Introduction
L’injonction à la participation citoyenne s’intensifie, surtout dans un contexte où les usages numériques se développent. Cet appel à la participation en ligne répond à un désir général de changement du modèle actuel de démocratie, fragilisé par le désintérêt et la diminution de la confiance envers les modèles représentatifs anciens (Proulx, 2020). C’est dans ce contexte que s’inscrit l’émergence du mouvement des civic tech, ou technologies civiques, qui regroupe un ensemble d’initiatives numériques visant à favoriser l’implication des citoyens dans les affaires publiques[1]. Ces dispositifs prennent souvent la forme de plateformes, d’applications mobiles ou de sites web proposant de nouvelles modalités d’expression, de consultation ou de co-construction de l’action publique.
Les technologies de l’information et de la communication (TIC), en tant que médiatrices techniques, participent à nourrir l’imaginaire d’une démocratie plus horizontale, ancrée dans des logiques d’échange et de participation (Noyer, Raoul, Pailliart, 2013). Dans ce cadre, la communication publique joue un rôle important, car elle organise les interactions entre les collectivités et les habitants et garantit un espace d’expression ouvert et intelligible (Zemor, 1995). Les communicants publics se trouvent alors investis d’une double mission : inciter à la participation tout en évaluant les effets, parfois ambigus, des dispositifs qu’ils mettent en œuvre. Bien que ces pratiques restent souvent expérimentales, plusieurs collectivités de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) ont adopté des outils numériques tels que les applications mobiles Maires et Citoyens, Intramuros ou Neocity. Ces plateformes permettent la diffusion d’informations, la réalisation de sondages, l’organisation de consultations publiques, le signalement d’incidents urbains, ou encore la mise en place de budgets participatifs.
Dans ce contexte, on peut se demander si les civic tech permettent réellement aux habitants de jouer différemment leur rôle d’acteurs-citoyens dans les transformations sociétales. Si oui, quelles sont les limites de cette pratique ? Se pose également la question de la capacité à engager les citoyens dans des démarches participatives à l’ère du numérique. Pour répondre à ces interrogations, il est nécessaire de réfléchir aux défis, voire aux limites de cette idéologie technique dans la résolution des problèmes sociaux à partir de l’intermédiation du dialogue social via les plateformes et de la place de la communication humaine dans ces dispositifs (Wolton, 2009).
La région PACA, en tant qu’espace méditerranéen, constitue un terrain d’étude particulièrement riche pour explorer ces questions. Entre métropoles régionales (Marseille, Toulon, Nice), zones périurbaines en expansion, territoires ruraux isolés et littoraux sous pression, elle incarne une diversité géographique et sociale qui pourrait complexifier la mise en œuvre de dispositifs participatifs. Ce territoire est par ailleurs traversé par des tensions persistantes : contestations de projets d’aménagement tels que la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA)[2], impacts environnementaux – notamment la bétonisation du littoral varois comme à Fréjus et Saint-Raphaël[3] – ainsi que des tensions autour de la gouvernance métropolitaine, en particulier à la métropole Aix-Marseille-Provence, créée en 2016 dans le cadre des réformes territoriales et qui cristallise aujourd’hui de nombreuses tensions institutionnelles et sociales. À cet égard, un rapport[4] du Sénat (2022) met en évidence les blocages persistants liés à une gouvernance perçue comme technocratique, opaque et déséquilibrée en faveur de Marseille, souvent au détriment des communes périphériques. Ces tensions s’inscrivent dans une histoire locale marquée par le clientélisme, les rivalités politiques et la fragmentation urbaine, que Giblin (2014) a analysée à travers le prisme des reconfigurations du pouvoir municipal et des rapports de force territoriaux. Toutes ces dynamiques traduisent tant une défiance envers les institutions qu’un besoin exprimé de prise de parole et de reconnaissance de la part des citoyens. Dans cet environnement contrasté, les civic tech ou technologies à usages citoyennes peuvent ainsi apparaître tour à tour comme des médiateurs du dialogue, des vecteurs de transparence ou des instruments de gestion technocratique.
C’est à partir de ces enjeux qu’a été développée la présente recherche. En analysant l’usage de dispositifs numériques participatifs dans cinq communes de la région PACA, elle interroge le rôle de ces technologies dans l’ouverture de la communication publique territoriale, ainsi que leur impact sur les représentations politiques, la participation en ligne, la délibération et la prise de décision. L’étude repose sur cinq entretiens semi-directifs menés auprès d’acteurs municipaux (responsables de la communication locale) impliqués dans la mise en œuvre ou la gestion de ces outils. Elle vise à mettre en lumière les tensions et les possibilités de l’usage des civic tech dans un contexte méditerranéen, entre innovation démocratique et encadrement des expressions citoyennes (Dacheux, 2020).
