AIE (2011) place l’Algérie en troisième position dans le monde après la Chine et l’Argentine en termes des réserves du gaz de schiste. En 2013, la même agence avance le chiffre de 707 trillion de m3. Repéré à https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=11611. Consulté 10/10/2021. |
| - 14 | La Sonatrach est une entreprise nationale algérienne spécialisée dans : la recherche, l’exploitation, le transport par canalisation, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures et de leur dérivés. Elle a été créée le 13 décembre 1963 et elle est considérée comme le major africain. |
| - 15 | Parmi les émissions consacrées à la question du gaz de schiste et que nous avons pu consulter, nous citons : Uni-vert, Question d’actu (Canal Algérie), اقتصادي حوار (ENTV- chaine terrestre) ainsi que Controverse et اقتصادية قضايا (Dzair TV). |
| - 16 | APS « Abdelmalek Sellal : aucun contrat n’a été signé concernant l’exploitation du gaz de schiste », in El Watan, 05 juin 2014. |
| - 17 | APS, « Youcef Yousefi défend l’exploitation du gaz de schiste », in El Watan, 11 janvier 2013. |
| - 18 | Pierre Foglia, « Les valises », La Presse, 2 septembre 2010. Repéré à https://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/201009/01/01-4311832-les-valises.php. Consulté le 15/10/2021. |
| - 19 | La technique de la fracturation hydraulique consiste en injection d’un mélange d’eau et de produits chimique dangereux sous pression dans les puits pour fracturer la roche mère afin de libérer le gaz. Ce qui pourrait polluer les eaux phréatiques et les surfaces par les rejets boueux. |
| - 20 | ocine Malti, Op.cit. |
| - 21 | Le premier puits du gaz de schiste en Algérie a été inauguré officiellement dans le bassin d’Ahnet (région de In Salah) par le ministre de l’Énergie et des Mines Youcef Yousfi, accompagné par ceux de l’Environnement, Dalila Boudjemaâ et celui des Ressources en Eau, Hocine Necib. |
| - 22 | Michel Crozier, Erhard Friedbeg, L’acteur et le système, Paris, Les éditions Le Seuil,1977. |
| - 23 | Not in my oasis par transposition au phénomène NIMBY. |
| - 24 | Abdelmadjid Attar dans Drareni, Controverse, 27 novembre 2013, Dzair TV. |
| - 25 | De toutes ces publications nous pouvons citer le livre « Le mirage du gaz de schiste » (Thomas Porcher), le rapport de l’agence française de toxicologie et de chimie qui a relevé 2500 mélanges utilisés dans la fracturation hydraulique, dont 650 en contiennent des produits hautement toxiques. Ou encore l’étude réalisée au Colorado, montrant l’impact réel de ces produits sur la santé des travailleurs et la population environnante. |
| - 26 | Abdelmadjid Attar, Op.cit. |
| - 27 | Anne-Marie Gingras, Médias et démocratie, le grand malentendu (2ème édit.), Ottawa, Presses de l’Université du Québec, 2006, p. 18. |
| - 28 | APS, «Youcef Yousfi : dénonce les opposants à l’exploitation du gaz de schiste » in El Watan, 21 juin 2014. |
| - 29 | Ahmed Mechraoui, conseiller du ministre d’Énergie et des Mine, in Aoufi (Ouarda), Débat économique (Arabe), ENTV, 11 juin 2014. |
| - 30 | La notion de liquidité a été empruntée à Zygmunt Bauman. Selon lui tout ce qui donnait à nos sociétés un caractère stable et prévisible s’efface. |
| - 31 | Cherif Lahdiri, « Entre optimisme et scepticisme », in El Watan, 29 février 2012. |
| - 32 | Cherif Lahdiri, « Yousfi prône la prudence », in El Watan, 28 février 2012. |
| - 33 | Déclaration de la ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire, Dalila Boudjemâa. |
| - 34 | Témoignages recueillis auprès de plusieurs citoyens d’In Salah entre décembre 2016 – janvier 2017. |
| - 35 | La page facebook In Salah & Power est créée, en 2010, par l’association environnementale Shams de In Salah, elle compte actuellement environ 90 000 membres. Accès : https://www.Facebook.com/groups/ainsalah/. |