État de l’art : évolution des pratiques participatives et enjeux de gouvernance locale
La crise de la confiance et la démocratie participative
La démocratie représente une promesse et un idéal, ceux d’un régime politique fait pour le bien commun et pour l’émancipation individuelle et collective. Elle s’appuie sur l’idée que le pouvoir doit émaner du peuple et être exercé pour le peuple. Cependant, la situation actuelle de diminution de la confiance des citoyens envers leurs représentants ou encore le fort taux d’absentéisme électoral sont des indicateurs d’une crise structurelle de la démocratie représentative (Blondiaux et Fourniau, 2011). Ces dysfonctionnements semblent être un reflet de l’incapacité de ce modèle à répondre aux besoins et aux aspirations d’une société toujours plus diversifiée. Ainsi, du point de vue institutionnel, la démocratie continue à être un idéal largement partagé, une promesse difficile à tenir et un problème difficile à résoudre (Rosanvallon, 2002).
La notion de démocratie participative est née précisément de la critique de la représentation. Elle aspire à inclure les citoyens dans les processus décisionnels, offrant ainsi une alternative au système représentatif. Introduite pour la première fois dans un manifeste étudiant aux États-Unis en 1962, intitulé Students for a Democratic Society, elle a émergé dans un contexte de mouvements contestataires visant à remettre en question le fonctionnement des institutions démocratiques américaines[5]. La démocratie participative se positionne ainsi comme une tentative de correction, voire de transformation, de la démocratie représentative, en proposant des pratiques plus collaboratives et inclusives.
Face à cette nécessité de participation, les gouvernements ont progressivement intégré des dispositifs visant à associer les citoyens aux décisions publiques. Ces initiatives combinent des démarches traditionnelles sur le terrain, telles que les assemblées locales, avec des outils numériques facilitant la consultation et la délibération en ligne. L’objectif est d’élargir l’espace public pour y inclure des groupes sociaux jusque-là marginalisés, tout en encadrant les demandes et les expressions citoyennes de manière structurée : « La mise en place des institutions participatives locales a partout été marquée par la volonté affichée par leurs promoteurs d’approfondir la démocratie, d’élargir l’espace public par le débat et d’ouvrir la décision aux citoyens, en appelant des groupes sociaux défavorisés et sous-représentés dans le champ politique à participer » (Goirand, 2013, p. 7). L’inclusion des citoyens, des membres des mouvements urbains divers dans la prise de décision, va révéler parfois une stratégie des pouvoirs publics pour faire face à certains mouvements contestataires. « Les dispositifs favorisent une participation non protestataire et permettent aux autorités d’encadrer l’expression des demandes portées par le public, ce qui tend à déconflictualiser les enjeux sur lesquels se mobilisent les citoyens » (Ibid, p. 17). Dans ce sens, à travers la civic tech, la sphère politique trouve le moyen d’encadrer les discours sociaux et de les canaliser vers des solutions viables et consensuelles.
Les mouvements sociaux et urbains, historiquement présents en France, témoignent de la volonté des citoyens de débattre et de participer de façon plus active à la gestion de la chose publique. Ces initiatives évoluent vers des pratiques hybrides, combinant des actions organisées en ligne et des rencontres physiques. Parallèlement, les institutions manifestent un intérêt pour ces démarches participatives, dans un effort visant à renouveler les modes de gouvernance. Cette collaboration entre institutions et citoyens repose sur l’intelligence collective et nourrit l’espoir d’une transformation des pratiques démocratiques (Goirand, 2013).
En France, l’adoption de dispositifs numériques pour la participation s’est inscrite dans un contexte post-crise démocratique, notamment après le mouvement des Gilets Jaunes, dont l’ampleur et la longévité ont révélé une profonde remise en cause des canaux traditionnels de représentation. Également né d’un mouvement contestataire sur les réseaux sociaux numériques, le mouvement a été réorienté vers un cadre délibératif formalisé. Il s’agit du « Grand Débat National », lancé en 2019 par Emmanuel Macron en s’appuyant sur une plateforme numérique développée par Cap Collectif[6]. Cette dynamique s’inscrit dans une logique plus large de cadrage institutionnel des mobilisations en ligne, également observable dans d’autres contextes méditerranéens, notamment en Espagne et en Italie. En Espagne, le mouvement des Indignés (2011) a favorisé l’émergence de formes de participation institutionnalisées, comme les plateformes Decide Madrid ou Decidim à Barcelone. En Italie, certaines collectivités ont aussi expérimenté des outils numériques de consultation, de façon plus fragmentée.
Les civic tech apparaissent comme une forme de régulation technopolitique de ces mobilisations, proposant aux institutions des cadres techniques qui permettent de canaliser, organiser, voire contrôler les prises de parole citoyennes. Toutefois, elles vont prolonger certaines logiques propres aux plateformes de réseaux sociaux numériques (facilité d’usage, feedback instantané), tout en les transposant dans un espace institutionnel normé, souvent éloigné des dynamiques conflictuelles ou contestataires. Ce double mouvement de libération expressive et de cadrage institutionnel constitue l’un des enjeux majeurs des usages des plateformes participatives. Il convient toutefois de distinguer les civic tech, orientées vers le renforcement de la participation citoyenne, des GovTech, qui désignent un ensemble de solutions technologiques destinées à améliorer l’efficacité administrative de l’action publique. Si les civic tech visent prioritairement à impliquer les citoyens dans les processus démocratiques (consultation, délibération, co-construction), les GovTech se concentrent davantage sur la modernisation de l’appareil étatique, en proposant des outils numériques pour la gestion interne, les services publics ou l’aide à la décision. Cette distinction éclaire les tensions entre ouverture démocratique et logique de rationalisation technocratique qui traversent les politiques numériques actuelles[7].
L’injonction participative et la puissance d’agir citoyenne
La participation citoyenne contemporaine s’inscrit dans une tension entre, d’une part, une injonction à participer formulée par les autorités publiques, et, d’autre part, une revendication de participation portée par des citoyens désireux de s’impliquer dans les processus décisionnels. L’injonction institutionnelle reflète une volonté de rénover les modes de gouvernance, en introduisant des dispositifs censés associer les citoyens aux politiques publiques. Cette dynamique s’est renforcée avec l’essor d’Internet et des réseaux sociaux numériques, qui facilitent l’expression publique et la circulation des mobilisations (Bernard, 2014). En parallèle, la revendication citoyenne traduit une aspiration à être gouverné autrement, à faire entendre sa voix en dehors des cadres institutionnels, et à participer activement à la vie publique.
La littérature distingue deux formes principales de participation : une participation passive, dans laquelle le citoyen est intégré à un processus sans réel pouvoir de décision, et une participation active, qui suppose un engagement plus fort et une prise de position dans l’espace public. Bernard (2014) identifie également trois logiques imbriquées de la participation : expressive (exprimer une opinion), processuelle (prendre part à une démarche collective) et décisionnelle (influencer la décision). Dans ce contexte, la notion de pouvoir d’agir citoyen, souvent analysée à travers le concept d’empowerment, désigne la capacité des individus à s’approprier les outils numériques pour influer sur leur environnement social et politique (Proulx, 2020). Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ne sont alors pas de simples supports d’expression, mais des leviers d’émancipation, notamment pour les groupes marginalisés. Elles permettent de rendre visibles des voix minorées et de favoriser l’auto-organisation dans des contextes de mobilisation sociale. Comme l’écrit Proulx (2020, p. 135) : « [L]a puissance d’agir citoyenne à l’ère numérique peut être pensée comme horizon politique. Dans un tel cadre, l’appropriation des outils numériques peut effectivement signifier symboliquement la possibilité d’un accroissement de l’empowerment, d’un accroissement de la puissance d’agir pour les citoyens. Nous pourrions formuler l’hypothèse que la technologie joue ici sur une intensification du désir et de sa captation/transformation en agir. Le conatus[8] serait ici déterritorialisé par la technique ».
Cependant, cette capacité d’agir ne se limite pas à la dimension technologique : elle suppose également des conditions sociales et éducatives propices à une appropriation réelle et inclusive des dispositifs numériques. Bacqué et Biewener (2015) distinguent à ce titre plusieurs modèles d’empowerment, du modèle libéral, centré sur l’autonomie individuelle, au modèle radical, fondé sur la transformation des structures de pouvoir. Ainsi, le renforcement du pouvoir d’agir citoyen interroge la capacité des institutions publiques à accompagner ces dynamiques de manière équitable. La participation effective ne dépend pas uniquement des outils numériques mis à disposition, mais aussi de la volonté politique de reconnaître et d’intégrer les contributions citoyennes. Ce sont ces appropriations différenciées qui permettent ou non de transformer l’usage des TIC en réel levier de participation démocratique.
L’évolution des pratiques participatives dans un contexte numérique
En France, la participation citoyenne dans les collectivités est institutionnalisée par l’État par l’intermédiaire d’un cadre législatif solide. Depuis la Loi n° 95-101 du 2 février 1995, qui a institué la Commission nationale du débat public, jusqu’à la Loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté, plusieurs textes réglementaires ont été adoptés pour encourager et légitimer l’implication citoyenne dans les décisions publiques. Ces dispositifs juridiques incluent également des directives, circulaires, codes et chartes qui visent à mieux ouvrir l’action publique à la société civile.
Pour cela, les administrations publiques ont adopté divers outils pour inclure les citoyens, allant de conseils et comités locaux à des projets participatifs plus innovants. Cette tendance témoigne d’une augmentation significative des actions invitant les citoyens à participer activement aux processus décisionnels, notamment par l’émergence des technologies numériques. Le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), dont la France est membre depuis 2014 aux côtés de 77 autres États, est un exemple de cette transition. Ce partenariat envisage la transparence de l’action publique et l’innovation démocratique grâce à l’utilisation des nouvelles technologies pour impliquer activement les citoyens[9].