| - 36 | Entretien avec l’un des photographes amateurs (Dj. A) qui a joué un rôle important dans la couverture des évènements d’In Salah, 27/12/2016. |
| - 37 | La vigilance des jeunes de la place Soumoud (In Salah) a permis de déjouer une tentative de manipulation qui a été menée par deux individus étrangers à la région. Ils tentaient de distribuer des tracts la nuit, appelant à rejoindre l’organisation terroriste Daech. L’une des personnes a été arrêtée et remise aux forces de sécurité, mais aussitôt remise en liberté. Entretiens avec des militants anti-schistes, In Salah, 12/2016-01/2017. |
| - 38 | Entretien avec l’un des militant anti-gaz de schiste (H. H), In Salah, 07/01/2017. |
| - 39 | Place de résistance où le campement anti-GDS a eu lieu à In Salah. |
| - 40 | Julie Sedel, « Une analyse comparée de la médiatisation de deux sociologues de la délinquance juvénile », Questions de communication, 16, 2009, pp. 97-118. [En ligne]. Consulter le 25 octobre 2021. Disponible sur : http://questionsdecommunication.revues.org/343. |
| - 41 | Ulrich Beck, La société du risque : sur la voie d’une autre modernité, Paris, Alto Aubier, 2001, p. 136. |
| - 42 | Les questionnés affirment à 97,3% leur attachement à leur lieu de résidence. Et 85% d’entre eux confirment leur envie de continuer à y résider à vie. |
| - 43 | Florence Weber, Max Weber, textes essentiels, Paris, Hachette, 2001. |
| - 44 | Pierre Bourdieu, Le Déracinement, Evian, Les éditions de Minuit, 1964. |
| - 45 | Entretien avec l’un des cadres professionnels (M. N), spécialisé dans le domaine des énergies à Sonatrach, In Salah, 27/12/2015. |
Références bibliographiques
- Akrich Madeleine, Callon Michel, Latour Bruno, Sociologie de la traduction : Textes fondateurs, Paris, presses de l’École des Mines, 2006, 304 pages.
- Beck Ulrich, La société du risque : sur la voie d’une autre modernité, (trad. de l’allemand par L. Bernardi), Paris, Alto Aubier, 2001, 521 pages.
- Bourdieu Pierre, Abdelmalek Sayah, Le Déracinement, la crise de l’agriculture traditionnelle en Algérie, Paris, Les éditions de Minuit, 1964, 228 pages.
- CHAILLEUX Sébastien, Non au gaz de schiste ! Cadrages et débordements de la controverse sur les hydrocarbures non conventionnels en France et au Québec, Sociologie, Paris-Ottawa : université Laval-Bordeaux, 2016, 538 pages. [En ligne]. Disponible sur : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01280729.
- Crozier Michel, Erhard Friedbeg, L’acteur et le système, Paris, Les éditions Le Seuil,1977, 436 pages.
- Gingras Anne-Marie, Médias et démocratie, le grand malentendu (2ème édit.), Ottawa, Presses de l’Université du Québec, 2006, 287 pages.
- Guibert Géraud, « La contestation des grands projets d’infrastructures », Esprit, 2013, 10, n°398, pp. 92-104. [En ligne]. Consulté le 20 Octobre 2020. DOI : 10.3917/espri.1310.0092.
- Kerzabi Abdelatif, «Entreprise, développement et développement durable : le cas de l’Algérie », dans Merlin-Brogniart Céline, Depret Marc-Hubery et Le Masne Pierre (sous la dir. de), Développement Durable et Responsabilité sociale des Acteurs, Paris, L’Harmattan, 2009, 236 pages.
- Lamizet Bernard, « Le Grand projet : Une médiation institutionnelle de l’imaginaire », dans Lehmann Valérie et Motulsky Bernard (sous la dir. de), Communication et grands projets, les nouveaux défis, Ottawa, Presse de l’université du Québec, 2013, 281 pages.
- Malti Hocine, L’État fait le forcing, les citoyens résistent, Communication à l’université d’été d’Attac, Marseille, Août 2015.
- Sedel Julie, « Une analyse comparée de la médiatisation de deux sociologues de la délinquance juvénile », Questions de communication, 2009, 16, pp. 97-118. Disponible sur : http://questionsdecommunication.revues.org/343.
- Weber Florence, Max Weber, textes essentiels, Paris, Hachette, 2001, 192 pages.
Les contenus de la revue