Les civic tech se présentent comme des alternatives pour répondre aux défis d’une démocratie représentative en crise, caractérisée par une montée de l’abstention électorale, comme déjà évoqué, et des discours antisystèmes . Regroupant des solutions numériques développées par des acteurs publics et privés, ces technologies s’inscrivent dans une démarche de démocratie ouverte[10]. Les civic tech développées depuis l’année 2000, et populaires aux États-Unis depuis 2013, font de la technologie un instrument visant à augmenter la participation citoyenne. Elles représentent l’envie d’un renouveau politique à partir des prémisses d’un gouvernement plus ouvert grâce à Internet et à l’open data[11]. Elles se présentent sous diverses formes : plateformes en ligne et applications mobiles pour consultations publiques, signalement de problèmes urbains, sondages, ou encore dialogues et débats pour encourager l’intelligence collective.
Selon une récente étude du Conseil d’État sur la citoyenneté[12], ces outils participatifs s’organisent en quatre catégories principales : 1) la politique d’ouverture et de partage des données publiques pour garantir la transparence ; 2) la participation à la prise de décision publique ; 3) la création d’interfaces d’échange entre institutions, élus et citoyens, regroupant les GovTech et les civic tech ; 4) l’amélioration du fonctionnement administratif via des outils collaboratifs, tels que le signalement des anomalies dans les villes. Le Conseil d’État souligne également que ces technologies, qu’il qualifie de prolongements de la citoyenneté traditionnelle, ouvrent de nouvelles perspectives pour enrichir la relation entre citoyens et institutions publiques.
Les technologies civiques se présentent comme des instruments d’accompagnement des pratiques participatives, tout en fonctionnant comme des outils de normalisation des expressions citoyennes. Elles prolongent certaines logiques des réseaux sociaux numériques (immédiateté, accessibilité), mais dans des cadres institutionnels plus balisés, souvent éloignés des formes de mobilisation spontanée. Ce double mouvement – entre libération et encadrement de la parole – constitue l’un des enjeux centraux de leur usage, y compris dans des territoires comme la région PACA, où les tensions entre participation, représentativité et contrôle s’inscrivent dans une géographie politique marquée par la centralisation historique de l’État français. La région PACA, perçue comme une périphérie partiellement enclavée par rapport au centre décisionnel national, ne relève pas uniquement d’une culture politique locale conflictuelle, mais aussi de dynamiques territoriales objectivables, qui éclairent la manière dont les dispositifs participatifs y sont mis en œuvre et perçus.
La communication publique territoriale et la participation locale
La communication est à la base des échanges entre les individus pour faire société. Elle peut être établie de différentes façons : soit par la parole, l’écriture ou la multitude des signes non verbaux qui font également partie du processus de transmission et de réception des messages. « Toute activité humaine, individuelle, collective, sociale s’accompagne des informations émises, reçues, traitées […] On communique comme on respire » (Zemor, 2008, p. 3). Ainsi la communication, si présente dans la vie de chacun, a besoin d’être encadrée quand elle est publique pour ne pas contredire l’intérêt général. Ces messages, émanant des institutions, visent à assurer une transparence des actions publiques, à faciliter leur compréhension et, idéalement, à favoriser leur acceptation par les citoyens (Zémor, 2008). Cependant, cette tâche s’avère complexe pour les communicants, soumis à des cadres réglementaires stricts qui limitent leur capacité à rendre les contenus attractifs. Ainsi, les messages publics portent sur des droits et obligations fondamentaux, tels que le logement ou l’emploi, tout en s’éloignant des approches purement marketing observées dans les secteurs privés (Ibid). Ce qui est un immense défi quand il s’agit d’être l’acteur responsable du maintien du lien social entre la société et ses représentants.
Internet a bousculé la façon de faire de la communication publique. Dans un monde toujours plus connecté, les promoteurs de discours institutionnels ont dû s’adapter pour espérer être efficaces. En effet, cette « évolution numérique » risquait de mettre l’administration dans une situation de méfiance face à une société toujours plus avide de transparence. D’ailleurs, les citoyens s’approprient ces dispositifs techniques également pour surveiller l’action publique, notamment en ce qui concerne les dépenses (Mégard, 2017).
La promulgation des lois de décentralisation, à commencer par les lois Defferre de 1982 (loi n° 82-213 du 2 mars 1982), marque un tournant pour la communication territoriale. En élargissant les compétences des collectivités locales, ces textes ont rendu nécessaire une communication permettant aux citoyens de comprendre les rôles des différents échelons administratifs (Mégard, 2017). Ce mouvement s’accompagne de l’introduction progressive de dispositifs participatifs, notamment à travers la loi Bouchardeau du 12 juillet 1983 (loi n° 83-630) sur la démocratisation de l’enquête publique, la loi du 6 février 1992 (n° 92-125) instaurant l’information et la consultation des habitants, ou encore la loi Barnier du 2 février 1995 (n° 95-101), déjà mentionnée. Ce cadre est renforcé avec la loi Voynet du 25 juin 1999 (n° 99-533), qui introduit les conseils de développement à l’échelle intercommunale, et la loi Vaillant du 27 février 2002 (n° 2002-276), qui institue les conseils de quartier dans les grandes communes. Dans cette perspective, le territoire devient un espace public spécifique où se joue la publicisation des actions et des décisions. Selon Noyer, Raoul et Pailliart (2013), le territoire n’est plus seulement une entité géographique, mais il est également un espace symbolique où les processus de publicisation prennent tout leur sens.
La communication territoriale dépasse les institutions pour s’inscrire dans la vie quotidienne, où elle établit un lien entre les dimensions individuelles et collectives de l’identité territoriale ; tout en produisant du sens à travers les discours des acteurs locaux (Awono, 2015). La communication territoriale englobe un ensemble de pratiques médiatiques et politiques, constituant un champ multidimensionnel intégrant des aspects publics, sociaux et de marketing territorial. Elle apparaît ainsi comme un sous-ensemble de la communication publique tout en s’en démarquant par son échelle locale.
Alors que le désir de participation citoyenne augmente comme le besoin de technologies plus participatives, les recherches sur ces nouveaux contextes de partage d’informations et de construction de savoirs collectifs deviennent nécessaires.
Méthodologie : analyser l’impact démocratique des dispositifs numériques en région PACA
Comme souligné en introduction, la région PACA est marquée par une forte hétérogénéité territoriale, entre grandes métropoles (Marseille, Nice, Toulon), zones périurbaines en expansion et communes rurales en déclin démographique ; générant des inégalités d’accès aux services publics et aux infrastructures numériques (Conseil d’État, 2018 ; ANCT, 2023). Ces déséquilibres participent à la constitution de fractures démocratiques territoriales, notamment en matière d’accès à l’information et d’inclusion dans les processus décisionnels.
Dans ce contexte, l’usage des civic tech peut être interprété comme une tentative de restaurer une communication démocratique entre gouvernés et gouvernants ; mais il révèle cependant les limites d’un modèle souvent pensé comme un simple outil technique. Comme le soulignent Doutrellot, Mabi et Moreau (2015), les plateformes numériques participatives s’insèrent dans un espace communicationnel ambivalent : elles symbolisent une volonté de transparence institutionnelle, tout en risquant de reproduire des logiques d’incommunication (Wolton, 2009) – c’est-à-dire l’absence de véritable échange – si elles ne prennent pas en compte les réalités sociales et les écarts d’appropriation citoyenne.
Pour identifier les outils numériques disponibles dans la région PACA, nous avons établi une grille d’analyse pour recenser les applications mobiles utilisées par les collectivités locales. Parmi les concepteurs de dispositifs, nous avons identifié les sociétés Neocity, Maire&Citoyens, Intramuros et MyMairie. Ces sociétés développent des applications mobiles modulaires adaptées aux besoins spécifiques de chaque ville. Ces outils proposent des fonctionnalités variées : signalements urbains, sondages, agendas locaux, consultations publiques, ou encore alertes d’urgence.
Sur un total de 34 villes ayant adopté ces dispositifs, nous avons reçu cinq réponses favorables pour la réalisation d’entretiens semi-directifs. Ces villes varient en taille, allant de petites communes de 2 200 habitants à des localités de près de 10 000 habitants. La démarche adoptée repose sur une approche qualitative inductive, centrée sur la compréhension des usages et représentations des acteurs territoriaux vis-à-vis des outils numériques participatifs. Le critère de sélection reposait sur l’usage actif d’une application mobile de type civic tech dans une optique déclarée de participation citoyenne.
Le choix des personnes interrogées s’est porté sur les agents municipaux responsables de la communication publique ou du pilotage des dispositifs numériques. Ces profils étaient les plus à même de nous fournir des données sur l’intégration de ces outils dans les stratégies de communication locale et sur les retours d’usage au sein des collectivités. Les entretiens ont été menés entre mars et avril 2024. L’approche suivie s’inspire de la méthode de l’entretien compréhensif (Kaufmann, 2016), combinant posture d’écoute, reformulation et relance pour approfondir les discours. L’analyse des données recueillies vise à saisir à la fois les usages concrets, les obstacles rencontrés, et les représentations sociales et politiques qui accompagnent la mise en œuvre de ces dispositifs dans ce territoire méditerranéen. Les entretiens ont permis d’explorer plusieurs dimensions : l’organisation des services de communication, les motivations ayant conduit à l’adoption des dispositifs numériques participatifs, les fonctionnalités les plus utilisées par les citoyens, les actions concrètes entreprises à partir des résultats des sondages ou des consultations, les retours d’expérience sur la réception de ces outils par la population, ainsi que les limites perçues en matière d’accessibilité, de mobilisation ou de gouvernance. Les responsables interrogés ont également été invités à partager leur perception sur la manière dont ces outils transforment la communication institutionnelle, la relation entre les élus et les citoyens, et plus largement, leur contribution à la vie démocratique locale.
Ce matériau qualitatif a permis de faire émerger des éléments contrastés, révélateurs d’une tension entre les promesses de renouvellement démocratique portées par les civic tech et les réalités institutionnelles, sociales et culturelles propres aux territoires enquêtés. Cette étude s’inscrit ainsi dans une démarche de compréhension des enjeux de participation citoyenne numérique dans une région caractérisée par des dynamiques méditerranéennes singulières, à la croisée de la modernisation des politiques publiques et des traditions locales de contestation et d’engagement (Dumas, 2016).
Résultats : comprendre les dynamiques entre participation citoyenne et communication locale
Participation citoyenne numérique
Dans le cadre des démarches participatives numériques étudiées, les sondages réalisés via les applications mobiles ont permis d’aborder des thématiques variées. Parmi les actions observées sur notre terrain, certaines actions de sondage ont ciblé des thématiques comme les transports, l’éclairage public, l’éducation ou encore la gestion des budgets participatifs.
Cependant, ces outils numériques posent également des questions sur le pouvoir décisionnel et la légitimité des élus. Ces derniers, investis par le vote populaire, revendiquent une autorité pour prendre des décisions sans systématiquement consulter les citoyens, comme l’a exprimé un interviewé : « Lorsqu’on se rend compte que les gens s’en servent, on arrête de leur poser la question pour garder la maîtrise des choses. Les élus pensent, à juste titre, que s’ils ont été choisis par la population, c’est que celle-ci leur a fait confiance et qu’ils ne sont pas de simples agents d’exécution » (Interviewé, Ville 1). Ce conflit met en lumière la tension entre la démocratie représentative, où les élus se perçoivent comme des gestionnaires autonomes du bien commun, et la démocratie participative facilitée par le numérique. Comme le souligne un autre interviewé sur l’utilisation de ces outils pour la prise de décisions locales : « C’est bien et pas bien […] Mais faire participer les citoyens à certaines décisions, pourquoi pas » (Interviewé, Ville 4). La démocratie participative est perçue par certains comme une menace à leurs prérogatives, ce qui limite souvent la participation citoyenne à des questions secondaires ou symboliques, contribuant ainsi à une participation résiduelle (Blondiaux, 2008).
D’autres acteurs envisagent les dispositifs numériques en tant qu’outils complémentaires des démarches plus traditionnelles reposant sur des rencontres physiques. Les réunions publiques et la participation associative sont considérées comme plus importantes que les actions faites à travers les applications mobiles : « Nous organisons au moins deux réunions de quartier chaque mois, assurant ainsi des échanges réguliers. Pour certaines décisions spécifiques, nous utilisons l’application pour impliquer les citoyens » (Interviewé, Ville 2). Cette vision hybride reflète une réalité où les dispositifs numériques ne remplacent pas les interactions en présentiel, mais les prolongent dans un cadre qui favorise l’intelligence collective et la consultation ciblée. « Il faut aller à la rencontre des gens. Ces outils nous aident, c’est un plus. Mais ça ne suffit pas » (Interviewé, Ville 5).
Bien que les dispositifs numériques s’intègrent progressivement dans les démarches participatives, leur mise en œuvre reste aussi entravée par des contraintes organisationnelles. D’un côté, la charge administrative et le manque de ressources au sein des services municipaux freinent l’adoption complète de ces outils. « On voulait mettre en place un conseil citoyen ou un budget participatif, mais on n’a pas la structure interne pour le faire » (Interviewé, Ville 5). S’ajoutent aux contraintes organisationnelles des contraintes politiques. « Ce sont des outils utiles, mais il faut du temps, des moyens, et surtout une vraie volonté politique derrière » (Interviewé, Ville 3). Par ailleurs, les civic tech tendent à mobiliser une population déjà familiarisée avec le numérique, créant un biais d’inclusion. Pour élargir leur impact, ces outils doivent s’intégrer dans des démarches inclusives, accessibles à des publics divers (Mabi, 2017).
Transparence et transformation de la communication territoriale
Les civic tech, en tant que dispositifs numériques, contribuent également à renforcer la transparence de l’action publique et à fluidifier les échanges entre citoyens et institutions. Les applications mobiles, notamment, permettent aux municipalités de partager rapidement des informations essentielles tout en ouvrant des canaux de rétroaction. Un interviewé a mis en avant cet aspect : « Ce qui est pratique avec cette application, c’est que les utilisateurs peuvent s’inscrire pour recevoir des notifications. Nous envoyons des rappels deux fois par semaine, par exemple pour informer sur les inscriptions scolaires ou les réunions publiques » (Interviewé, Ville 2). Ces fonctionnalités, en transformant la communication publique, rapprochent les institutions des citoyens et rendent les initiatives locales plus visibles. Elles favorisent également une horizontalisation des échanges en permettant des interactions plus directes. « On utilise pas mal les notifications dans l’application aussi [….] C’est un lien direct finalement entre l’administré et les services de la commune » (Interviewé, Ville 5). Ce modèle semble s’éloigner d’une logique purement descendante pour offrir des mécanismes plus interactifs et participatifs, comme le soulignent Doutrellot, Mabi et Moreau (2012).
Cependant, certains interviewés considèrent ces outils comme une extension ou un doublon des formats traditionnels, tels que les sites web municipaux ou les bulletins papier, soulignant ainsi leurs limites : « C’est un doublon du site Internet » (Interviewé, Ville 4), « Avec l’application, les gens vont recevoir plus vite l’information » (Interviewé, Ville 3). Ces outils permettent d’informer de manière proactive, en tenant les individus informés des événements et des initiatives publiques. Ils renforcent aussi le lien social en créant des connexions plus directes et interactives entre les institutions et la population : « La communication n’est donc pas seulement un acte d’information. Elle contribue aussi à la création d’un espace privilégié qui réduit la distance entre les individus au profit de l’espace » (Gardère, 2008). Les résultats montrent que les civic tech, bien que prometteuses, sont encore largement sous-utilisées dans une logique de transformation profonde de la démocratie locale. Elles répondent davantage à une demande institutionnelle de transparence et d’efficacité qu’à un véritable appel à la redistribution du pouvoir décisionnel. La participation reste souvent symbolique, limitée à des consultations sans impact structurant.
Conclusion : une articulation entre numérique, démocratie et citoyenneté
Cette recherche analyse les pratiques participatives numériques en région PACA et met en lumière les possibilités et les limites des dispositifs de civic tech dans un contexte de démocratie locale. Elle s’inscrit dans une réflexion sur l’évolution des mécanismes participatifs et de leur capacité à réinventer les rapports entre citoyens et institutions.
Les résultats révèlent que les civic tech peuvent permettre aux collectivités locales de créer des espaces d’échanges numériques, de renforcer la transparence et d’inciter les citoyens à participer à certaines décisions, comme les sondages réalisés sur des sujets tels que l’éclairage public, la gestion des budgets participatifs ou encore les choix d’infrastructures locales. Cependant, ces dispositifs participatifs sont limités par des contraintes organisationnelles, sociales et politiques. La réticence de certains élus à déléguer une part significative de leur pouvoir décisionnel illustre une tension persistante entre démocratie représentative et participative. Les élus, investis par le vote populaire, revendiquent souvent leur légitimité à décider, reléguant la participation numérique à un rôle consultatif ou symbolique, ce qui confirme l’analyse de Blondiaux (2008) sur une « participation résiduelle ». Cette situation freine l’instauration d’une démocratie plus collaborative et délibérative. Cependant, des limites organisationnelles ont été fréquemment évoquées, comme le manque de personnel ou de ressources pour accompagner la mise en œuvre des consultations en ligne. Les retours des acteurs interrogés révèlent également une tension entre les attentes démocratiques portées par les civic tech et leur réalité d’usage. Si certains élus perçoivent ces outils comme des leviers pour rapprocher les citoyens des institutions, d’autres craignent qu’ils renforcent les inégalités numériques ou les clivages politiques existants. Les résultats obtenus permettront de nourrir la réflexion concernant l’évolution de ces nouvelles formes de participation dans un contexte numérique et leur impact pour la démocratie participative.
Cette recherche met ainsi en évidence le fait que les civic tech, bien qu’innovantes, ne parviennent pas encore à surmonter certaines fractures structurelles. Les inégalités d’accès au numérique, le manque de compétences techniques ou politiques chez les citoyens et la standardisation des outils limitent leur impact. Ces enjeux renforcent l’idée selon laquelle la participation numérique, pour devenir véritablement transformative, nécessite une appropriation critique et des mécanismes éducatifs permettant aux citoyens de s’engager pleinement (Proulx, 2020). Au-delà des compétences ou de la « culture technique », il est important que les participants aient aussi une culture politique de participation et une volonté d’agir pour l’intérêt commun. Une telle culture politique constitue un facteur déterminant dans la transition d’une participation médiatisée à une participation transformatrice. « L’ouverture à une culture technique – ainsi que les éléments de sa maîtrise – apparaît être une condition nécessaire à une appropriation effective, mais cela n’est pas suffisant. Pour des citoyens actifs qui se veulent agissants dans les luttes de revendication, le fait de s’inscrire dans la trajectoire d’une authentique culture politique militante se révèle être un atout précieux. L’acquisition de cette culture politique représente un avantage important, une espèce de passage obligé pour le développement de pratiques militantes en cohérence avec les finalités du mouvement social » (Proulx, 2020, p. 131).
L’analyse montre également que, malgré ces défis, les civic tech offrent un potentiel pour l’engagement citoyen. En facilitant l’accès à l’information et en donnant aux citoyens des moyens d’expression, elles participent à une dynamique de mobilisation sociale. Cependant, comme l’indiquent Proulx (2020) et Mabi (2021), cette mobilisation reste conditionnée à une culture politique partagée, capable de dépasser la simple interaction médiatique pour aboutir à des changements structurels. Ces dispositifs doivent donc évoluer afin d’intégrer des dimensions délibératives et inclusives, où la pluralité des opinions et des intérêts puisse véritablement s’exprimer.
Cette étude nous amène également à nous interroger sur la place des dispositifs numériques participatifs, car ils sont aussi insérés dans une logique mercantile. La délégation des outils participatifs à des prestataires externes, souvent guidée par des objectifs techniques ou économiques, questionne la capacité des institutions publiques à conserver leur souveraineté sur ces dispositifs. Les chercheurs et observateurs, comme Mabi (2021), insistent sur l’importance d’une régulation et d’un encadrement éthique pour éviter une instrumentalisation des civic tech par des intérêts privés ou politiques. Ainsi, en croisant les pratiques locales observées en PACA avec les dynamiques méditerranéennes plus larges, cette étude participe à la réflexion sur l’articulation entre numérique, démocratie et citoyenneté. Les civic tech, bien qu’encore en phase expérimentale, marquent une étape dans la réinvention des formes de participation. Elles cristallisent à la fois les promesses d’ouverture démocratique et les risques de cadrage technopolitique, dans un espace méditerranéen où les tensions entre communication et incommunication, participation et contrôle, restent au cœur des enjeux info-communicationnels contemporains.
[1] Les civic tech désignent des technologies conçues pour permettre aux citoyen·nes de s’engager et de contribuer aux décisions publiques. Elles se manifestent principalement sous forme de plateformes en ligne et d’applications mobiles facilitant la participation civique. DicoPart. (2022). Civic Tech. https://www.dicopart.fr/civic-tech-2022
[2] Projet ferroviaire visant à améliorer les liaisons entre Marseille, Toulon et Nice, en désaturant les lignes existantes. Prévue pour accueillir à la fois TGV et TER, elle est critiquée pour son coût élevé, son impact environnemental et son utilité contestée dans certains territoires. Depuis les années 2000, de nombreux collectifs locaux s’y opposent, dénonçant un projet conçu sans réelle concertation. Ce chantier cristallise ainsi des tensions entre développement métropolitain et justice territoriale, dans une région marquée par de fortes inégalités d’aménagement. Les premières réalisations sont prévues à l’horizon 2030, dans le cadre d’un phasage progressif porté par SNCF Réseau. Source: Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur – Dossier de concertation 2021 https://www.lignenouvelle-provencecotedazur.fr (Consulté le 14 avril 2025).
[3] Les critiques portent sur le coût élevé du projet (environ 65 millions d’euros), les risques liés à la submersion marine, l’impact sur le paysage littoral, et le manque de concertation avec les résidents permanents. Source : Agglomération Estérel Côte d’Azur. (2023). Rapport de présentation du projet Promenade des Bains. Consulté sur https://esterelcotedazur-agglo.fr/wp-content/uploads/2023/12/RAPPORT-DP-23-11-2023-definitif.pdf (Consulté le 14 avril 2025).
[4] Consulté sur https://www.senat.fr/rap/r22-191/r22-1915.html (Consulté le 14 avril 2025).
[5] Le « Port Huron Statement » du «Students for a Democratic Society» (SDS) : Entre idéalisme démocratique et programme politique novateur — Anglais. (s. d.). [Document]. Consulté le 24 mai 2025, à l’adresse : http://cle.ens-lyon.fr/anglais/civilisation/domaine-americain/les-grands-courants-politiques/le-port-huron-statement-du-students-for-a-democratic-society-sds-entre-idealisme-democratique-et-programme-politique-novateur
[6] Cap Collectif est une entreprise française fondée en 2014, spécialisée dans les outils numériques de participation citoyenne. Elle propose des plateformes en ligne fondées sur une méthodologie d’intelligence collective, inspirée des principes de l’Open Government, et accompagne différents acteurs publics et privés dans la mise en œuvre de dispositifs participatifs. En 2021, elle a lancé la plateforme Purpoz pour élargir l’accès à ces démarches. Source : Cap Collectif, « Qui sommes-nous ? », https://www.cap-collectif.com/qui-sommes-nous, consulté le 15 juillet 2025.
[7] Cap Collectif, « GovTech : définition, enjeux et différences avec les Civic Tech », Cap-collectif.com, 10 février 2023. https://www.cap-collectif.com/post/gov-tech-définition – Consulté le 15 juillet 2025.
[8] Le conatus, selon Spinoza, désigne l’effort fondamental de toute chose pour persévérer dans son être. Ce concept est exposé dans L’Éthique (1677), Livre III, Proposition VI. Il est parfois mobilisé en sciences humaines pour penser la dynamique du désir, de l’autonomie ou de la puissance d’agir.
[9] Vie publique, « Les nouvelles formes de participation citoyenne », vie-publique.fr, en ligne : https://www.vie-publique.fr/eclairage/273796-les-nouvelles-formes-de-participation-citoyenne – Consulté le 21 avril 2025.
[10] France Stratégie. (n.d.). Le numérique transforme-t-il la participation citoyenne ? Consulté le 15 décembre 2024. URL : https://www.strategie.gouv.fr/debats/numerique-transforme-t-participation-citoyenne
[11]Mabi Clément, « Civic tech » Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics. Mis en ligne le 13 mai 2019. Dernière modification le 23 septembre 2024. Accès : https://publictionnaire.huma-num.fr/notice/civic-tech. Consulté le 15 décembre 2024.
[12] Conseil d’État, Étude annuelle 2018 : Démocratie numérique, participation et consultation publiques, Paris, La Documentation française, 2018, 362 p. https://www.vie-publique.fr/rapport/37660-etude-annuelle-2018-du-conseil-detat – Consulté le 15 juillet 2025.
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